Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal
Par Anansi le mercredi 11 juin 2008, 09:05 - Pellicule aviaire - Lien permanent

Ca faisait vingt ans qu’on ne l’avait pas vu, le fameux Indy. Depuis 1989 et sa Dernière Croisade, son fouet nous avait quittés. Mais finalement les pères Spielberg et Lucas ont décidé de ressusciter la légende, pour une nouvelle aventure qui fait honneur à la saga. Un bien beau film d'aventure en forme de madeleine proustienne, vraiment agréable et efficace. Tchi tchaaa.
Le retour d'une saga légendaire.
Steven Spielberg derrière la caméra.
Harrison Ford devant. George Lucas à la
production. Un fouet. Un chapeau. Des trésors. Ouaip, pas de doute, Indiana
Jones est bien de retour. Alors, pour le meilleur, ou pour le pire ? Après que
Lucas ait massacré sa trilogie de la Guerre des Etoiles, Spielberg
allait-il lui aussi détériorer son propre monument ? La réponse était entière,
ladies and gentlemen, et je vous le dis tout de go parce que je suis
un ouf guedin qui n’a pas peur de prendre des risques et d’en assumer les
conséquences devant le monde entier, non. Enfin, ça n’améliore pas la saga,
mais ça ne la détruit pas non plus. C’est déjà ça.
Tout d’abord, il me semble utile de préciser que,
personnellement, la saga Indiana Jones m’en a toujours touché une sans
faire bouger l’autre. Je veux dire, je les comprends, les fans d’Indy, qui ont
revu ses aventures des dizaines et des dizaines de fois. A l’aube des années
80, il représentait une véritable révolution pour les films d’aventures, non
seulement graphique mais aussi dans le déroulement de l’aventure. Mais j’ai
toujours regardé ça d’un seul œil, à moitié endormi. Alors oui, c’est la jungle
et les caves secrètes, y’a des grosses boules qui roulent et des messieurs qui
arrachent le cœur à des gens qui n’ont rien demandé et qui n’étaient là que
pour tourner un film. C’est rigolo à voir, mais il n’a jamais fallu chercher
plus loin.
En fait, Indiana Jones représente typiquement le
genre de films pour lesquels je me demande comment je vais bien pouvoir en
parler pendant trois paragraphes. Certes, je pourrais combler en vous parlant
d’autre chose, mais ce ne serait vraiment pas cool pour vous, parce que du coup
on en serait déjà à la fin du premier paragraphe et je n’aurais pas encore dit
un seul mot sur le quatrième épisode qui vient de sortir au cinoche. Je
n’aurais même pas encore dit le titre, vous vous rendez compte ? En même temps,
j’en profite pour signaler que les habitants de Montreux ont le séant noyé dans
la chance la plus cocue : les Raconteurs et Vampire Weekend en concert le même
soir pour leur festival de Jazz, c’est pas abusé ? Venez dans le sud, bande de
fainéants, ça vous fait plus bas à descendre mais au moins vous verrez le
soleil.
Entre originalités et
similarités.
Bon, sur ce, il est temps de parler du retour de ce bon vieil
indy. Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal. Ca c’est le
petit nom du film, qui a le mérite de très bien résumer l’intrigue de ce
quatrième volet des aventures de Jonesy, vingt ans après Indiana Jones et
La Dernière Croisade. En effet, ce cher Henry Jones, Jr se voit très vite
être à la recherche d’un mystérieux crâne de cristal, et de son pays légendaire
d’où il a été volé… Pour le coup, il sera aidé par un certain Mutt, jeune héros
fougueux (incarné par un Shia LaBeouf plutôt correct) typique des années 50
durant lesquelles se passe le film : brushingé à l’extrême, un peigne toujours
sur lui, fan de moto et blouson de cuir noir. Monday, Tuesday, Happy
Days.
Mais ces deux héros ne seront pas les seuls à convoiter ce
Crâne de Cristal, puisque les bolcheviques – on est dans les années 50 hein, je
le rappelle – vont tout faire pour acquérir les pouvoirs qu’il octroie à son
possesseur. A leur tête, une certaine Irina Spalko, scientifique préférée de
Staline et medium à mi-temps. La toute première méchante de la saga Indiana
Jones, interprétée au passage par la divine, l’incroyable, l’extraordinaire, la
sublissimement somptueuse Cate Blanchett. Qui arrive
à garder toute son infinie beauté même avec la
coupe de Mireille Mathieu, ce qui n’est pas donné à tout le monde, vous
l’admettrez.
