"Hero of iron, feet of clay" : Iron Man, de Jon Favreau
Par Anansi le mercredi 21 mai 2008, 20:22 - Pellicule aviaire - Lien permanent

Imaginez : un milliardaire, hautain et arrogant, qui s'est construit une armure quasi-indestructible pour aller taper sur la gueule des méchants... Y'a pas à dire, vous ne pouvez pas trouver un super-héros plus cool que Tony Stark. Le film qui lui est dédié rend-t-il hommage à ce glorieux personnage ? Oh que oui madame, et pas qu'un peu.
Une annonce qui sentait bon
l'opportunisme.
Iron Man a toujours été l’un de mes héros de comics préféré.
Déjà, il partage cette singularité avec Batman de ne posséder aucun pouvoir
surnaturel. Il tire toutes ses qualités de super-héros de son intelligence et
son agilité d’esprit, et ça m’a toujours plu. En plus, Tony Stark s’est
développé au fil des épisodes une classe monstrueuse (avec en apogée le cycle
des Avengers et surtout de Civil War), avec un mélange
d’ironie, d’inconscience, et de pur je-m'en-foutisme. Un personnage
complètement décalé de pas mal d’autres super-héros de la compagnie :
normalement, Stan Lee prend plaisir à dépeindre un homme
timide et sans charisme, qui obtient des super-pouvoirs qui lui permettent
d’agir enfin comme bon lui semble. Tony Stark, lui, est un homme riche et
arrogant, qui prend tout le monde de haut.
Autant dire que l’annonce de son adaptation au cinéma ne
m’avait pas franchement convaincu. Déjà parce que ça sent l’opportunisme à
plein naseau, surfant sur l’immense vague des adaptations Marvel. Après
Spideman, X-Men, les 4 fantastiques, Ghost
Rider, Daredevil, et tant d’autres, voilà arriver Iron Man… Bref,
ça n'annonçait rien de vraiment réjouissant, malgré tout l’optimisme que je
possède. Et pourtant ça marche, et même très bien. Déjà parce que, je ne sais
pas qui a eu l’idée d’embaucher Robert Downey Jr pour incarner
le héros, mais ce mec devrait avoir une augmentation très vite. Quelle idée de
génie !
En effet, Robert Downey Jr n’était plus tellement en odeur
de sainteté à Hollywood depuis ses arrestations à répétition pour consommation
de drogues et d’alcools. En bref, un mec tout ce qu’il y a de torturé, et donc
un acteur immensément doué, mais que l’on ne s’attend pas à retrouver dans un
blockbuster hollywoodien. Et le résultat est juste bluffant, l’acteur jouant à
merveille, et arrivant à parfaitement retranscrire toute l’ambiguïté du génial
Tony Stark.
Une main de fer dans un gant de
fer.
Mais revenons en arrière, pour ceux qui ne connaîtraient pas
le comics. Tony Stark, inventeur de génie, playboy milliardaire et vendeur
d’arme par le biais de sa compagnie, Stark Industries, est capturé en
Afghanistan. Retenu prisonnier pour construire une arme dévastatrice, Stark va
à la place créer une armure pare-balle et quasi-indestructible pour s’évader.
Cela constituera le déclic : désormais il ne construira plus d’arme, mais va
mettre au point une armure ultrasophistiquée, fruit des toutes dernières
technologies qu’il est le seul à posséder dans sa luxueuse demeure, lui
permettant de sauver des vies, et casser la djeule aux méchants.
Notons que dans le comics original, Stark n’est pas capturé
en Afghanistan, mais lors de la guerre du Vietnam. Une volonté d’actualisation
du réalisateur, qui est très recevable, étant donné que Marvel avait fait la
même chose auparavant, changeant la genèse du héros pour le faire combattre non
plus au Vietnam mais en Chine. Ainsi, on voit que le film est très fidèle à la
BD, et ce sur beaucoup de points. En fait, ce qui saute aux yeux dès les
premières secondes du film, c’est qu’Iron Man s’éloigne
considérablement de toutes les autres productions Marvel au cinoche.
Jon Favreau (pourtant réalisateur du navet Elf)
livre une réalisation dynamique et stylée, qui met incroyablement en valeur
Tony Stark.
