L’adaptation rêvée de Resident Evil : [•REC]
Par Anansi le dimanche 4 mai 2008, 14:57 - Pellicule aviaire - Lien permanent

Le 23 avril dernier arrivait le film espagnol [• REC], auréolé de son prix du public et prix du jury au dernier festival du film fantastique de Gerardmer. Film d'horreur en forme de huis-clos tourné la caméra au poing, il mérite bien toutes ses louanges, même si on trouve quand même plusieurs ombres au tableau sanglant.

La caméra subjective est décidément à la
mode.
Fuir. Se cacher. Mais ne jamais cesser de filmer. Ca
c’est la tagline, mais aussi la substance même du film. Film a petit budget
réalisé par Jaume Balaguero et Paco Plaza, [•
REC] constitue l’un des témoins du retour en forme du cinéma fantastique
espagnol, avec L’Orphelinat, auréolé de son statut de « plus grand
succès espagnol de tous les temps ». Mais, plus que fantastique, [• REC] est en
réalité un film horrifique, misant tout sur l’ambiance, la claustrophobie,
l’inconnu.
Et pour renforcer l’immersion du spectateur dans leur
histoire glauque, les réalisateurs ont pris le choix de tout tourner caméra au
poing, en temps réel. Blair Witch Project-style. Parce qu’ils
voulaient quelque chose de vraiment original. Bon, manque de pot,
Cloverfield est passé juste avant eux, anéantissant tout effet de
surprise. Pourtant, les deux films ne suivent pas tout à fait la même
réalisation, puisque tandis que Cloverfield était filmé par la caméra
classique d’un habitant lambda, [• REC] suit lui une journaliste et son
caméraman, venus faire un reportage sur le travail des pompiers.
Mais, alors qu’ils les suivent lors d’une intervention, les
voici pris au piège dans un immeuble soudainement mis en quarantaine, sans
qu’ils ne sachent pourquoi… A l’intérieur de l’immeuble, des cris effraient les
habitants, des grincements étranges se font entendre. Et très vite, ils vont
devoir faire face à des créatures bien loca de la cabeza : des
zombies, tout ce qu’il y a de plus putréfiés. Mama !
Une narration en dent de scie, mais avec de vrais
moments de flippe.
Et c’est aussi là que [• REC] (j’adore les titres avec des
signes de ponctuations bizarres) est bien différent du film de Matt
Reeves, au cas où les deux du fond qui n’ont rien compris voudraient
encore les comparer. Parce que Cloverfield est un film spectaculaire
où un monstre attaque la ville, mais n’est pas là pour faire peur ou effrayer.
Mais le film de Balaguero et Plaza est lui un film qui s’inscrit directement
dans la tradition des grands films d’horreur, avec les attaques surprise, le
sang et les gens à moitié décomposés qui vont avec. Et par le choix de
réalisation, la tension est constamment palpable, personne ne comprenant ce qui
se passe. Ça crie, ça pleure, ça cherche à survivre.
Un huis-clos infernal, filmé en temps réel par le caméraman
(ce qui explique la courte durée du film : 1h15) et la présentatrice, qui
veulent à tout prix continuer à filmer pour garder une trace physique, et
pouvoir demander des comptes par rapport à cette surprenante quarantaine qui
leur est infligée. Le résultat est supra-dynamique, même si on peut regretter
quelques grosses baisses de régime à certains moments ; notamment ce passage où
la présentatrice interviewe certains habitants de l’immeuble. On comprend que
c’est pour mieux nous présenter les protagonistes ou nous immerger dans
l’histoire, mais c’est téléscopé et, en fait, on se fait juste chier.
Toujours au chapitre des déceptions, certains dialogues
frisent, et font même un brushing et une permanente au ridicule. On filtre
parfois vers le nanar le plus grotesque, comme ce passage où un personnage
demande à un autre comment il compte ouvrir la porte : « avec la clé », répond
l’autre. Ouahou, quelle puissance, quelle classe, quel héros. Ainsi, au début
du film je me demandais si je ne devais pas affronter une œuvre mal amenée, mal
racontée, plate. Mais finalement, quand le film se termine on rend compte que
la sauce a prise, et que [• REC] est un très bon film.
Sans être originale, une oeuvre efficace et
submersive.
Cela grâce à un élément primordial pour moi dans un film :
l’ambiance. Et pour ça, Jaume Balaguero et Paco Plaza se révèlent être des
virtuoses. Grâce à la caméra au poing, oui, j’en ai parlé. Mais aussi par ce
suspens constant, où les mystères nous sont révélés peu à peu. Pourquoi cette
quarantaine a-t-elle été instaurée ? Pourquoi les gens deviennent-ils fous ?
Alors, oui, la solution de l’intrigue est tout ce qu’il y a de plus bateau,
surtout pour ceux qui ont déjà joué à des jeux vidéos comme Resident
Evil. Mais l’important n’est pas de savoir la fin de l’histoire. Non, ce
qui compte c’est comment l’histoire est racontée.
Tandis que la présentatrice et les pompiers avancent dans
les appartements, on ne sait pas ce qui les attend, ce qui pourrait se nicher
dans la pièce suivante. Et le film trouve toute son horreur là-dedans. En ce
qui me concerne, [• REC] ne m’a pas effrayé à un point incroyable, mais
j’enfonce des portes ouvertes quand je dis que certain(e)s sortiront de la
salle de cinoche avec une boule au ventre, pas encore bien rassuré(e)s. Il faut
aussi dire que, niveau violence et sang, les espagnols ne font pas vraiment
dans le consensuel ni l’aseptisé, et il faut les en remercier.
Bien entendu, les américains ne supportant pas diffuser un
film étranger doublé sur leur territoire, le film sera bientôt l’objet d’un
remake… Avec la très rachitique Jennifer Carpenter (la sœur de
Dexter dans la série du même nom) pour remplacer la sublissimale (mais
vraiment, hein) Manuela Velasco. Un remake plan par plan,
renommé Quarantine pour l’occasion, et qui est juste scandaleux, si
vous voulez mon avis pourri. Avant cela, courez au ciné voir [• REC] si vous
n’avez pas le cœur fragile, vous ne le regretterez pas, même si tout n’est pas
parfait.

Commentaires
Je l'ai vu, je l'ai vu, je l'ai vu ^^
Le dimanche de suite après sa sortie. J'avais entendu la sortie ciné de la semaine, ou il disait que c'était dans le style de cloverfiled, et donnait le synopsis suivant : une journaliste et son caméraman suivent des pompiers dans une intervention, ils vont se retrouver en quarantaine dans un immeuble ou ils vont vivre un cauchemar. Pas terrible comme synopsis, c'est clair, mais bizarrement ça m'a donné envie.
Manquait plus qu'à convaincre mon homme, la bande annonce prise sur le net lui a suffit, et le dimanche suivant on y étais, au premières loges. Et ben crois le ou crois le pas, Mr CANARD, mais je me suis chier dessus, ce qui m'a fait l'adorer, tellement que j'ai remis ça lors de ma dernière soirée grosses ^^