Ce qui frappe dans ce dernier Indiana Jones par
rapport aux précédents, c’est que, justement, rien n’a en fait changé. Oh, ce
n’est pas par fainéantise. Mais Spielberg voulait absolument rester dans la
lignée des autres : « je voulais qu’il ressemble aux trois premiers, a-t-il dit
chez Ciné Live. Indiana Jones n’est pas aussi moderne que les films d’action
d’aujourd’hui. J’ai essayé du mieux que j’ai pu de ne pas renouveler le genre,
sinon ce n’est plus Indiana Jones. » Avant de s’atteler à la tâche, il s’est
donc replongé dans les trois premiers, et a également demandé à Janusz
Kaminski, son dirlo de photographie, de ravaler sa fierté et de travailler dans
le style exact du directeur originel, Douglas Slocombe.
Au-delà des hommages, un excellent film
d'aventure.
Tout comme les précédents volets, le film commence donc sur
un plan présentant un élément de la même forme que la montagne du logo
Paramount. Ici, une motte de terre soulevée par une marmotte. Et on sera parti
pour deux heures de pur Indiana Jones, en tout cas tel que je le vois : de
l’action en veux-tu en voilà, des vieilles voitures toutes mignonnes qui se
poursuivent, des grottes humides, et des méchants aux allures de pygmées ou de
soviets (parce qu’il faut bien remplacer les nazis). Bon, parce que c’est les
Lucas et Spielberg des années 2000, on a bien deux-trois bestioles bizarres et
des villes qui explosent, mais c’est toujours dans le ton. On pose son cerveau
à l’entrée, et on regarde le joli film en HDDC dans le cinoche, paquet de
pop-corn à la main droite, et Orangina à la gauche. La formule est
imparable.
Ainsi, la formule adoptée est strictement la même que pour
le début de la saga : même atmosphère, même look, même construction narrative.
La marque de fabrique établie par Indiana Jones est ici évidente. En fait, si
l’on écarte les spectaculaires effets spéciaux concernant notamment deux scènes
spécifiques, il aurait très bien pu être produit dans les années 80, tellement
le ton y est proche. Pourtant, ce n’est pas ringard ni obsolète : ça marche
plutôt bien, puisqu’il s’agit d’action pure et dure. Et c’est d’ailleurs là
qu’on voit que ce genre n’a justement pas évolué d’un broc depuis plus de vingt
ans ; les mêmes recettes, lorsqu’elles sont appliquées en 2008, fonctionnent.
En même temps, comment peut évoluer un genre qui, par son essence même, est
vide de contenu ? Les gentils se bagarrent avec les méchants. Point.
Du coup, on va pas se leurrer : ceux qui n’aimaient pas les
aventures d’Indiana Jones ne vont sûrement pas se réconcilier avec lui grâce au
Royaume du Crâne de Cristal. Il est l’antithèse totale de ce qu’à pu
être Casino Royale pour James Bond, mais finalement l’effort est
également louable : proposer une aventure old-school, qui offre un regard en
arrière (les références aux trois premiers volets sont récurrentes) tout en
divertissant efficacement. Spielberg et Lucas n’ont donc pas « jar-jarisé »
Indiana Jones, en tout cas vu par mon œil de simple spectateur et profane de la
saga. Selon moi, il s’agit d’un divertissement rigolo où il ne faut surtout pas
réfléchir, et qui fait passer un bon moment. Alors, peut-être que les fans les
plus extrêmes seront outrés et choqués, notamment parce qu’Indy tient mal son
fouet à la 53ème minute du film, mais franchement, faut pas non plus se mentir
: on a là un simple bon film d’aventure, tout comme les autres. Avec Cate
Blanchett en bonus.


Commentaires
Ayé je l'ai vu et je suis complétement d'accord avec toi, on passe un agréable moment, on rigole pas mal, les personnages sont attachants, cependant un léger détail scénaristique un peu extraordinaire est quand même abusé, mais bon ça ne gache pas le plaisir, tatatataaa tatataaaaaaaaaaaaaa
Yep je suis plutôt d'accord pour le "léger détail scénaristique", mais en tout cas, d'un point de vue global ça tient quand même vachement bien la route. C'est qu'il a de la ressource, à 65 balais, le Harrison !