Histoires de flics. Alors, non, NCIS ce n'est pas le Nord Créations Informatiques & Services... NCIS, c'est une série qui fait les beaux jours de M6 en France et de CBS aux Etats-Unis depuis quelques années. Pourtant, au départ, le tout n'a pas l'air très aguichant : une énième série policière, ou une équipe se charge de résoudre moult et moult enquêtes de toutes sortes. Mais, on se rend vite compte que NCIS fait partie de ces séries à la base tout sauf originale, mais cherchant à se démarquer par un aspect particulier.
    On en a quelques-unes, comme ça : Cold Case se distingue par un traitement de l'image et une photographie qui déchirent, dans le domaine de la science-fiction on a Farscape qui mêle la parodie à la tragédie, et a réussi à forger la plus grande romance de tous les temps... NCIS s'est elle fait remarquer avec un seul et même élément, qui tient en un mot, oui oui madame, farpaitement : l'humour. Et là, tout est dit.
    L'approche de NCIS par rapport aux séries policières est d'ailleurs très proche de celle de Farscape pour la science-fiction : faire évoluer des personnages complètement décalés dans un monde où on ne s'attendrait pas à les retrouver. Ici, on a donc toute une galerie de personnages impeccables allant de la gothique au coureur de jupon fan de cinéma formant un premier contraste avec les héros fades et conventionnels des autres séries (non mais sans déconner, vous n'avez pas envie de lui mettre des tartes, au mec des Experts Miami ?).
    Au fur et à mesure des épisodes, la série a su gagner son public, avec des épisodes indépendants mais sachant développer les personnages au milieu de l'intrigue. Surtout, l'une des ses qualités est de savoir se renouveler, avec ce bel exemple de Ziva David remplaçant une Kate Todd disparue avec pertes et fracas... Tout est dynamique, chaque personnage sait faire changer les choses.



    Décadence et grandeur. Malgré tout, après une saison 3 absolument tonitruante, la saison 4 marque les premières faiblesses de la série... Une saison 4 qui est d'ailleurs celle actuellement diffusée sur M6, mais bon, je veux pas trop casser l'ambiance hein. Oh, ce n'est pas non plus une mauvaise saison (pour cela, vous n'avez qu'à regarder n'importe quel épisode des Experts, ce sera bon), mais... Enfin... On sent que les messieurs se sont fourvoyés quelque part, si vous permettez de me lacher et de sortir des mots qui font mal.
    En fait, pour cette quatrième saison, les auteurs ont voulu intégrer de la romance, de l'amûûûûûr, du vrai, avec les colombes, les fleurs, les robes blanches et tout le tintouin. Dans l'absolu, ça aurait pu être sympathique... Dommage que, plutôt que d'amour, on ait droit à une espèce de mievrerie niaise d'un pathétique sans nom. Certaines sont rigolotes (celle de Palmer et de la nouvelle recrue), mais pour le reste, bah vous n'avez qu'à lire ma précédente phrase, elle devrait se suffire à elle-même. Tout ça trouvant un paroxysme ultime avec l'épisode "spécial Saint-Valentin", à vomir.
    Bon, je critique (qui aime bien châtie bien, que voulez-vous) mais malgré tout cette saison 4 contient plusieurs bons passages, avec notamment tout le début de la saison, et surtout - surtout - un vingtième épisode qui restera dans les annales comme l'un des meilleurs de la série. Je citerai également Twisted Sister (qui sera le prochain épisode diffusé sur M6, le 16 novembre), proprement passionant de bout en bout... Et, justement, parler d'excellents épisodes me permet de faire la meilleure des transitions avec la saison 5.
    Parce que, ouaip, cette saison 5 est proprement hallucinante de qualité et, si les scénaristes continuent sur leur lancée, on tient là la meilleure saison de la série, c'est bibi qui vous le dit. L'indépendance des épisodes entre eux permet à l'équipe de ruser d'ingéniosité (oh pinaise, "ingéniosité", vous vous rendez compte ?), et de toujours trouver des scénarios et des intrigues plus passionantes que jamais.



    Viva el Gato. Par exemple, je suis obligé de citer le sixième épisode, Chimera, sans doute mon préféré de la série. Jugez donc : l'équipe va enquêter sur un bateau où tous les officiers ont mystérieusement disparus, et s'y retrouvent prisonniers. Ils ne nous avaient pas encore fait le coup de l'épisode qui fout les miquettes dans un bateau fantôme, et voilà qu'ils s'y mettent, et avec talent. En plus, cet épisode arbore une connotation particulière, puisqu'il s'agit ni plus ni moins du 100ème épisode de la série ! C'est là qu'on se dit que ça commence à faire, et l'équipe en avait d'ailleurs profité pour faire une grande fête et tout, mais j'ai pas pu y aller, j'avais cours de natation synchronisée. Michael était un peu dégouté, mais bon je lui ai dit que je viendrai à la prochaine.
    D'ailleurs, le Michael Weatherly alias le grand Tony DiNozzo, il me fait carrément plaisir dans cette saison 5, parce qu'on lui retrouve toute sa verve et ses répliques qui tuent, qu'on avait perdu en cours de saison 4. Les références fusent, et il cite même Pulp Fiction, donc c'est vraiment un signe qu'il est au sommet de sa forme, non ? En fait, au-delà de DiNozzo, ce qui fait la plus grande force de NCIS, c'est cette ambiance si particulière, ce "je ne sais quoi" qui fait toute la différence et qui la place au-dessus de n'importe quelle série policière actuelle.
    Cette ambiance, cet esprit, c'est d'abord les relations entre les personnages : DiNozzo et son "probie" McGee (ou "le bleu" en français, lequel doublage se révèle d'ailleurs plutot bon dans l'ensemble), Ziva qui tente de sortir des expressions américaines mais qui se plante à tous les coups, Gibbs et son charisme qui crêve l'écran malgré ses histoires tumultueuses avec ses quatre mariages et un enterrement (et c'est vraiment le cas), la criminologue gothique Abby (l'actrice Pauley Perette a d'ailleurs une vraie maitrise de crimonologie)... Tout ça forge un patchwork parfait, sans anicroche.
    Enfin bref, vous l'avez compris, cette saison 5 de NCIS représente bien toutes les qualités de la seule série policière qui ne se prend pas au sérieux, et qui surplombe donc toutes les autres. Malgré deux-trois faiblesses par-ci par-là, elle a toujours su retomber sur ses pattes, et s'améliorer au fil des ans. Ce n'est pas pour rien si elle vient juste de réaliser son record d'audience aux Etats-Unis... Enfin bref, merci m'sieur Bellisario d'avoir créé cette pastille de bonheur, et d'avoir engagé des acteurs sachant si bien la faire vivre et palpiter.