Paris est magique : Ratatouille, de Brad Bird
Par Anansi le dimanche 6 janvier 2008, 11:29 - Canard sur canapé - Lien permanent

Alors que je viens juste de vous parler de Wall·E, je profite de l'occasion pour revenir sur Ratatouille, et vous crier que - oui - vous devez acheter le DVD qui sortira le 1er février. En admettant que vous n'êtes pas déjà convaincus, voilà quelques points qui s'en chargeront...
Des débuts peu rat-ssurants
(désolé).
La naissance de Ratatouille a été sacrément
douloureuse. Au départ, le projet est de Jan Pinkawa, dont les
seuls faits d'armes étaient la réalisation de Geri's Games, un
court-métrage (de Pixar, évidemment) oscarisé. Pendant trois ans, l'homme se
consacre à Ratatouille, et développe les personnages, l'histoire et les décors.
Le résultat sera éffarant, avec une dizaine de personnages principaux, et une
intrigue floue, au mieux.
Pour mener à bien le projet qui commence à trainer et coûter
de plus en plus d'argent, le studio appelle alors à la rescousse l'une de ses
plus fines fleurs, Brad Bird. L'homme s'est fait un nom en
réalisant plusieurs épisodes des Simpsons, avant de rejoindre Pixar pour créer
et diriger Les Indestructibles. "Bloody Bradley Bird" prit donc
totalement les reines du film et, en dix-huit mois, en changea complètement la
structure, jusqu'à aboutir à la version finale. Cette histoire d'un rat à
l'odorat surdéveloppé, qui va tout faire pour réaliser son rêve : devenir chef
dans le plus grand restaurant parisien...
Et c'est là que le génie du studio brille de mille éclat. En
partant d'une aventure farfelue, Brad Bird et son équipe
créent un monde complexe, et profitent de leur hypothèse pour brasser des
thèmes beaucoup plus vastes, dans la grande tradition des dessins animés
appelés à rester dans l'Histoire. C'est donc ici la confrontation des rats et
des humains qui va être mis en avant, avec ce petit élément qui va gripper
l'engrenage : la collaboration entre un humain - Linguini - et un rat - Rémi le
Petit Chef. Parce que Linguini est propulsé chef sans le vouloir, et il va lui
falloir l'aide de son rongeur-cuistot s'il veut s'en sortir...
Un ensemble rat-goûtant (aïe).
Techniquement, le studio atteint encore une fois des
sommets statosphériques. Le genre de trucs en orbite. Tout, tout est
non seulement superbement détaillé mais aussi dessiné avec une grâce folle.
Ici, les graphistes n'ont pas voulu chercher le photoréalisme comme pour le
Wall·E à venir (et qui se réalisait en même temps que
Ratatouille, d'ailleurs, un film représentant un chantier de cinq à
six ans), mais ont préféré un dessin à la limite du caricatural. Les humains
ont des grosses têtes, et des corps longs et filiformes, comme élastiques...
Tandis que les rats sont superbement dépeints, avec des bouilles à croquer et
surtout des poils d'un réalisme total.
Mais, là où les personnages conservent un aspect
volontairement simpliste et déformé, cela est complètement contrebalancé par
les décors, d'une beauté à tomber par terre. Les plans panoramiques d'un Paris
embelli sont juste splendides, avec ces lumières, ces bâtiments, cette Seine
reflétant les lueurs du soir, cette Tour Eiffel illuminé... Eblouissant.
D'autres plans, où le héros à quatre pattes se baladent dans les rues pavées du
bord de la Seine, sont - je l'ose - du jamais vu. (Et puis, ça fait de la pub
gratos pour la ville, c'est Delanoë qui doit être content, le coquin.)
Tout cela est mis en valeur par la mise en scène, super
dynamique. Les quelques scènes de poursuite sont un modèle, avec des gros plans
entrecoupés de grand angle, et une sensation de vitesse étonnante. Enfin bref,
je ne vous apprends rien, la réputation de Pixar en matière d'image de synthèse
n'étant plus à faire... Mais quand même, ce studio me stupéfie à chaque film.
Et dites-vous que je ne vous ai pas parlé de l'animation, pourtant sans
reproche elle aussi.
Un conte rat-vissant (je le referai
plus).
Cette débauche d'effets visuels, suffisament maîtrisée
pour savoir se faire oublier quand il le faut, donne un effet enchanteur au
film, et joue pour beaucoup dans cette sensation de bien-être que l'on ressent
après la projection du film. Du début, avec la Marseillaise en fond sonore,
jusqu'à la dernière seconde et ce Fin en écriture ancienne, on suit la belle
aventure de Linguini et Rémi avec un plaisir qui ne décroît jamais.
De plus, la belle histoire peut également devenir sérieuse
lorsque Rémi se pose des questions quant à la cohabitation des rats et des
humains, Pixar nous renvoyant au traitement des exclus de la société avec tact
et pertinence. Mais là où le studio est à remercier, c'est que l'on ne verse à
aucun moment dans le mélodramatique à deux balles comme cela arrive trop
souvent avec les autres dessins animés ou films en images de synthèse. Cette
morale fédératrice dégoulinante, servie par un héros pleurant, censée expliquer
le thème du film... Chez Pixar, et en particulier Ratatouille, les
auteurs nous laissent nous forger nous-mêmes nos opinions, et se contentent de
nous raconter leur fable sans nous forcer la main.
Bref, en un mot comme en cent, Ratatouille est
magique. Non content de nous amener sur un plateau d'or une histoire originale
et aussi bien ficelée qu'un rôti, Brad Bird et toute son
équipe nous émerveillent les sens. Les détails des décors et de la nourriture
comme la psychologie des personnages, tout est l'objet d'une attention
particulière, et aucun élément ne vient rompre l'excellence générale. Une
histoire heureuse et bienfaîtrice, pour l'un des meilleurs Pixar à ce jour. Et
vive la France, bordel.


Commentaires
Le titre est limite pro-psg mais te connaissant, je sais que non m'enfn fais gaffe ! Sinon je suis d'accord même si je préfère Toy Story !
Le jeu de mot sur le titre est voulu, j'étais sûr que tu allais réagir :D M'enfin c'est juste pour la vanne quoi, c'est pas trop un truc "pro-psg" (premièrement parce que j'en ai rien à taper du foot, et deuxièmement parce que j'en ai rien à taper du PSG en particulier)
Ouh lala j'avais pas du tout percuté le rapport avec psg dis dc !!!!
Sinon je suis daccord t'as tout bien dit Mr Canard , voila cest tout !