The Good, The Bad & The Queen
Par Anansi le mardi 30 janvier 2007, 22:03 - Le canard et la musique - Lien permanent

Imaginez que le chanteur de Blur aille prendre un verre avec le bassiste des Clash, le guitariste des Verve et le batteur de Fela Ransome Kuti. Puis, parce qu'ils apprécient leurs sirops à la grenadine, ils se disent : "tiens, si on faisait un album ?" Et voici le groupe The Good, The Bad & The Queen, et son album éponyme.
Damon
Albarn, il est trop fort. C'est bien simple, il n'a jamais été
aussi actif que depuis la fin de Blur. Après son petit plaisir pop-cartoon
nommé Gorillaz (ah je me souviens de l'époque du tout premier album... Je
l'avais découvert parce que Didou le passait en boucle pendant le Dawa de Game
One... C'était le bon temps), le revoilà avec un nouveau projet, complètement
différent. Pour cette fois, Albarn alla chercher des
pionniers, des mythes dans leur domaine. Ainsi, on retrouve Paul
Simonon des Clash à la basse, Tony Allen de Fela
Ransome Kuti (et Africa 70) à la batterie, et Simon Tong des
Verve à la guitare. C'est quand même autre chose que Raoul, le gardien de
l'immeuble qui chante Help! à longueur de journée (on a tous notre
Raoul, à un moment ou à un autre de notre vie).
Bref, sur le papier c'est sacrément attirant, et le résultat
est à la hauteur des espérances. Ode au voyage autant spatial que temporel, le
disque nous emmène dans le music-hall avec un piano martelé et une odeur de
saloon, le punk londonien des belles années, où l'on n'avait pas besoin de
crier pour faire bouger les gens, sans oublier de passer par la musique
anglaise des années 50 à 70. Un peu des Who par-ci, des Clash par-là... Tout ça
dans une ambiance bel et bien originale, fruit d'un mélange des genres.
Le résultat est donc forcément jouissif, s'agissant bel et
bien d'un bel hommage à toutes ces références passées et à ces vieux quartiers
de Londres remplis de fantômes fumant du passé, en plus d'être un album avec
une véritable âme. On a un puissant bouquet d'idées, de sensations, de
sentiments, de styles, de matières brutes, qui doit se laisser écouter
plusieurs fois pour en assimiler la substantifique moëlle, comme le dirait ce
gros pervers de Rabelais.
C'est une
History Song qui ouvre le bal, débutant avec
un splendide riff de Simon Tong que l'on retrouve tout au long
de la chanson. Ce premier titre annonce tout de suite la couleur : portée par
la voix posée et planante de Damon Albarn, on est tout de
suite transporté dans une espèce de monde parallèle, calmant et bonifiant. Puis
un gros piano s'invite à la fête... Il ne manque plus que le grondement d'un
orage et on se croirait revenu au temps de Quadrophenia et son Love, Reign
o'er Me, ma chanson préférée des Who.
Puis vient 80's Life, chanson au titre évocateur,
qui nous ramène encore une fois quelques dixaines d'années en arrière... Ah ce
doux piano, cette basse sautillante, cette voix planante
d'Albarn... Cette alchimie est hors-du-commun. Puis, au détour
des 12 pistes que compose l'album, on a l'occasion de visiter plusieurs
endroits, tel que ce divin Kingdom Of Doom. Encore une fois, on a
cette unité magique entre la guitare, la basse, les percus et le piano,
auxquels ont été ici ajoutés plusieurs petits éléments électriques.
On retrouve également Herculean, le
single sonnant très Gorillaz, et d'autres chansons où Albarn
montre vraiment toute sa classe de chanteur, en particulier The Bunting
Song ou The Soldier's Tale et sa sublime guitare folk. Puis, le
voyage se termine avec The Good, The Bad and The Queen, à la fois nom
de l'album et du groupe... Quintessence magnifiée de tout ce que contient
l'album, elle constitue une véritable perle de 7 minutes, orgie musicale
démente et complètement déphasée. Incroyable.
Fidèle à
lui-même, Albarn a énormément soigné le
contenu, mais également le contenant ; on retrouve donc encore une fois une
superbe iconographie, le principe étant certes moins poussé que pour Gorillaz,
mais tout de même superbe. Il n'y a qu'à voir la couverture,
qui est un détail de The Tower and the Mint, une peinture de Thomas Sotter Boys
datant de la moitié du XIXème siècle, pour se dire que les visuels n'ont pas
été oubliés. Pinaise, c'est beau.
