"Save the cheerleader, save the world" : Heroes
Par Anansi le jeudi 11 janvier 2007, 16:29 - Le coin-coin des séries - Lien permanent

J'ai toujours une certaine appréhension vis-à-vis des séries TV profitant d'un buzz énorme avant même leur diffusion. Tel fut le cas de Heroes, show aux allures de comic-book qui démarra en septembre dernier sur la chaine américaine NBC, et qui arrivera bientôt sur TF1 (bien évidemment). Après 11 épisodes, voyons si mes doutes étaient fondés.
"I want to
boldly go... Oui, j'ai vraiment énormément d'appréhension pour
les séries catapultées "show évènement" du jour au lendemain. Il faut dire que
la dernière série ayant profité de ce phénomène fut Lost, une série
bien pérave. Pour Heroes, ça partait au moins aussi mal, étant donné
le scénario en lui-même dans un premier temps, qui ne brille pas
particulièrement par son originalité : au quatre coin du globe (sic), plusieurs
individus apparemment normaux se voient dotés de pouvoirs extraordinaires. Bon
sang, quelle puissance d'esprit ! L'un aura la capacité de voler, l'autre de
voir l'avenir, l'autre de manipuler le temps, une autre se prend pour Wolverine
(comprenez qu'elle est capable de régénération cellulaire)... Toute une galerie
de personnages, que l'on découvre au fur et à mesure de l'histoire.
La série se veut donc bel et bien ancrée dans le monde réel,
malgré des personnages hors-du-commun. Il est bien loin le temps où les
super-héros se baladent en costumes bleu et rouge avec leur slip sur leur
pantalon, fracassant du chauve à outrance. Désormais, psychose et dramatisation
américaines obligent, les super héros sont des drogués, des aliénés,... Des
torturés dans tous les cas, qu'ils en soient conscients ou non. De ce fait, et
même si le scénario met en jeu une apocalypse pas piquée des hannetons, la
série se focalisera souvent sur les relations entre les Heroes et leurs
pouvoirs qu'ils doivent maitriser. Les protagonistes sont en effet ancrés dans
un état d'esprit inhibant toute intrusion du "paranormal", les obligeant à
douter de leurs pouvoirs. Les quelques personnes conscientes de leurs facultés
passent de ce fait pour des naïfs, à l'image de ce geek japonais fan de
Star Trek.
Bref, contrairement au sémillant Peter Parker (ah Spiderman,
ça c'est un vrai super-héros, madame !), nos amis - pour la plupart - se
cognent totalement des grandes responsabilités devant normalement incomber à un
grand pouvoir. Nous suivrons donc Peter Petrelli (le "personnage principal", si
tant est qu'il y en ait un) dans ses déboires avec son frère, Nathan, homme
politique au coeur de pierre ; Claire Bennet, pom-pom girl, et encore
énormément de personnages, dans des aventures permettant souvent des
chassés-croisés entre chaque protagoniste.

...where
no man... Malheureusement, les nombreux personnages sont
justement l'un des points noirs de la série. Comme dans Lost (hé oui),
on a très souvent l'impression d'une histoire décousue, les scénaristes
jonglant entre des évènements cruciaux et d'autres sans aucun intérêt. Ainsi,
tandis que tout semble se mettre en place dans les deux ou trois premiers
épisodes, avec le méchant Sylar qui nous est présenté, l'histoire ne décolle
véritablement qu'au septième voire huitième épisode, Sylar ayant décidé d'aller
bronzer au club med pendant les épisodes 3 à 8. On prend donc énormément de
temps à rentrer dans l'histoire (enfin, je parle pour moi... J'ai lu
qu'énormément de personnes sont devenues accrocs après seulement quelques
épisodes, il faudra m'expliquer), les scénaristes n'ayant pas trop l'air de
savoir comment et quand tout mettre en relation.
Par contre, lorsque le scénario se décide enfin à se bouger,
on a vraiment une série de qualité, à l'intrigue palpitante et un rythme
soutenu très agréable. C'est à ce moment-là qu'on entrevoit vraiment les
qualités des auteurs, avec des histoires entremelant efficacement tous les
personnages, chacun étant lié à l'autre, de par leurs incroyables facultés. On
se dit donc que les déboires du début de la saison étaient dûes à la volonté de
poser l'univers, pour mieux lancer l'intrigue... Je l'espère, en tout
cas.
Malgré tout, la surenchère de cliffhangers dont nous avons
droit systématiquement droit (tiens, encore un point commun avec
Lost...) est particulièrement frustrante, tous les épisodes se
finissant sur un "to be continued" plus lassant que fidélisant. En découle le
sentiment d'un déroulement saccadé de l'histoire, les révélations se faisant au
compte-goutte, tandis que de nouvelles interrogations pointent le bout de leur
petit nez fourbe.

