Spaced, de Simon Pegg, Jessica Stevenson et Edgar Wright
Par Anansi le vendredi 18 avril 2008, 09:36 - Canard sur canapé - Lien permanent

Spaced, c'est la série des mecs qui ont fait Shaun of the Dead et Hot Fuzz. Voilà, si cette simple et courte phrase ne vous a pas donné envie de lire l'article, c'est que vous avez un problème.
Des personnages bien débiles,
comme on les aime.
Ayant connu un certain succès lors de sa diffusion sur
Channel 4 entre 1999 et 2001, la série Spaced s’est surtout fait
connaître depuis que son réalisateur et son co-auteur/personnage principal ont
créé Shaun of the Dead, puis Hot Fuzz. Histoire de voir le
point de départ de la collaboration entre ces deux génies. Le pitch n’est pas
très compliqué à vous résumer, parce qu’on est avec une sitcom : Tim cherche un
nouvel appartement depuis que sa petite amie l’a larguée. Daisy, elle, en
cherche également un, parce qu’elle veut quitter son squat. Les deux se
rencontrent, et ne tombent pas amoureux. Ce qui est plutôt dommage, parce que
l’appartement de leur rêve n’est accessible qu’à un couple… Alors on va faire
semblant d’en être un, pour pouvoir emménager en coloc dans le flat.
En partant de ce départ simpliste, Simon
Pegg et Jessica Stevenson (les deux héros, et
auteurs) peuvent créer une troupe de personnages tous plus fracassés les uns
que les autres, à commencer par leurs propres personnages. Parce que Tim est le
modèle même du geek : passant son temps devant sa Playstation (on est en 2001
hein), il est vendeur dans un magasin de comics, ainsi que dessinateur. Et il
est effrayé par les chiens, les éclairs, et les bambous. Ouaip. Daisy, elle,
est rédactrice, mais son manque de confiance et sa relative stupidité d’ordre
général lui empêchent d’accéder à de grands postes. Dans l’immeuble où ils
résident, ils feront la connaissance de Brian, artiste conceptuel complètement
barré, qui passe son temps à peindre un peu n’importe quoi avec un peu
n’importe quoi.
On a aussi la propriétaire des lieux, qui fume comme un
pompier et est secrètement amoureuse de Brian… Tandis que Twist, l’amie de
Daisy, travaille dans la mode. Enfin, c’est ce qu’elle prétend ; en fait, elle
bosse dans une laverie. Mais mon personnage préféré reste sans doute Mike,
l’ami de Tim, joué par Nick Frost ; frustré de ne pas avoir
été accepté dans l’armée, il se balade toujours en tenue de camouflage et avec
des armes de toutes sortes, pour la sécurité.
On a donc tout un groupe d’ami qui se forme, chacun ayant une spécificité
particulière, et étant surtout très drôles.

Geeks will take over the
world !! Hahahahaha !
Mais là où Spaced est incroyable, c’est que
Simon Pegg et Edgar Wright sont avant tout de
bons gros geeks en puissance. D’où le fait que la série soit gavée à ras bord
de référence au cinéma ou aux jeux vidéos, à un point tel qu’une piste de
sous-titres sur le DVD les énumèrent toutes en temps réel. Que ce soit l’autre
vendeur du magasin de comics qui a un artwork de Metal Gear Solid sur
son t-shirt, les posters de Evil Dead et Lara Croft dans le salon, ou
les discussions animées autour de Star Wars, les références fusent
sans arrêt.
Et tout ça fait partie intégrante de la série, comme dans
cet épisode où Tim, ayant tellement joué à Resident Evil 2 (ouais,
j’ai reconnu que c’était le 2. Et ça me fait peur) , se met à voir des zombies
partout… Et on sent d’ailleurs les prémices de Shaun of the Dead. Dans
un autre épisode, Tim joue à Tomb Raider 3, expliquant que, pour
calmer sa colère, il s’amuse à couler Lara Croft… Et je pourrais continuer
comme ça pendant des heures et des heures, tellement les deux auteurs et
Edgar Wright se font plaisir à parler aux geeks, et à distiller des
clins d’œil à longueur de temps, que seuls les nerds pourront relever.
Mais, au-delà de ces aspects de séries à easter
eggs, Spaced c’est surtout un vivier insondable de scènes
mémorables, et tordantes de rire. Ainsi, un épisode entier peut être centré
autour d’une scène en particulier, qui montre là aussi que les auteurs sont
gavés de références en tout genre. Comme cette séance de paint-ball absolument
mythique, où Simon Pegg et Nick Frost se
prennent pour un commando d’élite, l’un finissant par pleurer sur l’épaule de
l’autre, mort au combat… Tout simplement énorme. Et puis je vous détaillerai
bien d’autres scènes du même tonneau, mais je ne veux pas non plus vous gâcher
la surprise.

