Grindhouse : Death Proof, de Quentin Tarantino
Par Anansi le lundi 11 juin 2007, 18:53 - Pellicule aviaire - Lien permanent

Ca y est, il est enfin là ! Ce n'est pas une annonce sur internet, une énième bande annonce, un extrait en exclusivité top-moumoute, non, point de tout ça, Death Proof (rebaptisé Boulevard de la Mort) de Quentin Tarantino est arrivé dans tous les cinémas de Gaule. Allez, on fait péter le cidre. Ou pas ?
Only at
the grindhouse. Ah Grindhouse... Voilà un sacré bon
moment que je vous en parle ici, étant toujours à l'affut des moindres
informations à propos du diptyque de Tarantino et
Rodriguez. Entre la joie des fans de voir les bandes annonces
et autres images, et leur frustation à l'annonce de la séparation des deux
films pour la sortie européenne, tout ça n'a pas été de tout repos.
Personnellement, j'ai vite préféré que les films soient séparés, pour qu'ils
puissent être allongés comme le veulent les réalisateurs. C'est donc avec un
certain bonheur que je me suis déplacé avec nonchalance vers mon cinéma de
quartier, le seul diffusant en version originale Death Proof, la
fameuse partie de Tarantino. Elle durait moins d'1h30 dans Grindhouse,
là voilà maintenant qui s'étend sur 2 heures.
Les lumières s'éteignent. Je m'attends plus ou moins à ce
que des feux d'artifices explosent, des confettis tombent du plafond, ou autres
choses de ce genre, mais l'écran se contente de s'allumer, pour laisser
apparaitre le désormais fameux "Our Feature Presentation", déjà vu
dans Kill Bill. La toute première image montre les pieds de l'une des
héroïnes, orteils en éventail sur la banquette d'une voiture décapotable. De
grosses écritures jaunes vintage s'alignent sur l'image, pour présenter le
titre : Quentin Tarantino's Thunder Bolt. Ah non, attendez, l'image
est remplacée par un fond noir sur lequel est écrit Death Proof, sur
un morceau de pellicule ajoutée à l'arrache. La musique de Jack
Nitzsche retentit à nous en faire péter les tympans. Yep, pas de
doute, on est bien dans un Tarantino.
Les pieds exposés au soleil sont ceux de Jungle Julia,
fameuse DJ d'Austin. Néanmoins, je me demande si c'est bien la peine de vous
présenter le scénario, tant il vous a déjà été rabaché. Et puis, les scénarios
de Tarantino n'ont jamais été très développé, et cela se
confirme encore une fois avec Death Proof, présenté comme un slasher.
Et l'appellation résume tout : un sérial-killer, en la personne de Stuntman
Mike, parcourt les Etats-Unis pour tuer des jolies jeunes filles. Pour cela il
utilise sa voiture de cascadeur, réputée pour être à l'épreuve de mort.

Perhaps
'fuck off' might be too kind. Le film peut se diviser en deux
parties : dans la première, nous suivons donc
Jungle Julia, Arlene, Shanna Banana, ainsi que
Kim (Rose McGowan, qui sera l'héroïne du Grindhouse :
Planet Terror de Rodriguez) un peu plus tard, tandis que
la deuxième partie nous fera suivre un autre groupe de quatre filles, dont
Abernathy (Rosario Dawson) et la cascadeuse Zoé (jouée par
la vraie cascadeuse Zoé Bell, qui joue donc son propre rôle !). Le seul point
commun à toutes ces filles :
Stuntman Mike, joué par le sémillant Kurt Russell. Un rôle
sur mesure pour le seul et unique Snake Plissken, bien que le rôle ait d'abord
été proposé à Mickey Rourke, qui n'en a pas voulu, le crétin.
Russell trouve ici son plus grand rôle depuis New York
1997, et constitue vraiment la pierre angulaire du film.
Malgré tout, les autres filles ne sont pas là pour faire de
la figuration et Tarantino va se faire un plaisir de
développer un background et une psychologie très forte pour chacune d'elles.
D'où de loooongues phases de dialogue entre les personnages, rappelant
plusieurs scènes cultes comme le débat sur Like A Virgin au début de
Reservoir Dogs, ou encore les discussions entre Vincent et Jules dans
Pulp Fiction. En fait, je vais faire ici la première critique
concernant Death Proof : ça "ressemble" trop à du
Tarantino. Oui, les dialogues entre les multiples personnages
sont toujours un bonheur parce qu'ils ont toujours cette qualité indéniable,
mais j'aurai préféré que le monsieur prenne peut-être plus de risque.
Dans la même veine, Death Proof (et
Grindhouse dans son ensemble) a toujours été revendiqué comme un
amusement rendant hommage à tous les vieux films des années 70. C'est juste
dommage que, finalement, l'intérêt principal réside là-dedans. Reservoir
Dogs et Pulp Fiction, surtout, tiraient leur force du fait que
Tarantino se servait de ces codes anciens pour créer quelque
chose de nouveau, par un montage de folie, ou la réinvention de standards. Ici,
tout est scrupuleusement respecté, ce qui implique un rendu impressionant car
audacieux dans l'approche, mais finalement tout sauf original.

