Poétiques présentations. Ah, Final Fantasy... Sans doute la série de jeux de rôle la plus vendue, et l'une des valeurs sûres du secteur. A l'heure où les jeux vidéos ne jurent plus que par la Nouvelle Génération, les nouvelles possibilités offertes et autres Haute Définition Super Sensorielle Avec Plein De Majuscules, le nouveau Final Fantasy est récemment sorti sur Playstation 2 (ouais, l'ancienne, là), et entend bien mettre tout le monde d'accord. Alors, évidemment, il est inutile de dire que le douzième (ça fait bizarre à écrire, comme ça) volet de FF a été attendu pendant un sacré bon moment, à la fois par les fans acharnés qui ont passé des centaines d'heures sur les précédents, et également par les joueurs lambda, qui savent bien que Final Fantasy est très souvent synonyme de jeu qui tue les babouins et leur tribu. Pour ma part, je me range dans ces derniers.
    Ainsi, au moment de lancer le jeu, une douce sensation de bien-être se fait bientôt sentir... Calmement, l'ensemble se met en route. Quand soudain, arrive la cinématique d'introduction... Et là, c'est la claque en pleine poire, comme avec tout bon Final Fantasy qui se respecte. Oui, les monsieurs de chez Square Enix sont des génies du graphisme et de la programmation, et le résultat à l'écran est simplement bluffant. Le tableau est posé d'emblée : dans la Cité Royale de Rabanastre, d'une opulence extrême, la Princesse Ashe et le Prince Rassler célèbrent leur mariage en grande pompe... Mais voilà que la cité est attaquée par l'Empire d'Archadia, bien décidé à envahir et annexer Rabanastre et tout son Royaume. Tandis que la bataille fait rage, la somptueuse musique de Hitoshi Sakimoto se fait plus présente que jamais... Et le tout est absolument prodigieux, puisant dans plusieurs références telles que Star Wars ou les guerres de la Rome Antique.
    En bref, ce douzième volet ne déroge pas à la règle d'excellence des scènes cinématiques dans un Final Fantasy. Le scénario est également un modèle du genre, avec juste ce qu'il faut de profondeur et de rebondissements. Les conflits entre Royaumes, les guerres, la Résistance... Le tout est assez délicat à suivre, mais on s'y fait dès que l'on arrive à se rappeler de tous les personnages. Le héros de l'histoire vous sera présenté bien assez tôt, en la personne de Vaan, délinquant humain de 17 ans au costume tout droit sorti d'une boîte fétichiste, dont le rêve est de devenir un Pirate du Ciel. Les vaisseaux... Sublime architecture pour émerveillement des yeux.



    Un folklore cosmopolite (ouf). Tout, absolument tous les éléments de Final Fantasy XII ont été créé dans le seul but d'émerveiller, de sublimer une réalité. Flâner dans les rues de la sublime cité de Rabanastre, les subtiles mélodies nous accompagnant, en étant rien d'autre qu'un homme au milieu d'une population, tout cela oblige à admirer la somptuosité de l'oeuvre des hommes de Square Enix. Dans les rues de l'antique Cité Royale, on peut croiser des individus divers et variés, comme les Vangaas et leur allure de reptiles, les Viéras et leurs oreilles de lapins, ou encore les Mogs, ces mignonnes petites créatures. D'ailleurs, ceux et celles qui auront joué à Final Fantasy Tactics (ou Final Fantasy Tactics Advance) ne seront pas dépaysés, FF XII reprenant le même univers ! C'est donc un bonheur pour les fans de voir le monde d'Ivalice prendre vie sous leurs yeux.
    Pour autant, Rabanastre n'est pas la seule ville du jeu, et les quelques centaines de jeu que vous passerez devant votre télé vous emmeneront dans des endroits au moins aussi magiques, que ce soit des déserts, les Plaines de Giza, ou encore la somptueuse et on ne peut plus poétique cité suspendue de Bujherba. Les influences sont très souvent méditérranéennes, les designers ayant réussi l'exploit de créer un monde d'une beauté folle et empruntant autant au médiéval-fantastique qu'au folklore arabe. Sublime, tout simplement.
    Et dans cet univers d'une richesse surprenante, le héros évolue avec une liberté totale, toujours guidé mais jamais obligé. La quête principale vous demande bien évidemment de vous rendre à un endroit précis, mais les protagonistes que vous rencontrerez au cours de l'aventure vous demanderont également plusieurs choses à faire, comme aller chercher une plante pour soigner un malade, ou tuer des monstres un peu trop encombrant. Et des monstres, vous en aurez de toutes façons un bon paquet à combattre.



    Quand le Jeu devient Art. Mais attention, les combats ne resssemblent plus du tout à ce qu'ils étaient dans les précédents volets de la série, où les monstres apparaissaient au hasard et les attaques se faisaient au tour : l'ennemi m'attaque, puis à moi, ensuite c'est à lui, ah hop maintenant c'est à moi... Les développeurs se sont enfin rendus compte de tout l'ennui de la chose, les combats ayant vite tendance à endormir le joueur. Désormais, les monstres se promènent paisiblement dans les Plaines et autres terres, n'attendant que de se faire hacher menu par le fil de votre épée (ou l'une des innombrables armes disponibles). Tout se fait pratiquement en temps réel, le joueur pouvant "stopper" l'action à tout moment pour utiliser un objet, effectuer une technique spéciale, ou encore lancer un sort magique.
    Ce système de combat, dynamique et vivant, est d'ailleurs à l'image du jeu dans son ensemble. En effet, alors que je vous vantais les vertues quasi-thérapeutiques des sublimes images cinématiques au début de cet article, il faut également signaler qu'à aucun moment le joueur ne se sent spectateur. Et là aussi, c'est un grand pas de franchi par rapport aux précédents Final Fantasy, où les vidéos - certes sublimes - s'enchainaient, le joueur pouvant pratiquement poser sa manette sur la table et attendre... Ici les vidéos se réduisent au stricte nécessaire, permettant un bon développement du scénario en émerveillant le joueur, mais sans le lasser.
    En d'autres mots, Final Fantasy XII est là pour rappeler que le jeu vidéo peut très bien servir la notion d'Art, tout en n'étant pas un jeu Nouvelle Génération en Full HD et tout le tintouin. Il fait rêver, tout simplement parce que la beauté de l'image est mise au service d'un conte irrésistible, et d'un voyage unique dans un monde bel et bien vivant où le joueur est la clé de voûte. Et rien que pour ça, on ne le remerciera jamais assez. Poil au nez.


Final Fantasy XII (PS2), développé et produit par Square Enix, sortie le 22 février 2007.