D'ailleurs, je vous recommande la version collector de
l'album qui, en plus de proposer un DVD avec des trucs dedans (trois titres
live, une vidéo de la répét de A Soldier's Tale, et une interview)
histoire de justifier son prix, a un packaging tout en "beau carton qui sent
bon le vieux". Ouaip, vous vous en foutez sûrement, mais pour moi ce sont ces
petits détails qui font la différence. Le tout est parsemé de dessins de
Simonon ou Albarn, l'ensemble formant une
continuité avec l'univers mis en place par l'album.
En bref, on a donc un excellent album comme on en fait peu
maintenant, avec une vraie âme et un savoir-faire sans pareil. Damon
Albarn frappe encore un grand coup pour son nouveau projet, quittant
la pop pour un rock alternatif mélodieux. Lui et ses amis nous offrent un bijou
de sensiblilité, de beauté, de classe brute, qui ne laisse apprécier et ne
révèle ses différents arômes que si on prend le temps de s'en occuper, de le
bichonner.
The Good, The Bad & The Queen, album de... The Good, The Bad & The Queen, sortie le 22 janvier 2007 (Parlophone).
- Site officiel français.
- Vous pouvez aussi aller sur le site officiel anglais.
- Et, enfin, le myspace du groupe, où plusieurs titres sont en écoute


Commentaires
Marrant, j'ai l'impression d'avoir lu cette accroche d'article quelque part... Le canard, c'est Ben ? Ou bien y aurait-il plagiat ?
Qui, que, oh ?
[*va voir sur le blog de Ben]
Bouse, ah ben effectivement, l'accroche est pratiquement la même ! Désolé, en tout cas le plagiat n'est pas volontaire !:s
Hum... Du mal à y croire... Re-hum... ^^
en même temps y a peut-être pas 50 manières d'approcher le truc 'fin bon vive les sex pistols!
Ben en fait pour "approcher le truc" justement j''essaie à chaque fois de parler d'un fait important, et ici le point de départ c'est quand même le chanteur de Blur, le bassiste des Clash, le guitariste des Verve et le batteur des Fela Ransome Kuti qui font un CD ensemble... Après, ce n'est que coïncidence, parce que Ben et moi avons eu la même approche vis-à-vis du truc.
Et puis tu sais Daria, si je tiens ce blog c'est uniquement pour me faire plaisir ; j'écris des pseudos-articles parce que j'aime écrire tout simplement, parce que ça me plait. Je n'ai aucune obligation, ni quoi que ce soit d'autre : j'écris parce que j'aime écrire, encore une fois. Je n'ai donc aucun intérêt à m'amuser à plagier les textes d'autres personnes ^^ Et en particulier Ben, que j'apprécie beaucoup.
Tu dis ça uniquement pour que je vienne mettre un commentaire mon bon Mr canard!
Je plussoie, difficile de ne pas parler en introduction du mélange des genres et des talents, même si je suis plus modéré sur l'album que je trouve parfois assez chiant et trop centré sur Albarn. Si les qualités musicales sont indéniables, je trouve que ça manque un peu de folie.
Par ailleurs je ne saurais que conseiller le nouvel album des Shins qui est vraiment super sympa et que j'écoute en boucle depuis ce matin.
Oki, je vais écouter ça tiens ! Direction le myspace des Shins
En plus
ils ont mis toutes les chansons de leur album en ligne apparemment (ou au moins
une grosse portion, je suppose), sympas les mecs !
Il est un poil moins bien que le dernier, mais il contient quelques perles
N'hésite pas à fouiller sur youtube, tu trouveras les clips de Saint Simon et Pink Bullets qui sont vraiment deux petites merveilles.
Suis un peu en retard par rapport à mon dernier commentaire. C'était juste pour dire : ne te méprends pas : il n'y avait aucune intention malveillante ou critique de ma part. Au contraire, j'adore ce que tu fais (et la petite vidéo surtout, en haut, à droite, qui change) et c'est toujours un plaisir de te lire.
Et puis si y'en a un qui a plagié, tel que je le connais, ça doit encore être l'autre feignasse de Ben ^^
Y'a pas de mal
Et merci pour les compliments, ça fait plaisir !
et la radio canard c'est de la bombe wesh wesh gros in da place :petitjournalpipole: