Transformers, de Michael Bay
Par Anansi le vendredi 3 août 2007, 18:08 - Pellicule aviaire - Lien permanent

Steven Spielberg à la production. Michael Bay derrière la caméra. Devant, des immeubles s'écroulent et des voitures explosent, à cause d'une guerre entre des gentils et des méchants robots. Attention, Transformers s'annonce comme un film d'auteur, où le scénario joue une part prépondérante. Ou pas.
Attention,
film subtil. Une Terre menacée. Des aliens pas contents. Des
voitures qui explosent. Des explosions qui font boom. Des Robots qui font
woosh. Les Etats-Unis pour sauver le monde. Un héros insipide et moche. Une
héroïne sexy et érogène, au QI d'une moule lobotomisée, qui finit forcément
avec le héros insipide et moche pré-cité. Le spectateur avec des nachos dans
une main et une bouteille d'Orangina dans l'autre. Ouaip, pas de doute, le gros
blockbuster américain estival est dans la place. Mais dans le cas de
Transformers, tout cela devient jouissif et défoulant, pour une seule
et même raison : c'est assumé.
Le film a énormément fait couler d'encre, depuis la seconde
même de son annonce : Michael Bay - spécialiste ès "film de
gros bourrins" - s'apprête à adapter au ciné une licence de robots, jouets pour
gosses. Déjà, rien que là, il y avait de quoi rendre curieux. Et puis, au fur
et à mesure des images et autres bandes annonces, le message des producteurs et
de Bay se faisait de plus en plus clair : faire une sorte
d'apogée du film d'action pour geeks en puissance, oubliant toute idée de
scénario pour faire ce pour quoi le réalisateur est doué : des gros engins qui
se foutent sur la gueule.
Bon, revenons au commencement, si vous le voulez bien :
Transformers raconte l'histoire de deux factions de robots, les
Autobots (les gentils) et les Decepticons (les méchants tout plein), qui
doivent se battre sur Terre pour mettre la main sur "le Cube", une sorte de
machin chose en forme de cube qui parait être la source de leur pouvoir (j'ai
même pas cherché à comprendre). Au milieu de cette guerre sans merci, nous
trouvons Sam Witwicki, le fameux héros, joué par le bonhomme que tout Hollywood
veut, malgré son nom qui fait tiep : Shia LaBeouf. Le bonhomme
s'en tire étonnament bien dans son rôle de post-ado basique sans charisme et
largué, à la chambre tapissée de posters de groupes de rock, et arborant
fièrement un t-shirt des Strokes (le gaillard a bon goût, belle référence
m'sieur Bay).

Badaboom. Mais ce bon vieux Sam ne sera pas seul, puisqu'il
aura pour l'accompagner une certaine Mikaela, jouée par l'actrice la plus sexy
du monde entier : Megan Fox. Malgré tout, alors que je
m'attendais à une simple nunuche tout simplement venue pour montrer ses fesses
(Jessica Alba, si tu me lis), j'ai eu la surprise de voir
qu'elle ne s'en tirait finalement pas si mal que ça. Les auteurs se sont même
donnés la peine de lui créer un background un peu intéressant, histoire de nous
faire croire que le script ne se réduit pas à "Robots. Terre. Boom." Mais bon,
faut pas trop leur en demander non plus, hein.
Mais finalement, on s'intéresse très peu aux "vrais
acteurs", les héros du film étant bien évidemment les Transformers, et leurs
combats. Le réalisateur nous avait promis des scènes de combats de folie, et on
est bien obligés d'admettre qu'il a réussi son pari, tellement les séquences de
transformations et de guerre entre robots sont tout simplement bluffantes. Ca
pète de tous les cotés, des bâtiments entiers volent et explosent, des morceaux
de tôles s'écrasent sur le sol tandis que le héros, tellement petit, se fraie
un chemin pour essayer de survivre... Ouaip, "défoulant" est le mot
adéquat.
Mais, Bay a également truffé son bébé de
références en tous genres, que ce soit Star Trek (Starfleet Academy...
Ceux qui ont vu le film comprendront), la cultissime référence à Kill
Bill, etc. Jusqu'à verser dans l'auto-référence comique avec
Armaggedon ! A ce titre, Bay a très bien mené le
début de son film, mettant plusieurs éléments de comédies pour faire démarrer
l'intrigue sans lasser le spectateur.

Le
défouloir ultime. Au final, quand on lit que le réalisateur
voulait "faire le film de robots définitif", on se dit qu'il a réussi
haut-la-main son pari. Les vingt dernières minutes du film surpassent très
largement celles de n'importe quel film d'action, portées par des effets
spéciaux de folie et une mise en scène nerveuse, comme il se doit. Alors, oui,
Transformers sera haï par un bon paquet de monde, c'est évident. Ce
bon Michael le dit lui-même : "On est loin d'Autant en
emporte le vent, c'est clair. Transformers ne se prend pas au
sérieux. Mon seul objectif, c'était que les spectateurs sortent de la salle en
se disant : "Whoa, cool.""
Et c'est justement parce que le coté écervelé et crétin de
tout l'ensemble est assumé que cela rend l'entreprise louable, parce qu'à aucun
moment les responsables n'ont voulu nous faire croire qu'ils faisaient autre
chose qu'un film où on laisse notre cerveau à l'entrée de la salle de ciné, et
qu'on le remplace par des pop corn. On sait ce qu'on va voir, quoi... On a en
quelque sorte affaire à un immense jeu vidéo non-interactif mais furieusement
réaliste, où on voit tout s'effondrer pour notre plus grand bonheur.
Il faut donc y aller dans cet état d'esprit, prêt à entendre
des dialogues ignobles à base de "Oh, Sam, tu m'as sauvé la vie !" ou autres
"Tu es le dernier espoir de l'humanité", pour pouvoir apprécier
Transformers pour ce qu'il est : le blockbuster le plus fou depuis un
sacré moment, enlevé et complètement décomplexé. Et une fois de temps en temps,
ça fait du bien !
Transformers, un film de Michael Bay, sortie au cinéma le 25 Juillet 2007.


Commentaires
C'est ce qu'on appelle du cinéma de divertissement, scénario simple, action surevoltée; le tout à prendre au trouzième degré, vraiment un bon moment, en plus il n'y a aucune longueur, jack sparrow si tu nous regardes...
Je suis désolé de squatter tes commentaires Mr Canard mais je n'ai pas trouvé d'adresse mail où te contacter directement.
Je voudrais savoir comment tu fais l'effet de cadre sur tes images en page d'accueil. Si tu veux bien partager ton secret, tu as mon mail.
Ce blog peut reprendre son cours normal
Fichtre, c'est vrai que je n'affiche pas mon adresse e-mail, je règle ça. Et sinon pas de problème pour l'effet, je t'envoie un mail
Je squatte encore mon canard mais j'attends toujours de tes nouvelles. Ton moustachu.