The Illusionist, de Neil Burger
Par Anansi le jeudi 25 janvier 2007, 15:35 - Pellicule aviaire - Lien permanent

Ancré dans un Vienne du début des années 1900, The Illusionist narre l'histoire de Herr Einseheim, un magicien illusioniste qui se retrouva bien vite confronté à un Prince héritier un poil trop ambitieux. Magie, manipulations, faux-semblants, illusions... Tout est là.
Nous
sommes au tout début du XXème siècle, à Vienne. A cette époque,
un illusioniste du nom d'Eisenheim gravit peu à peu les marches de la
célébrité, jusqu'à devenir une vraie star locale. Mais ses prestations ne
passent pas inaperçues : il va vite se trouver un ennemi en la personne du
Prince héritier Léopold, qui charge alors l'inspecteur Uhl (ça c'est du nom
ridicule, où je m'y connais pas) d'enquêter sur l'illusioniste. Et puis, pour
ne rien arranger, Eisenheim entretient une relation plus ou moins cachée avec
la compagne du futur Prince, Sophie von Teschen, les deux amoureux se
connaissant depuis leur plus tendre enfance.
Voilà grosso modo le topo concernant The
Illusionist, le film de Neil Burger. Alors que l'on
pourrait croire aux premiers abords qu'il s'agit d'un film proche de
l'excellentissime The Prestige de Christopher Nolan,
il n'en est finalement rien, poil aux mains. Alors, oui, évidemment, les deux
films parlent de magiciens régnant dans un monde rappelant furieusement
l'époque victorienne. Mais, là où Nolan peignait les portraits
de deux rivaux s'entredéchirant, Burger (marrant, ce nom) se
focalise ici sur un seul personnage et ses relations avec le
gouvernement.
Ce personnage est bien évidemment Herr Eisenheim, joué par
Edward Norton, le meilleur acteur du monde entier (et qui est
d'ailleurs la raison principale pour laquelle je suis allé voir ce film, en
fait). Eisenheim est un personnage torturé, énigmatique à un point
pathologique, et Norton y amène une aura sombre, malsaine, démesurément
psychopathe. Génial.
Il sera
confronté à toute une galerie de personnages tout aussi
intéressant, à commencer par le chef de la Police locale, joué par l'excellent
Paul Giamatti (la deuxième raison), que l'on avait croisé il y
a peu en compagnie d'une Jeune Fille ennuyeuse, au bord d'une piscine. Il joue
à merveille ce personnage multi-facette, obligé de faire son travail mais
possédant une conscience l'obligeant à se poser des questions. Il va donc
enquêter sur Eisenheim et sa relation avec la future Princesse, incarnée par la
très belle mais très fade Jessica Biel.
Tout cela nous fournit un scénario passionant, les
faux-semblants et les rebondissements étant monnaie courante dans cet univers
de presdi... prestigiti... de magie. Tout n'est pas forcément ce qu'il paraît
être, et le scénario joue à merveille sur cet aspect. Ainsi, sans atteindre la
finesse et l'intelligence de The Prestige (ah ben je suis bien obligé
de les comparer), The Illusionist est passionant du début à la fin. Le
petit monde de la magie va vite se retrouver emmelé à de sombres machinations
politiques, la barrière entre le surnaturel et le réel étant vite floue.
Mais, au lieu de nous expliquer tout le coté mécanique de la
magie, fait de contre-poids, rouages et autres mécanismes, le réalisateur joue
plus sur l'aspect « inexplicable » et paranormal, car il ne faut pas
oublier que Eisenheim est un illusioniste au sens strict du terme, pas un
magicien faisant apparaître des lapins dans un chapeau melon. Notre bonhomme
fait disparaitre des montagnes, fait parler les morts, et encore tout un tas de
trucs droles... Mais ne couche pas avec Claudia Schiffer, par contre.
On flirte
donc constamment avec la magie telle qu'on la retrouve dans les
contes, faite de phénomènes « dépassant l'entendement » comme ils
disent dans les cirques au moment où un homme en costume moulant s'amuse à
jongler, debout sur un cheval. Mais l'ambiance victorienne et les troubles
d'Einsenheim nous ramène bien vite à la réalité, et toute sa cruauté. The
Prestige et The Illusionist ont donc ça en commun : une volonté
de démystifier le monde de la magie (mais avec respect), quitte à faire couler
du sang.
Pour conclure, et parce qu'il faut bien que cet article se
finisse un jour, on peut donc dire (en tout cas moi je le dis, j'ai pas peur !)
que le film de Neil Burger est un très bon film, même s'il
n'atteint pas l'excellence de celui de Christopher Nolan. Là
où ce dernier nous emmenait une splendide broderie surréelle, le script jouant
toujours avec une finesse inouïe entre les flash-backs et les retournements de
situations, The Illusionist est beaucoup plus linéaire, jouant plus
sur la carte du twist final expliquant tout le film, à la manière d'un
Shyamalan.
L'effet de surprise est donc absent, étant donné que le
spectateur s'attend à une fin de ce genre, mais ce final n'en est pas moins
intelligent et clot avec beauté un film qui mérite le déplacement, porté par un
Edward Norton toujours aussi classe.
The Illusionist, film de Neil Burger, sortie le 17 janvier 2007.


Commentaires
Pour avoir participer a la soirée...que dis-je ! aux deux soirées ou nous sommes allé voir The prestige et The illusionist...je me permet de confirmé tes dires...
Ces deux petits bijoux sont absolument a voir !! (non j'ai pas d'actions dans ces films je le jure ^^)
plus objectivement.... il y a effectivement une difference de niveau entre les deux mais ca serais méprisable que d'en mettre seulement un en avant alors qu'il merite tout deux le detourd
sans forcement cassé trois pattes a un canard (d'où expression à deux balles? personnes connais? oki je sors...) The illusionist ma fait passé un bon moment en compagnie de mon sac a pop corn !
ah oui ! pour finir....Edward Norton.... il joue trop mal....
Raaaah non frappé pas monsieur le gentil canard !
hu hu!