Dollhouse, de Joss Whedon
Par Anansi le jeudi 19 février 2009, 16:58 - Le coin-coin des séries - Lien permanent

Joss Whedon, le monsieur à l'origine (entre autres) de Buffy et Firefly, revient pour une nouvelle série, la bien nommée Dollhouse. Un show qui aura eu du mal à accoucher, l'auteur ayant dû fréquemment faire face aux impératifs de la Fox... Pourtant, avec son histoire de mercenaires à qui on implante de nouvelles personnalités pour mener à bien leurs missions, il y a de quoi faire quelque chose d'excellent. Le Pilote est passé vendredi dernier, il est bancal, mais il annonce quand même de belles choses. En espérant que le show ne soit pas annulé d'ici cinq épisodes...

Le retour d'un homme bien.
Le monde des séries télé commencent à connaître quelques
têtes d’affiche, des hommes dont les noms reviennent souvent. Le plus bel
exemple en date est très certainement J.J Abrams, créateur de Alias,
Lost et plus récemment Fringe. Des séries ayant pour points
communs des campagnes marketing supra-soûlantes à base de sites viraux et
autres cochonneries, pour au final accoucher d’une série au mieux banale, au
pire pourrie. Mais un autre bonhomme très connu dans le milieu est sans
conteste Joss Whedon. Ayant explosé à la face du monde avec Buffy the
Vampire Slayer et son spin-off Angel, il s’est ensuite créé une
autre solide base de fans avec la trop courte mais géniale série western-SF
Firefly.
En somme, Whedon c’est un peu l’ami de tous les geeks de la
planète. En effet, il est aussi scénariste de divers comics, et notamment
l’excellent Astonishing X:Men, ce qui explique sa propension à teinter
ses séries d’un esprit très "comics". Ainsi, on retrouve à chaque fois une
galerie de personnages en marge et bousculés par la société, que ce soit les
losers de la fac dans Buffy, ou les vampires acceptés nulle part dans
Angel. Les personnages de Whedon sont tout sauf des héros ; ils sont
faibles, à la dérive, et subissent les évènements plus qu’ils ne les dirigent.
Des thèmes chers à l’auteur, et que l’on retrouve encore dans sa dernière série
en date, Dollhouse.
Quittant la science-fiction pure de Firefly pour
revenir dans un monde tout ce qu’il y a de plus concret, Dollhouse
(littéralement, maison de poupée) met en scène un complexe top secret (qui
donne son nom à la série), où des hommes et des femmes sont programmés pour
mener à bien des missions spécifiques. Pour chaque contrat, on implante au
"doll" sélectionné une nouvelle personnalité, une mémoire et des capacités
différentes. Puis, la mission remplie, l’agent revient au dollhouse et ses
souvenirs sont effacés. Mais une jeune doll, Echo, viendra gripper la mécanique
bien établie lorsque ses souvenirs propres reviendront à la surface.
Ou le combat de l'Homme contre le
Système.
Un scénario vraiment passionnant, et qui possède
suffisamment d’originalités pour attirer tous les regards. On le voit, tous les
questionnements et interrogations de l’auteur sont présents : le rapport à
l’autre, la manipulation, l’aliénation, et finalement l’éveil de la conscience
individuelle face au collectif asservissant. On sent véritablement que Joss
Whedon met du cœur à l’ouvrage, et veut faire du mieux possible. Néanmoins, il
est dommage qu’il doive encore une fois se confronter aux cravateux de la Fox,
bien décidés à imposer leur propre vision des choses. Et cela se ressent dès le
Pilote…
En effet, tout comme pour Firefly, l’accouchement
de Dollhouse aura été laborieux. Alors qu’un premier Pilote avait été
écrit et tourné, la Fox le jugea trop cryptique et pas assez simple, obligeant
Whedon à revoir sa copie, pour fournir quelque chose de plus abordable et plus
accessible. Et tandis qu’on espérait un premier épisode fort en symboles et en
mythologie pour lancer convenablement les bases du scénario, on se retrouve
avec une intrigue basique et plate, qui ne donne absolument pas l’impression
