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  <title>L'histoire d'un canard numérique...</title>
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  <description>Le site culturel avec des canards et des lapins dedans</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 01 Dec 2008 22:31:54 +0100</pubDate>
  <copyright>Me contacter : Quadrophenial@gmail.com</copyright>
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    <title>Family Guy, de Seth McFarlane</title>
    <link>http://canard-peinard.info/post/2008/11/30/Family-Guy-de-Seth-McFarlane</link>
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    <pubDate>Sun, 30 Nov 2008 12:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Le coin-coin des séries</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/fam.png&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Première oeuvre du génial Seth McFarlane, &lt;em&gt;Family Guy&lt;/em&gt; (plus connue
en France sarkozyste sous le titre &lt;em&gt;Les Griffins&lt;/em&gt;) fait sans doute
partie de ce qui se fait de mieux actuellement dans le domaine des séries
animées. C'est vif, acerbe, absurde... En somme, ça fait tellement de bien
qu'on se demande pourquoi ça n'a pas encore été interdit par la Bible. Revenons
donc sur ce show, qui en est maintenant à sa septième saison aux Etats-Unis :
il n'est jamais trop tard pour bien faire.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/jaune.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/fam1.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Lucky there's a family
guyyyyyy...!&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Voilà quelques mois, je vous avais parlé d’&lt;em&gt;American
Dad&lt;/em&gt;, le dernier cartoon en date du sieur Seth McFarlane. Mais si,
souvenir-vous : il me semble bien avoir prononcé les mots &amp;quot;fantastique&amp;quot; et
&amp;quot;merveilleux&amp;quot;, tellement ce dessin animé est fantastiquement merveilleux. Mais,
la vie étant intrinsèquement injuste, je n’avais pas encore eu l’occasion de
vous parler de &lt;em&gt;Family Guy&lt;/em&gt;, la première œuvre du bonhomme, celle qui
lui a permis de &amp;quot;passer de pauvre immigré vietnamien à millionnaire caucasien&amp;quot;
(c’est lui qui le dit, je n’y suis pour rien).&lt;br /&gt;
    Hé bien, si vous le voulez, réparons cet affront, à grands
coups de clé à molette et mots qui se suivent pour former des phrases
électro-cosmico-fantasmagoriques. Parce que je pars du principe que vieux
motard que jamais, et puisque de toutes façons la Terre explosera dans quelques
jours maintenant, autant faire ce dont j’ai envie. &lt;em&gt;Family Guy&lt;/em&gt;, donc.
Débutée le 31 janvier 1999 sur la Fox, la série (intitulée &lt;em&gt;Les
Griffins&lt;/em&gt; en France française) met en scène les aventures et déboires d’une
petite famille moyenne de classe moyenne de l’Amérique moyenne.&lt;br /&gt;
    Le père, Peter, est une sorte de croisement entre un geek et
un produit périmé de la société de consommation : il ne vit que pour sa
télé, et profite de la première occasion venue pour balancer quelconque
référence à la pop culture. Avec ça, il est crétin, irresponsable, dénie toute
responsabilité, et il est la plupart du temps le seul à rire de ses propres
vannes. Finalement, malgré l’évident capital sympathie du personnage, on se
rend vite compte qu’il n’est pas franchement original ; l’archétype du père de
famille cinglé et loufoque (oui, &amp;quot;loufoque&amp;quot;. Moi aussi je peux utiliser des
mots ringards si je veux. Et d’ailleurs, si vous y réfléchissez, &amp;quot;ringard&amp;quot; est
lui-même un mot plutôt ringard).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/fam2.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;You wretched mother, why don't you go to hell
?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    On ne peut donc pas vraiment en vouloir aux fans des
&lt;em&gt;Simpsons&lt;/em&gt;, quand ils disent que &lt;em&gt;Family Guy&lt;/em&gt; est un plagiat. Les
ressemblances sont évidentes, Peter Griffin n’étant pas si éloigné d’un Homer
Simpson. De même, Loïs, la mère de famille dévouée et obéissante, est proche de
Marge… En fait, d’une manière générale, &lt;em&gt;Family Guy&lt;/em&gt; ne brille pas par
ses personnages, plutôt fades. A titre de comparaison, ceux d’&lt;em&gt;American
Dad&lt;/em&gt; ont plus de charisme, ont tout simplement plus d‘intérêt, et ne sont
pas là uniquement pour servir l‘intrigue.&lt;br /&gt;
    Exception faite (il y a toujours des exceptions, je suis un
scientifique avant tout) de Stewie, le bébé de famille… Un gosse de un an à
moitié fêlé, qui passe ses journée à vouloir tuer sa mère et à fomenter des
plans diaboliques pour asseoir sa domination sur le monde. Avec son vocabulaire
fleuri et son fantastique doublage en prime (time), Stewie est un bijou. Mais,
là où &lt;em&gt;Family Guy&lt;/em&gt; va chercher tout son immense potentiel comique, c‘est
dans la construction de ses épisodes, très particulière. En fait, ceux-ci sont
farcis de &amp;quot;gags-flashback&amp;quot; , sans aucun rapport avec l‘intrigue
principale.&lt;br /&gt;
    De ce fait, on baigne régulièrement dans l’absurde, sans
