Un staff impresionnant. Je ne vous apprends rien, Carnivàle n'est pas vraiment la dernière série en date aux Etats-Unis. Commençant sa diffusion en 2003, celle-ci s'est arrêtée après deux saisons, pour des raisons plus ou moins obscures (un manque de téléspectateurs, probablement). Malgré tout, la série s'est forgée en ce court espace de temps une base de fan plutôt conséquente, et elle est encore l'une des séries les plus acclamées.
    Ainsi, Carnivàle faisait partie de ses séries réputées excellentes mais dont je n'avais jamais pu regarder une seule seconde, comme Six Feet Under, par exemple. Mais voilà que je tombe par hasard sur le DVD de la saison 1 à la FNAC du coin... L'occasion ou jamais de réparer mes fautes et de me laisser emporter par La Caravane de l'Etrange (le nom français de la série, qui est classique, mais efficace).
    Tout d'abord, il faut préciser que la série a été diffusé sur HBO... A croire que les séries hors-du-commun d'HBO doivent forcément s'arrêter après deux saisons (même si, pour Rome, les coûts de production expliquent mieux l'arrêt). Dans tous les cas, HBO représente un signe de qualité. Elle a été créée par Daniel Knauf, un monsieur par forcément très connu mais réputé pour ses scénarios tordus, qui a d'ailleurs valu à son film d'être refusé plusieurs fois avant de devenir une série pour HBO. Elle est le fruit de la collaboration de plusieurs maîtres, comme par exemple Ronald D. Moore, LE monsieur de Battlestar Galactica, qui était ici producteur éxecutif et qui signe le scénario de plusieurs épisodes. On peut aussi retrouver Rodrigo Garcia et Jeremy Podeswa, qui ont aussi bossé sur Six Feet Under. Pas vraiment des débutants, donc.



    Allez, on parle un peu du scénario. L'histoire prend place au coeur des Etats-Unis, aux alentours de 1934. La situation est délicate : la deuxième Guerre Mondiale est sur le point de pointer le bout de sa Luftwaffe, le gigantesque krash boursier de Wall Street de 1929 est responsable de la Grande Dépression, et les Middle West subissent le Dust Bowl, gigantesque tempête de poussière.
    La fameuse Carnivàle est une foire itinérante, parcourant tous les Etats-Unis pour apporter un peu de joies aux habitants. Comme le dit Sofie, « The people in these towns...They're asleep. All day at work, at home... Just sleepwalkers. We wake them up. » Ainsi, les membres de la Carnivàle ont tous un talent ou une particularité, qui explique leur présence. L'un est un aveugle qui voit beaucoup plus qu'on ne le croit, l'autre soigne les gens... Sans oublier évidemment la femme à barbe, les siamoises, ou encore le boss de la troupe, un nain ! Enfin, l'un des personnages les plus énigmatiques et intéressants réside en un prêtre, qui possède de bien étranges pouvoirs (notez le sens du dramatique)...
    On retrouve dans ce casting beaucoup de visages connus par leurs séries précédentes ou futures : l'aveugle Lodz dont je parle un chouïa plus haut est interprété par Patrick Bauchau, qu'on avant vu dans Le Caméléon. Le héros de l'aventure, Ben Hawkins, est lui joué par Nick Stahl (Terminator 3), l'un de ses jeunots d'Hollywood comme Shia LaBeouf qui ont le don de m'exaspérer au plus au point. Finalement, il s'en sort plutôt bien. Mais le vrai bijou de la série reste Clea DuVall, qui joue un petit rôle dans Heroes en la personne de l'agent du FBI Audrey Hanson (mais si, la pote à Parkman), mais qui est ici une pure merveille dans son rôle de Sofie, une cartomancienne télékinésiste.



    Merci HBO. Mais cette foire itinérante n'est pas le seule élément du scénario, puisqu'elle n'est finalement que la partie émergée de l'iceberg. Plus profondément, Carnivàle dépeint un combat titanesque entre le Bien et le Mal. N'en étant encore qu'au début de la saison 1, cette trame n'est pas encore bien développée, mais le tout s'avère incroyablement passionant dès le début.
    Avant de terminer, je me dois de parler du générique... Comme pour Rome, celui-ci dure une bonne minute et demi, et il est simplement le plus beau que j'ai pu voir. D'ailleurs, cela ne m'étonnerait pas que ce soit le même qui ait réalisé les génériques de Carnivàle et Rome (en tout cas, l'auteur de la musique est le même), puisqu'ils reprennent le même procédé à base d'un mélange de 3D et de 2D, montrant des peintures célèbres dans lesquelles la caméra se déplace et les fait vivre.
    Et cela est plutôt représentatif de la série elle-même : une ambiance très particulière, une âme vraiment bien présente, qui la rend tout de suite hors-du-commun et la place au dessus du lot, pour la personne recherchant de l'originalité quitte à découvrir un monde plutôt barré. Au déroulement lent (encore un point commun avec Rome), elle nous dépeint des personnages aux psychologies on ne peut plus développées. En deux mots, Carnivàle est intrigante et surprenante dès les premières secondes, et mérite bel et bien les éloges qui lui sont faites, quel dommage qu'elle ait été arrêtée si tôt.


Carnivàle, série de Daniel Knauf (deux saisons de 12 épisodes), disponible en DVD.

  • Un excellent site de fan, avec notamment une analyse complète du générique