que nous avons affaire à un Pilote. A trop vouloir simplifier, on a javellisé
le cœur même de la série.
Ce premier épisode présente Echo sous les peaux de deux
personnalités différentes, une petite amie temporaire et une négociatrice
d’otages. Et même si l’ensemble est agréable à suivre et que Eliza Dushku (que
l’on a déjà vu dans Buffy) joue très bien son rôle à personnalités
interchangeables, on ne peut s’empêcher de regretter le manque de puissance de
tout ça. Un constat évidemment imposable à la Fox qui, sous couvert de ne pas
vouloir effrayer le spectateur, aura sabordé le début de sa propre série. Un
phénomène que l’on retrouve très souvent avec la chaîne, notez.
Utopiste, moi ?
Malgré tout, plusieurs éléments font mouche dès ce Pilote.
On note ainsi les débuts tonitruants de Paul Ballard (joué par Tohmah Penikett,
vu dans Battlestar Galactica), agent du FBI aux méthodes expéditives
ayant pour but de percer à jour le mystère de la Dollhouse. Whedon tente
également de-ci de–là de mettre en place la mythologie de sa série, en glissant
plusieurs allusions, et en faisant se questionner les personnages, en
humanisant les "méchants". On en apprend aussi un peu plus sur les méthodes
d’effacement de la mémoire, et de l’implantation des différentes personnalités…
Comme par exemple le fait que toute force apportée (citons le talent de
négociateur) doit être compensée par une faiblesse.
Bref, on le voit, tout n’est pas à jeter dans ce Pilote de
Dollhouse, bien au contraire. En fait, j’ai envie de dire que j’y crois. Parce
que Joss Whedon est un homme bien, et que ce projet lui tient vraiment à cœur.
Il est simplement dommage qu’il doive encore une fois faire des concessions
pour la Fox… Après 5 ans de travail sur sa série, ça doit faire mal à l’amour
propre, quand même. Maintenant, la question est de savoir si la série va
pouvoir tenir sur la durée. Vus les premiers chiffres d’audience – plutôt
mauvais – c’est loin d’être gagné, et il se pourrait que Dollhouse
suive le parcours de Firefly, arrêtée après neuf épisodes…
Et, franchement, ça me ferait mal au cœur. Parce qu’avec
l’excellent scénario à tiroir que possède la série, il y a véritablement de
quoi faire, de quoi créer quelque chose de beau. A mi-chemin entre
Alias (pour les changements de personnalités) et Le Caméléon
(pour l’organisation secrète manipulatrice), elle apporte un vrai coup de vent
frais à ce petit landernau des séries télé. Alors, prions, prions pour que les
futurs épisodes soient comme les voulait Joss Whedon, prions que le
bouche-à-oreille fasse son effet, prions pour que la Fox ne saborde pas le
projet, prions pour que ça marche, prions pour que les guerres s’arrêtent,
prions pour que la faim dans le monde disparaisse, prions pour que Nadine
Morano arrête la politique et reste chez elle à faire du crochet. Prions
ensemble, mes Frères.

Commentaires
rien à voir ou presque mais j'en suis à l'épisode 3 de Firefly, c'est sympatoche, bien qu'un peu mou à mon gout, mais y a de bons trucs.
Tu vois, je te l'avais dit
Firefly, ça tue.
Bon, par contre, pour Dollhouse, le deuxième épisode a fait moins d'audience que le Pilote, et le troisième est tombé encore plus bas. La fin est proche. Dommage, parce que l'intérêt est là.
C'est vrai que l'idée de départ a de quoi séduire...
Mais au final, le projet fini sonne creux. Mauvais(es) acteurs(trices), mise en scène stéréotypée, personnages limite caricaturaux...
ça se voit que j'ai pas été emballé par le pilote??
Ouais, ça se voit :D
Et je peux pas franchement t'en vouloir, parce qu'il est clair que c'est bancal. D'ailleurs, je viens de voir l'épisode 3, et il est vraiment faiblard, le scénar' à base de starlette de la chanson est archi-fade. Un vrai gâchis...
convention whedonverse à paris, le 18 avril 2009; + d'infos sur www.ultimartcreation.com