...has
gone before !" Mais enfin, Heroes reste tout de même
une bonne série, même si elle est loin d'accéder au titre de série culte qu'on
lui avait prédit. Tout d'abord, le coté comic-book assumé est très plaisant à
voir (même si on ne le retrouve pas dans la réalisation, comme Ang
Lee avait pu le faire avec Hulk), le site officiel du show
proposant même de télécharger régulièrement des comics online servant à
développer son univers. En voilà une très bonne idée, les comics paraissant
d'ailleurs d'assez bonne qualité, bien que je ne sois pas non plus un
spécialiste des comics, mes seules possessions étant pas mal de Spiderman et de
Neil Gaiman.
La psychologie des personnages est également bien
développée, même si certains sont beaucoup plus charismatiques que d'autres
(Hiro le voyageur dans le temps et Isaac le prophète toxicomane sont
excellents). En tout cas, le coté "patchwork" de l'ensemble est vraiment
passionant, chaque personnage commençant seul l'aventure, mais comprenant bien
vite qu'il y en a "d'autres comme lui", et qu'il va devoir compter sur eux s'il
veut pouvoir stopper l'apocalypse se préparant (je ne vous en dis pas plus,
petits sagouins). De ce coté-ci, on est loin de Lost et de ces
personnages se croisant quelquefois sans aucune raison, si ce n'est de faire
réagir les fanboys sur leurs forums. Dans Heroes, chacun est lié à
l'autre parce qu'il a besoin de lui, parce qu'ils doivent absolument agir
ensemble s'ils veulent espérer changer le cours des choses.
Bref, comme vous avez pu le voir, mes avis sont plutôt
partagés à propos de Heroes : possédant un potentiel énorme, il ne
reste plus qu'aux auteurs de savoir bien l'utiliser, ce qu'ils n'ont pas
toujours bien fait jusqu'à présent. Espérons seulement que la qualité montant
crescendo depuis les épisodes 7-8 reste au rendez-vous, et que cette série ne
suive pas le même destin que Lost, c'est-à-dire un gros gachis
télévisuel. On verra bien, comme le disait Marie Ingalls.
Heroes, série de Tim Kring, actuellement sur NBC et en septembre 2007 sur TF1.
- Le site officiel de la série.
- Il y a aussi le site "presqu'officiel", très beau.


Commentaires
Ah !
Certes, tout les épisodes ne sont pas de la même qualité, certe le début est assez lent, l'univers et l'intrigue (ou les intrigues) devant être posés, certes, parfois on laisse de coté un bout de l'histoire pendant quelques épisodes... Pour mieux y revenir ensuite !
Ce qui fait la force de Heroes, c'est cette ambiance, cette fine psychologie des personnages, des caractères et aspirations différentes, parcemés... Pour mieux se rejoindre par la suite, s'entrecroiser et se complèter, chaque personnage apportant son complèment à l'histoire et l'intrigue générale.
C'est finement écrit, on est loin des idées balancés en vracs comme dans Lost qui sont réutilisés ensuite pour mieux faire durer la série, dans Heroes, rien n'est gratuit et tout sait arriver à point.
Bien sûr la mode est au clifhanger de fin d'épisode, ce qui laisse sur sa faim mais permet de mieux repenser à l'épisode par la suite : pourquoi ? Comment ? Qui que quoi dont où ?
Non vraiment, Heroes est pour l'instant à 100 000 lieux de séries comme Lost, Prison Break ou 24. Esperont que cela dure et que le succès et l'appât de gain potentiel d'un millier de saisons ne gâche pas cette série.
Personnellement j'ai accroché dès le deuxième épisode.
En fait la série nous promet beaucoup, l'avenir nous dira si elle tient ses promesses ou si elle esquive par une pirouette scénaristique, bon par contre mettre prison break et 24 dans le même sac que lost ouch quoi. Personnellement la mode des cliffhanger me gêne pas tant que ça, ça signifie juste que y a un fil conducteur puis vu la difficulté qu'ont les séries à durer plus de 10 épisodes faut bien fideliser les pestacteurs. allez laissons la saison se finir pour vraiment juger et Flaaaaame ON!
"prison break et 24 dans le même sac que lost ouch quoi"
Oui et non.
Malgrès un très très bon potentiel et un très bon début, on tombe malheureusement dans le "faire durer" concernant Lost. Et l'on se retrouve avec un début remplis de choses en tout genre qui demeurent inexpliqués, des élèments qui tentent de s'assembler tant bien que mal et beaucoup trop d'inutile juste présent pour faire durer. Et entre tout ça il y du très bon... Quel gâchi !
Pour Prison Break, on a eu un début sur 13 épisodes magnifique, très bien ficelé et en parfaite cohérence puis... une ralonge, pour faire tenir une saison, en étant désordonné et parfois peu cohérent et surtout avec un maque de profondeur, à mon avis. Mais ça restait correcte. La saison 2 est bien dessous, on passe de clifhanger en clifhanger et on progresse lentement, malgrès un très grand potentiel.
Pour 24, c'est encore pire, l'idée n'est en soit pas mauvaise que de décrire 24 heures de la vie d'une personne sur un évenement majeur, mais 24heures c'est long et il faut donc remplir. Et parfois on frise le pénible et l'on l'atteint aussi de temps en temps. Et bien sûr, l'américanisme bardé de super flic super puissant et le combat du bien contre le mal justifiant les pires atrocités possible lassent terriblement ou bout de quelques saisons.
Elles ont donc a mon avis toutes le même point commun: un fantastique potentiel, un très bon début et au fils des saisons elles ne savent pas se renouveller mais juste distiller un peut de ce qui a fait leur succès. Peut être que c'est le destin tragique de toute série, malheureusement
Merci chabie pour le "bonne continuation", mais j'ai de l'urticaire à chaque fois que je vois du langage sms, donc hop, message supprimé, désolé
Revenons à nos moutons
Je suis plus que d'accord pour Lost, qui n'est
rien d'autre aujourd'hui qu'une espèce de gros bonhomme anesthésié, limite
agonisant. D'ailleurs tiens je ne suis pas au courant des audiences de la
saison 3, mais pour la saison 2 c'était pas vraiment la fête chez ABC.
Ensuite pour Prison Break, il est vrai qu'il y a eu deux-trois épisodes de la saison 2 contenant tellement de rebondissements que ça en devient indigeste, mais d'un point de vue général, je trouve ça tellement rythmé et viscéral que ça excuse ça.
Pour 24 par contre je ne dis rien, j'ai jamais vu aucun épisode :niais: