Sex, drugs & Rock 'n' Roll : Californication, de Tom Kapinos
Par Anansi le vendredi 30 novembre 2007, 13:21 - Le coin-coin des séries - Lien permanent

David Duchovny revient sur le devant de la scène en incarnant un écrivain déchu et autodestructeur... Une série mature par ses thèmes abordés, qui ne plaira pas à tout le monde mais que j'ai adoré. Hop, c'est parti.
Hank Hates
Us All. Que Dieu bénisse l'Amérique. Alors, non, je ne me suis
pas subitement transformé en Nicolas Sarkozy en train de bouffer du KFC devant
un match de base-ball, mais c'est la première expression qui m'est venue
lorsque j'ai regardé le premier épisode de Californication. Plus
exactement, que Dieu bénisse Showtime, cette chaîne du cable américaine,
dernière représentante avec HBO de ce que doit vraiment être la
télévision.
A son palmarès, citons Dead Like Me, les
cultissimes Masters of Horror, The L Word, Stargate
SG1 (de 1997 à 2002, avant que ce soit racheté par Sci-Fi), ou encore la
géniale série comique Weeds (je ne m'étends pas sur celle-ci, une 'tite truite en
parle beaucoup mieux que moi)... Sans oublier l'une des plus grandes séries de
ces dernières années, Dexter (je vous parle bientôt de la saison 2,
passionante et beaucoup plus psychologique que la première saison).
Californication a elle été lancée en août 2007, et - je vous le dis
d'entrée - elle est incroyable.
Série comique avant tout (elle en possède d'ailleurs la
durée : chaque épisode dure 30 minutes), elle représente un vrai mélange
d'influences diverses, brassant de nombreux thèmes sans la moindre censure. Le
scénario met en scène Hank Moody - joué par un David Duchovny
proprement prodigieux -, écrivain quadragénaire en panne d'inspiration qui
décide de quitter New-York pour rejoindre Los Angeles. Sarcastique, amoral,
complètement déphasé, Hank passe alors son temps à sauter sur toutes les filles
qui l'entourent, son seul raccord à une vie saine restant son ex-femme et sa
fille.

Des scènes
cultes à la pelle. Autour de l'univers barge et défoncé de
Hank, graviteront un certain nombre de personnages au moins aussi allumés que
lui, à
commencer par Mia, la fille du nouveau mari de son ex-femme (vous suivez
?). Mia est d'ailleurs jouée par Madeline Zima, que l'on
connait déjà par son rôle de la toute petite Grace Sheffield dans la série
Une Nounou d'Enfer, sur M6. Du coq à l'âne...
Pour le coup, la série porte très bien son nom ; outre la
référence évidente à l'album et la chanson des Red Hot Chili
Peppers1, elle explique très bien que l'une des activités
principales en Californie est la fornication. Et effectivement, le sexe est
l'un des thèmes principaux de la série, et on le retrouve partout, tout le
temps.
Californication n'est donc pas une série à mettre
entre toutes les mains, mais "les grandes personnes" seront écroulées de rire
devant les situations, toujours très matures. Et puis il faut avouer que, après
les amourettes à deux balles de Claire Bennet dans Heroes, ça fait
plaisir de retrouver quelque chose d'adulte, de brut, sans aucune (mais alors
aucune) concession.
Mais, au-delà du sexe, la série est vraiment un vivier
insondable de scènes toutes plus cultes les unes que les autres, parsemant tous
les épisodes de cette première saison de 12 épisodes. Rien que la première
scène du premier épisode vaut son pesant de cacahuètes vitriolées, faisant
l'exploit de méler deux des plus importants sujet de censure aux Etats-Unis, la
religion et le sexe. Je peux aussi citer la scène du cinéma qui vient un peu
plus loin, mais vous le verrez par vous-mêmes quand elle sera diffusée sur M6
(parce que, oui, M6 en a acheté les droits, coiffant Canal sur le poteau) : le
nombre de scènes mémorables que les auteurs arrivent à coincer dans une
trentaine de minutes est impressionant.

