"Hey, you wanna play ?" : Dexter, de James Manos Jr.
Par Anansi le lundi 25 juin 2007, 18:29 - Le coin-coin des séries - Lien permanent

Ca y est, la première saison de Dexter vient de se terminer sur Canal +, et c'était 'achement bien. Non, je ne parle pas du petit bonhomme à lunettes et de son laboratoire dans un certain dessin animé, mais d'un autre Dexter, beaucoup (vraiment beaucoup) plus glauque.
Miami
Vice. Au milieu des trouzaines de séries policières ou
médicales, un peu de nouveauté fait toujours du bien, et c'est justement cet
aspect qu'apporte avec brio Dexter. Pourtant, sur le papier, la série
de James Manos Jr. ne paraît pas forcément super originale :
Dexter Morgan (joué par l'extraordinaire Michael C. Hall),
héros de la série, travaille pour le service médico-légal de Miami, dans le
département des analyses sanguines. Son métier est donc de tirer n'importe quel
indice d'une scène de crime à partir des taches de sang, pour aider à traquer
le tueur ou le serial-killer.
Mais un autre élément vient rompre la machine habituelle,
qui va être à la base de toute la série : Dexter est lui-même un sérial-killer.
Le spectateur, plongé dans la tête du héros (qui est aussi la voix off) va
alors suivre les aventures d'un tueur de tueurs, ou de n'importe quelle
personne qui mérite de mourir. Parce que Dexter est un homme particulier : par
un phénomène génétique ou psychologique (je laisse la surprise à ce qui n'ont
pas vu la série), notre homme est incapable de ressentir la moindre émotion,
quelle qu'elle soit : amour, amitié, compassion, tristesse...
Ce qui emmène bien évidemment des situations bizarres, ou
Dexter se demande comme un homme normal réagirait. Le scénario lui-même est à
deux vitesses : à coté des quelques enquêtes se déroulant sur un seul épisode,
vient se greffer l'enquête majeure et primordiale, le fil rouge des 12 épisodes
que compte la saison : la recherche du « Ice-truck killer », tueur en
série de prostituées qui a la particularité de vider ses victimes de tout leur
sang. Un tueur qui va obséder Dexter, et qui va le pousser à mener sa propre
inverstigation, pour un climax annoncé dès le premier épisode : la
confrontation entre les deux tueurs.
"I'm
Dexter... Bouh." Mais Dexter n'est pas seul pour autant.
Beaucoup de personnages gravitent autour de lui, à commencer par Debra Morgan,
sa soeur (plus précisément, Debra est la fille de la famille qui a adopté
Dexter lorsqu'il était enfant) et officier de police. Véritable antithèse de
Dexter, elle est passionnée, extravertie, grande gueule... Un personnage génial
(et magistralement joué par Jennifer Carpenter), formant un
contraste marquant avec le héros. Les autres personnages correspondent aux
membres de la police de Miami, plus anecdotiques mais possédant tout de même un
background bien développé.
Malgré tout, le coté archétypal (ouh là !) des personnages
m'énerve un peu : on a le black pas content, le japonais pervers, la latine
jalouse... Tout le monde est là, il ne manque personne à l'appel, tout va bien.
Mais enfin, on peut mettre ça de coté pour voir que, finalement, tout le monde
a son rôle à jouer dans l'histoire. Et, flottant parmi eux sans trop se faire
voir, nous avons Dexter.
L'un des points passionants de la série réside dans les
pensées du héros par rapport à ses partenaires. Alors qu'il se voit au départ
comme un intrus, il se rend compte que les gens sont exactement comme lui :
chacun porte un masque, masquant leur vrai nature et leurs secrets au reste du
monde. Mais eux se forgent une identité pour s'individualiser, alors que Dexter
cherche lui à être normal. A le faire croire, en tout cas. Je remercie
d'ailleurs l'acteur, Michael C. Hall (l'un des héros de Six
Feet Under), qui réussit avec une classe folle à interpréter un héros tout en
nuance, véritable barjot inhumain caché derrière un masque de gentillesse.

