He took off his shadow and put it on mine. Ce fut en septembre 2005 qu'arriva le huitième album du groupe français Dionysos, à savoir Monsters in Love. Mathias Malzieu, lead singer et auteur, nous y peignait un monde inquiétant, un conte de fée baroque, l'ombre de Tim Burton et de Roald Dahl planant tout au long des 16 chansons. Ainsi, au détour d'un rivière en chocolat, on put découvrir une galerie de personnages plus ou moins effrayants, chacun possédant une certaine forme de monstruosité : Miss Acacia a des pointes qui lui pousse sur tout le corps lorsqu'elle est trop amoureuse, ce qui tue ses amants, une autre personne est un homme qui pond des oeufs lorsqu'il est trop amoureux, Giant Jack a une ombre trop grande pour lui, un autre homme s'est fait tranformer en chat par une sorcière...
    Quant à décrire le style musical pour ceux qui ne connaissent pas du tout les Dio (ça existe ?), autant dire que c'est mission impossible : on peut certes appeler ça du "rock" pour faciliter les choses, mais les influences sont tellement diverses qu'il faut écouter, tout simplement. En tout cas, concernant seulement Monsters in Love, je suis complètement fan, rien ne me plaisant plus que cet univers "conte de fée dérangé".
    Malgré tout, aussi puissant que soit cet album, les Dio sont surtout connus pour leur prestation en concert, ce qui les a petit-à-petit amené à être considérés comme l'un des plus grands groupes live français, et à juste titre. Mathias Malzieu le poète se lache totalement sur scène, faisant le show comme très peu de monde le font aujourd'hui, et avec une pêche incroyable. La délicieuse Babet (Elisabeth Maistre, ou Babetouchka comme aime à l'appeler Mathias) au violon et au violoncelle est également extraordinaire. Suivent Eric Serra-Tosio à la batterie (et tout un tas d'autres trucs marrants comme une sonnette, des clés, des sifflets...), Guillaume Garidel (basse, contrebasse, appeau, claviers), Michael Ponton (guitare, lapsteel, scratchs...) et enfin Stephan Bertholio au ukulélé, banjo et la scie musicale (si si).



    Ta gueule le chat ! On retrouve donc tout ce beau monde sur Monsters in Live, un coffret deux DVD remplis de plein de belles choses. On a en effet l'habitude que les Dio ne se foutent pas de la tronche de ses fans, et encore une fois vous en aurez pour votre argent (à savoir 21€, une misère vu le contenu), bande de petits rapiats. Ici, nous avons droit à non pas un mais deux concerts, servis avec tout un tas de bonus, pour un total approchant les 6 heures de vidéo. Voyez donc :

DVD N°1
  • Le concert symphonique au Zénith de Paris
  • Trois clips : Tes Lacées Sont Des Fées, Neige, Miss Acacia
  • Titres live inédits : Song 2 de Blur, pendant le Zénith de Louise Attaque
  • Mister Chat : Malzieu et Cali à la Maroquinerie
DVD N°2
  • Le concert de l'Olympia (décembre 2005)
  • Monsters Stories (film de 56min de l'album et de la tournée)
  • Concert acoustique à Oui FM : Ciel En Sauce et Old Child
  • Live TV : Docteur Jekill & Mr Hyde à La Musicale de Canal +
  • Le Retour de Bloody Betty au Grand Journal de Canal +

    Oui, vous avez bien lu : concert symphonique au Zénith de Paris. L'évènement se déroula en octobre 2006 : dans cette immense salle, le groupe joua un concert somptueux, accompagné sur scène par l'Orchestre Synfionetta de l'Ecole Nationale de Danse et de Musique de Belfort. Ce furent donc ni plus ni moins que 60 musiciens qui donnèrent un aspect quasi-mythique au rock poétique et nerveux des Dio : voir par exemple Babet accompagnée par tout l'orchestre tandis que Mathias chante Thank You Satan, c'est juste merveilleux. Le concert entier est d'une beauté exceptionnelle, et le coté baroque amené par les chansons issues de Monsters in Love est transcendé par l'orchestre, à tel point qu'on croirait entendre du Danny Elfman.



    Giant Jack is on my back now. Mais attention, le concert à l'Olympia n'est pas dégueu non plus : même s'il est forcément moins spectaculaire que celui du Zénith (et puis l'Olympia est aussi sacrément plus petit que le Zénith), il n'en reste pas moins excellent, les Dio faisant un show extraordinaire même en l'absence d'un orchestre symphonique.
    Ainsi, fidèle à lui-même, Mathias court, saute, roule... Et plonge dans le public pour se laisser porter par la foule. Jusqu'à atteindre le balcon, qu'il décide d'escalader. Un dingue. La Babetouchka avec ses deux petites couettes croquignolettes montre encore une fois sa grande virtuosité au violon et au chant, tout ça me faisant attendre avec encore plus d'impatience son album solo début mars (je vous en parle bientôt), et surtout la tournée qui l'accompagne.
    Le documentaire Monsters Stories revient lui sur toute la conception de l'album et de la tournée, faisant intervenir tout un tas de (attention, je prépare mon plus bel accent anglais) guest-staaarz (merci, merci), dont Cali, John Parish ou encore Olivia Ruiz (Mathias ayant participé à la conception de l'album La Femme Chocolat, et écrit trois titres dont La Femme Chocolat, justement).
    Pour tout ça et bien plus encore, Monsters in Live est un achat indispensable pour les fans de Dionysos ou plus généralement pour toutes les personnes réceptives au rock nerveux tendant même vers le punk lors de ces lives, mais toujours ancré dans un univers poétique. Bref, et au risque d'utiliser une vanne parachutée toute pourrie, ce double-DVD est bel et bien monstrueux. Achetez-le, c'est un ordre !


Monsters in Live, DVD musical de Dionysos, sortie le 8 janvier 2007.
  • Jaquette du double-DVD.
  • Il y a aussi la jaquette du CD, captation du concert symphonique.
  • Et, pour finir, la somptueuse couverture par Joann Sfar de Monsters in Love, qui vient d'être réédité : il est maintenant accompagné d'un deuxième CD, le concert à l'Olympia.