Stardust. Ca fait combien de temps que je l'attendais, celui-là ? Souvenez-vous, la première fois que je vous en ai parlé, c'était le 17 juin 2006. Presque un an et demi plus tard, me voilà en train de rédiger le début d'un article pour vous dire ce que j'en ai pensé, parce que je suis allé le voir au ciné... Y'a pas à dire, c'est beau la vie, quand même. Et finalement, le meilleur dans tout ça, c'est que le film n'est même pas décevant.
    Ca en est presque bizarre : on attend un film pendant un sacré long moment, on s'en fait un foin pas croyable en l'attendant, on regarde les bandes-annonces, la moindre petite image, et quand on a enfin le film sous les yeux, il n'a même pas la décence d'esprit de se révéler être un pétard mouillé. Non non, tout répond à nos attentes, parce qu'il le vaut bien.
    Et rien que pour ça, je dis chapeau m'sieur Matthew Vaughn, qui avez réalisé le film, et bien sûr Neil Gaiman qui avez écrit le bouquin et co-produit le film. Le résultat à l'écran est spectaculaire, et rend hommage à l'oeuvre originale parce qu'il en conserve l'essence-même : un conte de fée pour adulte.
    Je rappelle brièvement le scénario : nous sommes dans une Angleterre victorienne, dans le paisible village de Mur (Wall en VO, et dans le bouquin français d'ailleurs). Celui-ci tient son nom d'un... mur, séparant le village et le monde de Faerie, où règne les sorcières, fées, et autres créatures magiques. Tristan Thorn, notre héros, promit à sa dulcinée de lui ramener une étoile filante, qui venait de s'écraser en Faerie. Le problème, c'est qu'il n'est pas le seul à la chercher : il va devoir faire face aux Princes du Royaume de Stormhold d'une part, et à la sorcière Lamia d'autre part.



    S'ensuit une quête initiatique pour le jeune homme, qui va se révéler beaucoup plus étrange que prévue... Il n'y a donc pas de mystère, nous sommes bel et bien dans un conte. A l'époque de la sortie en livre, Gaiman avait d'ailleurs reçu beaucoup de prix pour Stardust, parce qu'il a cette double vision que peu de livres possèdent : véritable hommage aux contes de fées et aux codes qui les régissent, il n'en reste pas moins adulte et loin (mais alors très loin) de tomber dans la niaiserie des contes "classiques".
    Et, là où il faut tirer son chapeau au réalisateur de cette adaptation, c'est qu'il a réussi à garder cet esprit, et de faire un conte d'aventure, qui arrive à parler d'amour sans pour autant que les dialogues sonnent faux ou mièvres. Dès les premières secondes, on est transporté sur Faerie et on passe deux heures de bonheur, tout simplement, où l'humour est omniprésent.
    Tout cela est bien sûr aidé par le casting, impeccable. Tristan Thorn, d'une part, est joué par l'inconnu Charlie Cox, qui s'en tire remarquablement bien. Au milieu des Robert De Niro et Michelle Pfeiffer placardés sur toutes les affiches, le spectateur n'ayant pas lu le livre aurait presque oublié que c'est Charlie Cox le héros. Mais le bonhomme nous le rappelle très vite, et parvient à très bien jouer son rôle de héros perdu dans un univers qu'il ne connait pas mais avec lequel il partage beaucoup d'affinités (un thème récurrent chez Gaiman).



    Je viens de citer De Niro et Pfeiffer, donc parlons-en, si vous le voulez, à vot' bon coeur messieurs dames. Eux aussi se révèlent absolument géniaux dans leurs rôles respectifs, le premier en Pirate de l'Air plutôt... spécial (qui prend beaucoup plus d'importance que dans le livre, d'ailleurs), et la deuxième en sorcière voulant retrouver sa jeunesse. Chacun se fait plaisir, et donne au film un cachet vraiment spécial.
    Mais enfin, je ne peux pas ne pas parler de Claire Danes, sublime en étoile naïve et désoeuvrée. Elle rayonne durant tout le film, fausse jeune fille ingénue au fort caractère mais qui se retrouve aux milieux des humains... Magnifique. Je pourrai aussi citer Mark Strong en Prince Septimus, mais vous l'avez compris : un casting de choix, tout simplement.
    Stardust est donc l'excellent film que j'attendais, parce qu'il respecte complètement l'oeuvre de Gaiman et contient énormément de scènes spectaculaires sans verser dans les effets spéciaux hollywoodiens à outrance. La splendide musique (cela faisait longtemps que je n'en avais pas entendu de cette qualité), les décors enchanteurs... Tout est mesuré, et ne sert qu'à raconter une histoire, aussi belle qu'elle est.
    Alors, oui, de nombreuses libertés sont prises par rapport au livre. Mais le fait qu'elles soient pertinentes et qu'elles aient été mises en place avec l'aide de l'auteur original fait enlever toute envie de râler au fan de base. Bref, c'est un film sublime, à la fin duquel on sort avec un grand sourire, parce qu'on vient de se faire plaisir. Une joie simple, douce. Comme une étoile.


P.S : le titre, c'est la tagline qu'avait proposé Neil Gaiman pour le film. Ca aurait été assez puissant.