En plus, l’ensemble est classe, et plus ancré dans la
réalité : on parle ici d’une guerre et de trafic d’armes, pas d’un surfeur
d’argent. On peut tout de même regretter que la critique d’une Amérique
gouvernée par les armes ne soit pas plus virulente, mais je suppose que ce
n’est pas le but du film. Je regrette également quelques facilités de scénario,
Favreau n’ayant visiblement pas vraiment l’intention d’être rigoureux sur
certains points. Ne serait-ce que lors de la captivité de Stark : il est
impensable que les Afghans ne l’aient pas vu fabriquer son armure, avec toutes
leurs caméras de surveillance…
Une excellente adaptation Marvel, vraiment plaisante
à voir.
Du point de vue des effets spéciaux, on est encore dans le
très haut de gamme, blockbuster oblige. L’armure d’Iron Man est donc de toute
beauté, scintillante et rutilante. On peut d’ailleurs remercier le réalisateur
de prendre le parti pris de développer considérablement les séquences de
création de l’armure ; finalement l’armure finale comme on la retrouve dans le
comics n’est visible que tard dans le film. D’où un plus grand impact lors de
sa première construction, et également le fait que Iron Man possède
moins de scènes de combat que dans les autres films du genre, ce qui est tout à
son honneur.
Favreau a préféré prendre le temps de présenter Tony Stark
et sa lente transformation en Iron Man, ce qui est d’autant plus malin que
Robert Downey Jr est une pure merveille. Jusqu’au combat final, opposant Stark
et son grand rival, Obadiah Stane, plus connu sous le nom de Iron Monger dans
le comics… Finalement, le film se situe à mi-chemin entre le pur spectaculaire
qui en met plein les yeux, et le psychologique. Pourtant, Favreau ne se lance
pas dans une pseudo-introspection à deux balles (Peter Parker, si tu me lis),
ni dans un psychodrame gluant, même si on n’évite pas la règlementaire loi du «
je t’aime, moi non plus » de tous les Marvel, ici reliant Tony Stark et sa
secrétaire, Pepper Potts (incarnée par la trop rare Gwyneth Paltrow). Mais
c’est beaucoup mieux amené que dans Spiderman ou les 4
fantastiques. Ici, pas de mièvrerie, pas d’amourettes pleurnichardes pour
ados et jeunes filles en fleur.
Iron Man est donc un excellent divertissement. Bon, on ne va
pas se mentir pour autant : ce ne sera certainement pas le film de l’année.
Mais, avec des dialogues plus évolués que la moyenne de ce genre, des effets
spéciaux spectaculaires, un goût du « cool » bien prononcé (le film débute sur
du AC/DC et finit sur du Black Sabbath) et un Robert Downey Jr dantesque, il
constitue une vraie vague de fraîcheur au milieu de cet océan de médiocrité des
adaptations Marvel. En trois mots : vivement la suite.


Commentaires
C'est la 5 ou 6ème critique de film que je lis sur ce site, et je trouve ça énorme de constater que tu as quasiment à chaque fois le même avis que moi à la ligne près =D
J'ai vraiment apprécié Iron Man, pour les mêmes raisons. J'y suis allé en craignant beaucoup de tomber sur un Marvel (un film Marvel, j'entend) "classique" style Spiderman/4 Fantastiques, où on n'y croit pas une seule seconde, le tout sur un ton d'humour léger, avec un happy end...
J'ai été agréablement surpris de voir un film sombre (la première scène, ambiance de guerre afghane sur de l'AC/DC, suffit à nous faire comprendre que ce n'est pas un film pour enfant de moins de 12ans pour une fois), qui favorise la reflexion/psychologie des personnages autant que l'action, mais en gardant néanmoins de l'humour omniprésent =)
Le héro est également aux antipodes de ce que l'on connait, que ce soit par son âge ou par sa vision du monde, et c'est aussi très appréciable, au-delà du fait qu'il soit "réel".
En tous cas, ça m'a beaucoup fait penser à Daredevil, et se hisse à ses côté dans mes films Marvel préférés =)
Et sinon bonne chance pour ce blog, je suis encore en train de l'explorer, je n'avais pas encore trouvé de site/critique avec un avis autant identique au miens sur les films.. L'allusion à la Horde du Contrevent dans un de tes sous-titres d'articles a quant à elle fini de me convaincre =D
Merci de me lire Naith, ça me fait plaisir
En plus un adorateur de La
Horde Du Contrevent, respect !
Concernant Iron Man, c'est vrai que le personnage y fait pour beaucoup ; un adulte bien cynique, beaucoup plus charismatique que pas mal d'autre héros de la Marvel... Et puis, Downey Jr le joue tellement bien.