Elephant, des White Stripes
Par Anansi le lundi 21 avril 2008, 17:41 - Le canard et la musique - Lien permanent

Après vous avoir parlé de Spaced qui a été diffusé il y a huit ans, j’ai envie d’effectuer un deuxième voyage dans le temps. Parce que, le dernier album des Raconteurs étant la merveille qu’il est, ça m’a donné envie de revenir de plein pied chez les White Stripes. Retrouver mes couleurs rouges, blanches et noires.
L'un des meilleurs albums de
tous les temps.
Vous me connaissez : ici, vous avez un site à la pointe de
l'actualité. Je me sens donc obligé de vous parler d'Elephant, l'album
des White Stripes qui vient juste de sortir. Bon, il n'est pas si récent que ça
en fait, mais vous n'êtes pas à cinq ans près, si ? Si ? Bah il n'empêche que
j'ai quand même envie de vous parler des Stripes. Pour le coup, j’ai choisi
Elephant, parce que cet album revêt une importance toute particulière.
Déjà, il faut bien le dire, c’est lui qui a propulsé le groupe au sommet, et
qui l’a fait exploser.
White Blood Cell, sorti en 2001, avait déjà bien
entamé le processus, avec des titres comme Hotel Yorba, ou encore
Fell In Love With A Girl et son clip en Lego de Michel
Gondry, multi-primé. Mais avec Elephant en 2003, ce sera le
tremplin ultime. Parce que dans un premier temps, Elephant c’est
Seven Nation Army. Un morceau qui a un peu gonflé tout le monde ces
temps-ci à cause de ces italiens qui l'ont martelé jusqu'à en vomir, mais ça
montre aussi que Seven Nation Army fait maintenant partie du
patrimoine.
Le genre d’œuvre qui bouffe son auteur, si bien que tout le
monde connaît l’accord par cœur, la plus grande partie du grand public ne
sachant même plus que les White Stripes sont les auteurs. Il faut le dire, sa
construction est basique, donc aisément mémorisable : une pulsation simple de
la batterie, et ce fameux riff de guitare que n’importe quel débutant apprend
en faire en premier.
Jack, il a une tête de Hobbit
mais il est trop fort.
Pourtant, les quatorze chansons jouent toutes un rôle dans
l’extraordinaire qualité d’Elephant. Déjà, le trio de tête formé par
Seven Nation Army, Black Math et There’s No Home For You
Here est un condensé de garage rock qui a fait la renommée du duo.
Jack White triturant sa guitare électrique saturée à
l’extrême, tandis que Meg White martèle ses caisses et ses
cymbales avec une force tonitruante… Tout est calibré avec une osmose parfaite,
et le résultat est jouissif.
Puis, I Just Don’t Know What To Do With Myself, qui
est aujourd’hui l’un de mes morceaux préférés du groupe correspond à une sorte
de transition entre la force brute du début, et le calme qui va suivre. Un
titre qui commence avec une douceur toute naïve, pour monter crescendo,
Jack faisant cracher sa guitare et sa voix. Véritablement
extraordinaire en live. Lui aussi est resté dans toutes les mémoires, avec ce
fameux clip où Kate Moss joue à la gogo-danceuse devant la
caméra de Sofia Coppola…
Et puis après… Après, c’est In The Cold, Cold
Night. Ah la la. L’une des rares chansons où c’est Meg
White qui occupe le lead vocal. Là, on s’éloigne complètement du rock
saturé, et on plonge dans le blues entêtant et enivrant. Et quand
Meg se pavane en disant « I don’t care what other people say,
I’m gonna love you anyway » à coté de Jack qui caresse sa
guitare, ça équivaut à une bonne dizaine de Prozac. Facile. De la beauté pure,
et sans problème l'une des chansons les plus touchantes de toute la carrière
des Stripes (avec la reprise de Jolene et We Are Going To Be
Friends).
Une histoire d'innovation, de
tradition, de conception.
Une tendresse que l’on retrouve un peu plus tard avec
Ball And Biscuit, un long morceau de blues-rock de plus de sept
minutes, ou la gratte de Jack joue d’abord les langoureuses,
pour se mettre soudainement à saturer, et revenir à son état intial. Un morceau
construit comme une sinusoïde, ou comme un électron, si vous préférez les
métaphores chimiques : tantôt excitée, tantôt au repos.
Mais, là où Elephant est aussi très important,
c’est qu’il constitue le dernier album des Stripes véritablement forgé autour
de la batterie et la guitare, et seulement ça. Get Behind Me Satan,
qui sortira deux ans plus tard, correspondra à un vrai contre-pied, où le
groupe se mettra à expérimenter des dizaines et des dizaines d’instruments, et
où la guitare sera beaucoup plus en retrait. Icky Thump abordera lui
aussi cet état d’esprit, tout en faisant revenir la guitare sur le premier
plan. Non pas que ces deux albums soient mauvais : mon avis sur Icky
Thump est plus qu’élogieux, et il tourne encore régulièrement sur mon
iPod.
Elephant, lui, a encore cet aspect garage rock des
débuts du groupe, bien qu’il soit son quatrième. Et des merveilles comme
Girl You Have No Faith In Medicine, Little Acorns ou
Black Math en sont les fiers étendards. Un regard brut sur un groupe
qui a aujourd’hui évolué, dans le seul but d’élargir et bonifier son art, pour
lui faire acquérir une sorte de quintessence. Et un duo qui est encore
maintenant l’un des plus grands groupes de rock qui soient et aient été, et
dont mon seul regret est de ne les jamais avoir vu sur scène. Qui sait, un jour
peut-être ? Avec leur dernière tournée qui a été écourtée
parce que Meg commence à un peu péter les plombs, c’est pas gagné, mais
l’espoir fait vivre.
Quelques extraits de l'album
The White Stripes -
There's No Home For You Here
The White Stripes -
Girl, You Have No Faith In Medicine


Commentaires
Tu as bien raison pour Seven Nation Army, qu'est-ce que j'ai souffert !
Très sympas les extraits que tu as mis, je crois que je vais m'y mettre !
Ouaip tu as raison de t'y mettre, t'as juste pas le droit de passer à coté ! Et une fois que tu te seras attaquée à Elephant, tu pourras enchaîner sur White Blood Cells, De Stijl, et tous les albums des Stripes en fait
Et concernant SNA, je compatis. Vraiment.