Conclusion
: peut mieux faire. Malgré tout, c'est vraiment un bonheur de
voir toutes les références parsemant le film, à la fois par le biais des
affiches de cinéma ou des dialogues sur des oeuvres passées, mais également des
clins d'oeils à d'anciens films de Tarantino : on retrouve en
effet le fameux shériff et son "Son Number One" de Kill Bill, et le
prénom Arlene rappelle Arlene Machiavelli, déjà prononcé dans Kill
Bill, encore une fois.
Et puis, je suis encore stupéfait de voir à quel point ce
geek de Tarantino soigne son bébé dans le moindre détail,
surtout dans la forme : effet de pellicule vieillie, montage délibérément fait
à la truelle, freeze de l'image, ou encore ce délicieux passage en noir et
blanc cramoisi... Tout est peaufiné, et le résultat est bluffant. Et tout ça
est bien évidemment associé à une musique de folie, comme il se doit. Pour
Death Proof, Tarantino est naturellement allé
chercher des vieilleries comme Willy DeVille, Joe Tex, ou encore April March
qui chante Chick Habit (qui est déjà dans une pub, ils vont vite) qui
se tranforme en Laisse Tomber Les Filles, reprise de Serge
Gainsbourg. Je ne vous dis pas tout, mais attendez-vous à une bande
originale culte, la musique prenant énormément d'importance.
Pour résumer, Death Proof est bel et bien l'hommage
qu'il se prétend être, mais il n'apporte finalement pas grand chose. Restent
quelques phases d'actions qui valent leur pesant de cacahouète, des dialogues
truculents (d'ailleurs, il est inconcevable de voir ce film autrement qu'en VO)
entre un Kurt Russell extraordinaire et des actrices
excellentes, et cette ambiance vintage carrément jouissive. Et puis, c'est un
Tarantino, quoi !
Grindhouse : Death Proof (Boulevard De La Mort), de Quentin Tarantino, sortie au cinéma le 6 juin 2007.

Commentaires
Voila voila, je viens de finir de mater death proof, mais manque de pot pour moi, j'ai dl la version canadienne, ce qui fait que les voix déja étaient pas top, mais en plus, le film il fait que 1H30 (bouh bouh bouh ! Ca m'apprendra à pirater !!!)
Sinon, ben je me suis bien bardé, même si c'était un peu court ! La scène finale m'a bien fait marrer, et Kurt Russel en psychopate ca lui va trop bien !!! Non franchement bien bien, sauf peut être rose magohan en blonde (beurk !!!) on comprend pas trop ce qu'elle vient foutre là, mais bon !!!
Ahah bien fait pour toi, fallait pas pirater :D
Surtout que les deux meilleures scènes du film ne sont pas dans la version "grindhouse" d'1h30, donc bon, tu sais ce qu'il te reste à faire : direction le cinoche VO :mrgreen:
vi mais mon cheri veut pas le voir grindhouse, je vais pas y aller toute seule non plus, si ?!!! bon je vais voir ça !!!
Boh tu le traînes par la peau des fesses, ton chéri, et puis c'est tout ! :mrgreen: