Attention, film subtil. Une Terre menacée. Des aliens pas contents. Des voitures qui explosent. Des explosions qui font boom. Des Robots qui font woosh. Les Etats-Unis pour sauver le monde. Un héros insipide et moche. Une héroïne sexy et érogène, au QI d'une moule lobotomisée, qui finit forcément avec le héros insipide et moche pré-cité. Le spectateur avec des nachos dans une main et une bouteille d'Orangina dans l'autre. Ouaip, pas de doute, le gros blockbuster américain estival est dans la place. Mais dans le cas de Transformers, tout cela devient jouissif et défoulant, pour une seule et même raison : c'est assumé.
    Le film a énormément fait couler d'encre, depuis la seconde même de son annonce : Michael Bay - spécialiste ès "film de gros bourrins" - s'apprête à adapter au ciné une licence de robots, jouets pour gosses. Déjà, rien que là, il y avait de quoi rendre curieux. Et puis, au fur et à mesure des images et autres bandes annonces, le message des producteurs et de Bay se faisait de plus en plus clair : faire une sorte d'apogée du film d'action pour geeks en puissance, oubliant toute idée de scénario pour faire ce pour quoi le réalisateur est doué : des gros engins qui se foutent sur la gueule.
    Bon, revenons au commencement, si vous le voulez bien : Transformers raconte l'histoire de deux factions de robots, les Autobots (les gentils) et les Decepticons (les méchants tout plein), qui doivent se battre sur Terre pour mettre la main sur "le Cube", une sorte de machin chose en forme de cube qui parait être la source de leur pouvoir (j'ai même pas cherché à comprendre). Au milieu de cette guerre sans merci, nous trouvons Sam Witwicki, le fameux héros, joué par le bonhomme que tout Hollywood veut, malgré son nom qui fait tiep : Shia LaBeouf. Le bonhomme s'en tire étonnament bien dans son rôle de post-ado basique sans charisme et largué, à la chambre tapissée de posters de groupes de rock, et arborant fièrement un t-shirt des Strokes (le gaillard a bon goût, belle référence m'sieur Bay).



    Badaboom. Mais ce bon vieux Sam ne sera pas seul, puisqu'il aura pour l'accompagner une certaine Mikaela, jouée par l'actrice la plus sexy du monde entier : Megan Fox. Malgré tout, alors que je m'attendais à une simple nunuche tout simplement venue pour montrer ses fesses (Jessica Alba, si tu me lis), j'ai eu la surprise de voir qu'elle ne s'en tirait finalement pas si mal que ça. Les auteurs se sont même donnés la peine de lui créer un background un peu intéressant, histoire de nous faire croire que le script ne se réduit pas à "Robots. Terre. Boom." Mais bon, faut pas trop leur en demander non plus, hein.
    Mais finalement, on s'intéresse très peu aux "vrais acteurs", les héros du film étant bien évidemment les Transformers, et leurs combats. Le réalisateur nous avait promis des scènes de combats de folie, et on est bien obligés d'admettre qu'il a réussi son pari, tellement les séquences de transformations et de guerre entre robots sont tout simplement bluffantes. Ca pète de tous les cotés, des bâtiments entiers volent et explosent, des morceaux de tôles s'écrasent sur le sol tandis que le héros, tellement petit, se fraie un chemin pour essayer de survivre... Ouaip, "défoulant" est le mot adéquat.
    Mais, Bay a également truffé son bébé de références en tous genres, que ce soit Star Trek (Starfleet Academy... Ceux qui ont vu le film comprendront), la cultissime référence à Kill Bill, etc. Jusqu'à verser dans l'auto-référence comique avec Armaggedon ! A ce titre, Bay a très bien mené le début de son film, mettant plusieurs éléments de comédies pour faire démarrer l'intrigue sans lasser le spectateur.



    Le défouloir ultime. Au final, quand on lit que le réalisateur voulait "faire le film de robots définitif", on se dit qu'il a réussi haut-la-main son pari. Les vingt dernières minutes du film surpassent très largement celles de n'importe quel film d'action, portées par des effets spéciaux de folie et une mise en scène nerveuse, comme il se doit. Alors, oui, Transformers sera haï par un bon paquet de monde, c'est évident. Ce bon Michael le dit lui-même : "On est loin d'Autant en emporte le vent, c'est clair. Transformers ne se prend pas au sérieux. Mon seul objectif, c'était que les spectateurs sortent de la salle en se disant : "Whoa, cool.""
    Et c'est justement parce que le coté écervelé et crétin de tout l'ensemble est assumé que cela rend l'entreprise louable, parce qu'à aucun moment les responsables n'ont voulu nous faire croire qu'ils faisaient autre chose qu'un film où on laisse notre cerveau à l'entrée de la salle de ciné, et qu'on le remplace par des pop corn. On sait ce qu'on va voir, quoi... On a en quelque sorte affaire à un immense jeu vidéo non-interactif mais furieusement réaliste, où on voit tout s'effondrer pour notre plus grand bonheur.
    Il faut donc y aller dans cet état d'esprit, prêt à entendre des dialogues ignobles à base de "Oh, Sam, tu m'as sauvé la vie !" ou autres "Tu es le dernier espoir de l'humanité", pour pouvoir apprécier Transformers pour ce qu'il est : le blockbuster le plus fou depuis un sacré moment, enlevé et complètement décomplexé. Et une fois de temps en temps, ça fait du bien !


Transformers, un film de Michael Bay, sortie au cinéma le 25 Juillet 2007.