Un
méchant, un vrai. Là où tout cela est jouissif, c'est que la
série ne veut à aucun moment être moralisatrice, montrant un héros pêcheur qui
veut se repentir. Quel pied de voir un vrai méchant dans une série télé ! Alors
que dans [H]ouse, ce cher docteur cherche finalement à sauver des vies malgré
son sarcasme et asociabilité, Dexter Morgan est lui une pure crapule, une
machine à tuer incapable de ressentir la moindre sensation. Il n'y peut rien,
il ne l'a jamais voulu ; c'est comme ça, et c'est tout.
Le générique annonce déjà la couleur : filmant en gros plan
des détails du réveil et du petit déjeuner, il nous montre que la vie de tous
les jours, sous une apparence banale, peut ne pas être aussi belle que prévue.
Les images sont étranges, presque glauques, là où tout cela ne doit être que
classique. Jamais une orange pressée n'aura été aussi lugubre, vous pouvez me
croire (ou pas, vous faites ce que vous voulez).
Bref, vous l'avez compris par vous-même si vous avez un peu
de bon sens, Dexter est une série que vous devez absolument voir si
vous l'avez loupée sur Canal, par exemple lorsque le coffret de la saison 1
sortira. Sans aucun manichéisme ni morale, dérangeante et passionante, elle
porte sur un piédestal l'un des héros les plus classes qui soient. Maintenant,
ne reste plus qu'à attendre la saison 2 (qui arrive le 30 septembre sur
Showtime) pour voir si elle tient la route sur la longueur, ce que j'espère
vraiment.
Dexter, série de James Manos Jr. (une saison), pas de date pour la sortie DVD.


Commentaires
Personnellement, je n'ai pour le moment vu que les 2 premiers épisodes, et j'ai accroché de suite ( d'ailleurs j'avais accroché avant même d'avoir vu dexter, j'ai accroché lorsque j'ai lu le synopsis sur mon programme télé et que j'ai pleuré par ce que j'ai canalsat mais que j'ai plus canal plus, et tout en reniflant bruyament je me suis dit que j'attendrai qu'il passe sur nos chaine hertzienne, mais finalement internet m'a sauvé, avec les épisode en streaming !!!), j'a-do-re cette série, et pense bientôt (maintenant que j'ai le temps) m'y remmettre...
Pour le fait qu'il est de l'immoralité de dexter, bien qu'il ne ressente aucune émotions, je trouve que quelque part dans sa logique meutrière, il n'est pas si amoral que ça, ne venge-t-il pas la veuve (tuée par un chauffard alcoolique) et l'orphelin (violé et enterré dans la fôret par un "gentil père de famille sans reproche") ? Quelque par je trouve qu'il guerit quelque peu notre monde en le débarassant de quelqu'unes de ses vermines qui s'en sortent grace à un système juridique laxiste et mal fait !!!
... Oulà, m'emporte un peu moi !! Quoi qu'il en soit, série géniale, décidemment tu a bon gout Mr Canard, espérons que tu choisisse tes compagnes (canne) aussi bien que tes séries !!!
Je l'ai vue aussi et j'ai adoré ! On accroche de suite avec le personnage de Dexter que Michael C. Hall interprète avec brio (il fallait que je place cette expression quelque part :D).
Par contre, oui je suis d'accord avec ce qu'a dit Sushie (Dexter ne tue pas n'importe qui mais des "méchants" qui n'ont pas été punis par la loi). Merci qui ? Merci Dexter !
Vi je suis d'accord avec vous, d'ailleurs je dis que Dexter est tueur de "ceux qui le méritent". Tout ça grace au Code de Harry, qui empêche Dexter de tuer le premier venu ^^
Mais quand même, ça n'empêche pas que ce n'est pas non plus un modèle de moralité. Rien que le fait que le héros puisse tuer froidement quelqu'un sans remord, peu importe ce qu'il ait fait, ce n'est pas quelque chose de courant dans les séries télé et c'est quand même assez glauque, surtout étant donné sa façon de tuer les gens.
ATTENTION MESSAGE ULTRA CONSTRUCTIF:
...moi.... j'aime bien.....
FIN DU MESSAGE ULTRA CONSTRUCTIF
ps de l'auteur du message ultra constructif: "ça, c'est fait."
:niais:
la série qui arrive à des dégouter de manger un oeuf au plat et une tranche de jambon au p'tit dej'^^ la psychologie de Dexter est vraiment bien foutue, chapeau les scénaristes. Aussi l'ambiance de la série n'est pas du tout sombre, ça se passe souvent la journée, bref une série pleine de décalages, jubilatoire !