Les Restes Du Monde, N°23
Par Anansi le vendredi 20 mars 2009, 12:11 - Restes du Monde - Lien permanent

Be careful what
you wish for, quand même
Bon, je l'avoue, avec un petit
sourire mais la plus grande des fermetés, ces Restes du Monde ne sont qu'une
gigantesque excuse pour vous parler de Coraline. Parce que les
premières pubs et affiches pour la sortie du film en France commencent à
arriver, et qu'il faut que je vous disent pourquoi vous irez courir dans votre
salle obscure la plus proche pour aller le voir. Au départ, Coraline
c'est un bouquin de Neil Gaiman. Premier conte pour enfants de l'auteur, il
raconte l'histoire d'une petite fille qui découvre, derrière une porte
condamnée de sa nouvelle maison, une version troublante et inquiétante de son
propre monde. Alice in Freakyland, en gros,
comme je l'avais écrit avec tant de talent et de surpuissance électrocosmique
pour mon article sur le livre. Déjà, là vous avez l'eau à la bouche. Mais là où
ça devient orgasmique, c'est que l'adaptation au cinéma n'est pas n'importe
quoi : mis en scène par Henry Selick, réalisateur et auteur de L'Etrange
Noel De Monsieur Jack (Tim Burton n'a fait que le produire, et a écrit le
poème dont Selick s'est servi), le film est réalisé lui aussi entièrement en
figurines et autre miniatures, toutes construites à la main par le studio
Laïka, petite entité indépendante de Portland. Et très honnêtement, ça a l'air
extraordinaire, Selick et les artistes ayant reproduit avec splendeur
l'ambiance angoissante et anxiogène du livre... Le film est d'ailleurs
excellemment bien noté (89 % chez RottenTomatoes), et marche très bien aux USA,
ce qui est quand même bien agréable. Ne reste plus qu'à attendre le 10 juin
prochain pour le voir par chez nous, dans toutes les bonnes salles de ciné
classiques et 3D (oui, il sera en 3D dans les salles équipées).
J'en profite de m'être lancé tout seul la perche pour vous mettre une vidéo de Neil Gaiman, lors de son passage au dernier Colbert Report (talk-show satirique, et l'un des plus gros succès de Comedy Central). Il y est pour parler du Graveyard Book, son dernier livre pour lequel il a obtenu la Newbery Medal, l'une des plus prestigieuses récompenses littéraires, et l'interview est prodigieuse. Les réponses de Gaiman sont encore plus ironiques et sarcastiques que les questions de Stephen Colbert... Neil, je t'aime. Edit : apu vidéo, vous pouvez donc la regarder sur le blog de Gaiman. Je laisse la vidéo ici au cas où elle reviendrait, toute seule comme une grande.
Il est mort, le
soleil
Depuis la nuit des temps, on peut
distinguer deux types de musiciens : ceux qui n'arrêtent jamais de bosser et
qui passent leur vie dans un studio ou sur scène, et ceux qui y vont
tranquillou, sortent un album tous les quatre ans et c'est bon. Pour cette
deuxième partie, on peut citer Emilie Simon par exemple, qui s'est barrée à
New-York voilà trois ans, et dont on attend des nouvelles... Peut-être
s'est-elle enfermée dans un Taco Bell pour se goinfrer de Burritos en attendant
la fin du monde programmée pour 2012, on ne le saura peut-être jamais. Par
contre, dans la première catégorie de personnes, il y a Jack White, la plus grande rockstar
du monde entier, et le seul "qui monte de nouveaux groupes plus souvent qu’il
ne chevauche de nouvelles groupies" (© DPC). En effet, le leader des White Stripes
et des Raconteurs est à la tête d'une nouvelle équipée, The Dead Weather. Un
supergroupe (comme on les appelle) qui fait beaucoup parler de lui, parce qu'il
n'y a pas n'importe qui : Jack White, donc, à la batterie et au chant, Alison Mosshart des Kills en lead
singer, Jack Lawrence des Raconteurs à la basse, et Dean Fertita des Queens of
the Stone Age à la guitare. En gros : miam miam. Un groupe avec Jack White et
Alison Mosshart, ça c'est carrément la jouissance ultime chez les
garage-rockeux ! Le premier album sort en juin prochain, a été enregistrée en
trois semaines, et s'appelle Horebound. Et voici, sous vos yeux et vos
oreilles ébahis (ouais, les oreilles aussi sont ébahies), le premier extrait
(moyen), Hang You From The Heavens.
Grandeur et
décadence chez les mafieux
S'il y a bien une nouvelle série dont
j'attends beaucoup en 2009, c'est Boardwalk Empire. Les créateurs ?
Terence Winter, longtemps scénariste pour Les Sopranos, et.. Martin
Scorsese. Hééé vouaip. Le scénario prend place dans les années 1920, et raconte
l'histoire de Nucky Johnson (Steve Buscemi), businessman qui décide de se
lancer dans l'industrie de l'alcool à Atlantic City, encore réprimée par la
Prohibition. Ainsi, à travers les yeux de Nucky et d'autres personnages tels
que Jimmy Darmody (Michael Pitt) et Al Capone (Stephen Graham), on suivra les
débuts éclatants d'Altantic City, quand l'argent des jeux se marient aux
trafics de drogue et d'alcools... Une intrigue bien scorsesienne (l'homme
réalisera d'ailleurs le Pilote), adaptée du livre Boardwalk Empire : The
Birth, High Times, and Corruption of Atlantic City, de Nelson Johnson.
Tout cela arrivera sur HBO dans le courant de l'année 2009 si tout va bien, et
je vous le dis très franchement : j'en peux plus de l'attendre. Parce que c'est
HBO, parce que c'est la mafia et la corruption, parce que c'est Scorsese, et
parce que ça s'annonce comme un grand descendant des Sopranos. Et ça,
c'est pas rien, ma bonne dame. Bon par contre, là j'ai pas de vidéos à vous
montrer, mais dès que j'ai de nouvelles informations croyez bien que vous en
serez les premiers informés. Please let the police do the job.