Bien plus intelligent et
fouillé qu'une simple comédie.
La série est donc une sorte de paroxysme d’humour
britannique, avec tout ce que j’aime : l’absurde apporté ici par les situations
(ah là là, cette séquence d’infiltration…), des personnages timbrés
complètement surréels mais dans lesquels on reconnaît telle ou telle personnes,
et puis il faut l’admettre, Simon Pegg et Jessica
Stevenson forment un bien joli petit couple. Edgar
Wright apporte lui aussi déjà sa touche avec une réalisation qui tue
(« Three good Star Wars later… »), tout cela donnant une série non
seulement drôle mais aussi intelligente, et qui ne se contente pas d’un débile
humour premier degré comme la grande majorité des sitcoms américaines.
D’ailleurs, un remake américain de Spaced a
récemment été annoncé, ce qui a provoqué la colère de Pegg,
qui n’a pas du tout été contacté. Et je crains sincèrement la repompe basique
sans une once de classe, avec toute la perte du second degré, et une simple
histoire autour d’un geek et ses amis (c’est plutôt tendance en ce moment, il
paraît). Enfin on verra bien, « ne stigmatisons pas » comme dirait ce bon vieux
Rhum, les remakes américains de séries britanniques n’ont pas toujours été pas
des fiascos après tout, comme l’a montré The Office… Il n’empêche que
l’humour anglais est beaucoup plus pointu que l’américain.
Mais pour l’heure, la version britannique de Spaced
est à prendre en tant que telle : une merveille d’humour britannique. En
seulement quatorze épisodes de vingt minutes chacun, Pegg,
Stevenson et Wright régalent tout le monde
avec des personnages excellents, un comique de situation vraiment poussé et
surtout ce gros plus-produit : les références innombrables à la pop-culture, au
cinéma, à la télé, aux jeux vidéos… A tout ce qui les a fait grandir. En plus,
les deux saisons en coffret 3 DVD
sont disponibles pour à peine 15€ sur Play.com, dont c'est un gros plaisir
à petit prix (ouais, j'ai pris des cours chez Bellemare). En fait,
Spaced c’est un peu comme Sarah Neufeld qui joue
du violon : c’est tellement puissant, beau et classe que l’on ne peut
qu’applaudir la performance. Alors j’applaudis. Clap clap.


Commentaires
J'applaudis aussi et des deux mains monsieur (oui je sais d'une seule aurait été laborieux) ^^
De l'humour anglais, des acteurs savamment déjantés, de l'électro ( prestation énorme d'un clubeur fou!), un chien trop puissant et surtout : du PUB du PUB et encore du PUB!
Ces anglais là sont de pur génies...
God save the Queen!
PS: 3ème volet de la Cornetto Trilogie je t'attends de pied ferme! ^^
en cours de dow... d'acquisition, verdict bientot !
Nico : j'suis bien d'accord, God Save The Queen !
Rhum : Good boy
Et un conseil : note les répliques cultes, parce qu'il y
en a tellement que tu vas les oublier ^^
"- Mike, 'going next door' is a euphemism for 'being dead' !
- What ?! When I was young, my mother told me that my cat had gone next door !
- It's been twenty years Mike, where do you think he was ?
- Well, next door !"
si tu veux qu'on retienne les repliques cultes sache que ce n'est pas le chat de mike qui etait "next door" mais son lapin ! Puisque daisy le repete ensuite : everyone's gone .............mike's rabbitt's gone ....
Sinon quelqu'un peut me dire si une edition de spaced est sous titré en français (question de mieux partager la serie avec les non anglophones ) ?
Yep exact, merci pour la précision, j'avais écrit ça de tête et je ne me souvenais plus si c'était un chat ou autre chose
Concernant de possibles sous-titres français, je ne pense pas qu'une édition DVD en contienne. Ma version UK n'en a pas (seulement anglais), et après recherche j'avais vu que l'édition Zone 1 américaine qui vient de sortir possède également seulement des sous-titres anglais. Pour ceux que l'anglais rebute VRAIMENT, faut donc attendre une hypothétique future sortie française, mais autant pisser dans un violon, si tu veux mon avis.