How to get
LA'd. L'une des grandes forces de la série réside aussi dans
toutes les références à la pop-culture qu'elle distille ci et là dans les
épisodes, et qui font toujours un plaisir fou à retrouver. En particulier, la
musique se retrouve très fréquemment, les auteurs possédant en plus de très bon
goûts. Outre le titre-même de la série dont j'ai déjà parlé, on retrouve les
RHCP avec la secrétaire complètement cintrée de l'agent de Hank, qui s'appelle
Dani California ! Le titre du deuxième épisode, Hell-A Woman, rappelle
lui l'album LA Woman des Doors, tandis que les Stones sont fréquemment
évoqués...
Le cinéma est lui aussi très présent, par de nombreux
hommages, comme par exemple le titre du quatrième épisode, Fear and
Loathing at the Fundraiser, faisant directement référence au Las Vegas
Parano (Fear and Loathing in Las Vegas en VO) de Terry
Gilliam. Mais les auteurs s'amusent aussi à le descendre en flêche,
avec l'adaptation du livre de Hank. En effet, le livre God Hates Us
All qui a valu sa renommée au héros s'est vu adapter au cinoche sous le
gentillet titre A Crazy Little Thing Called Love (hop, référence à
Queen ?), avec une affiche édulcorée surpourrie et pour les protagonistes
principaux, Tom Cruise et Katie Holmes !
Enormissime, tout simplement.
Décalée, sans complexe, trash, mature, hilarante, et
passionante, Californication est donc un vrai bijou de comédie. Même
si on pourrait regretter un scénario finalement anecdotique, la force de ses
personnages la porte avec grâce dans la stratosphère des séries télé. Elle
montre en plus que David Duchovny sait faire autre chose que
traquer des aliens, et le rôle d'Hank Moody lui colle littéralement à la
peau.
Le plus beau dans l'histoire, c'est que, là où on pourrait
croire que la série n'arrive à se démarquer que grâce à un héros qui se
contente d'insulter tout le monde et sauter sur tout ce qui bouge, elle en
prend finalement le contre-pied, en ayant la classe de forger un véritable
héros des temps modernes, aux couches multiples et à géométrie variable.
L'irrévérence vient en bonus, la cerise sur un succulent gateaux que l'on mange
avec un plaisir coupable.
1 D'ailleurs, les mecs ont beaucoup moins la Rock 'n' Roll Attitioude qu'ils le prétendent, puisqu'ils viennent de porter plainte contre Showtime pour l'utilisation de leur titre... Ah non mais j'vous jure, la rebellion est bien révolue, les tatoués d'aujourd'hui sont des cravateux procéduriers.


Commentaires
Moi, j'veux bien qu'on cause culture, sous-culture, pop-culture, même agri-culture si tu veux, mais faisons-le dans le respect de notre bonne vieille langue (pas celle à la sauce piquante, celle qu'on parle)!
Quand notre Empereur bien-aimé Nicolas 1er dit que l'Amérique est notre amie, il ne dit pas qu'elle doit être notre professeur de français!
Tout ça pour dire que "mature" ne désigne en français que l'ensemble des mâts d'un navire. Alors quand tu dis que c'est une série mature, faudrait pas que les gens croient que l'Amérique nous envie Thalassa! :)))
J'en suis désolé, mais te voilà au pied du mûr! (Jeux de mots, c'est pas pour rien que j'ai mis Cappello!)
Ah tiens, semble-t-il que je t'en avais parlé au départ :mentor: malheureusement je ne souffrais que trop du manque de temps et je me suis arrêté après 2 épisodes mais bon je vais peut-être reprendre vu que là y a plus rien! Bon par contre c'est tout plein de sesque, Kaly si tu passes par là, interdit de regarder cette série même si elle est bien et décalée de la production globale!
Wahou Jett, comment c'est bien dit tout ça ! En plus, tu as raison. Mais du coup, on l'écrit comment "mature" en français ? :niais:
Et Rhum, effectivement y'a beaucoup de sesque, mais finalement il y en a beaucoup plus dans le premier épisode que dans tous les autres. Bon par contre ça en parle à peu près tout le temps XD
Tout simplement la meilleure série que j'ai vu dans toute ma pauvre vie qui n'était que pure obscurité avant que Hank les "HANK"ule toutes! ^^ (pardon pour ce jeu de mots plus que foireux).
Vivement la saison 2 !!!!
Juste pour que la vérité triomphe, mature veut bien dire "qui a atteint sa maturité". Ce dont parle Jettelot est la mâture qui porte un accent circonflexe et qui est un nom au contraire de mature qui est un adjectif sans accent.
Jettelot avant de t'auto-proclamer Capello, ouvre un dictionnaire ça pourra t'être utile...
Sinon Californication est une série géniale où les auteurs manient le cynisme à la perfection.