qu’il n’y ait véritablement d’histoire à proprement parler. Cela est surtout
vrai pour les trois premières saisons (la série en compte sept pour l‘instant),
les scénaristes ayant voulu par la suite donner plus de poids à leurs
histoires, à l’image d’&lt;em&gt;American Dad&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;Mézilnempêche&lt;/em&gt; que tous
ces gags-flashbacks intempestifs, véritable marque de fabrique de &lt;em&gt;Family
Guy&lt;/em&gt; sont un vrai régal pour qui aime l’humour grinçant et acéré, parfois
sans queue ni tête. En effet, les auteurs se servent de ces &amp;quot;vignettes&amp;quot; pour
balancer des vannes sur tout et n’importe quoi, et pour se vautrer avec joie
dans le politiquement incorrect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/fam3.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Un comique absurde comme les gens biens
l'aiment.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    De la même manière, Peter et Chris (le fiston de 14 ans)
étant des geeks finis, les critiques et piques sur un nombre incroyable de
personnalités, shows, films ou comics n’en finissent plus. Mais tout ça est
fait dans la bonne humeur : le créateur Seth McFarlane est les autres auteurs
sont des geeks avant tout, et profitent de leur série pour lancer des
références à leurs séries préférées. L’apothéose étant bien évidemment &lt;em&gt;Blue
Harvest&lt;/em&gt;, le double-épisode du début de la saison 6, hommage parodique à
&lt;em&gt;Star Wars&lt;/em&gt; lancé sous la bénédiction du violeur d’Indiana Jones, George
Lucas &lt;em&gt;himself&lt;/em&gt; (qui d’autre ?).&lt;br /&gt;
    Bon, évidemment, comme toutes les bonnes séries que
possèdent la Fox, elle fut annulé par cette dernière parce qu’elle n’amenait
pas assez de téléspectateurs. La chaîne l'a même annulé deux fois, tout d’abord
en 2000 après la deuxième saison, puis en 2002 après la troisième… Mais, par
deux fois, la série put reprendre, grâce aux grosses ventes de DVD et aux bons
taux d’audience des rediffs sur Carton Network. Ce fut même la première série
qui fut ressuscité grâce aux ventes de ses DVD, exploit qui sera réédité par la
suite pour une autre série de la Fox, la fantastique Futurama. Mais, pour
l’instant tout va bien pour &lt;em&gt;Family Guy&lt;/em&gt;, celle-ci étant désormais l’un
des faire-valoir de la chaîne.&lt;br /&gt;
    Et à juste titre : &lt;em&gt;Family Guy&lt;/em&gt; est vraiment
extraordinaire. Assez différente d’&lt;em&gt;American Dad&lt;/em&gt; pour que les deux ne
se phagocytent pas (la deuxième garde l’absurde de la première, en abandonnant
les &lt;em&gt;cutaway gags&lt;/em&gt; et en privilégiant l’histoire et les personnages),
elle est véritablement l’un des tout meilleurs shows actuels. Pour peu que vous
tombiez dessus sur Paris Premiere ou Canal quand ça passe, n’hésitez pas à y
jeter un coup d’œil : si vous aimez l’humour geek référentiel et absurde sans
qu‘il ne verse dans le n‘importe quoi sans âme, vous devriez là avoir votre
Saint Graal.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les Restes Du Monde, N°22</title>
    <link>http://canard-peinard.info/post/2008/11/16/Les-Restes-Du-Monde-N22</link>
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    <pubDate>Mon, 17 Nov 2008 14:13:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Restes du Monde</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/rdm22.png&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;    &lt;h3&gt;   &lt;span style=&quot;color: rgb(0, 100, 0);&quot;&gt;&lt;strong&gt;Oui, ces Restes
du Monde sont 100% médiévaux&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/rdm221.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.5em 1em 0em 0; float: left;&quot; /&gt;Décidément, Showtime s'est découvert
une passion pour l'Histoire. En effet, après &lt;em&gt;The Tudors&lt;/em&gt;, voilà que la
chaîne cablée (&lt;em&gt;Dexter&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Californication&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Weeds&lt;/em&gt;, tout
ça tout ça) désire monter une nouvelle série ayant pour thème Camelot et ses
preux chevalier de la Table Ronde. A la tête du projet, ni plus ni moins que
Michael Hirst et Morgan O'Sullivan, créateur-scénariste et collaborateur sur
&lt;em&gt;The Tudors&lt;/em&gt;. En gros, deux poids lourds : si la première saison des
&lt;em&gt;Tudors&lt;/em&gt; était plate, racoleuse et brouillonne, la saison 2 est
fantastique de bout en bout, ce qui nous laisse augurer de belles choses pour
ce Camelot. A la manière de sa grande sœur (et de Rome), la série sera financée
par différentes firmes de par le monde, puisque ce seront Showtime elle-même et
la BBC qui se chargeront de sortir les brouzoufs, puis, si le Pilote convient,
la production reviendra à Ecosse Films et Octagon Films. On n'en sait pas
beaucoup plus l'instant, l'intrigue reste floue, mais connaissant Hirst (qui
écrira tous les scénarios), on peut s'attendre à une reconstitution historique
pure, et pas forcément une pièce de théâtre pour ado comme le Merlin de la BBC
One (au fait, vous avez remarqué ? Quand vous tapez Merlin sur Google, vous
tombez en premier sur Leroy Merlin. Oui, ne me remerciez pas, je viens de vous
ensoleiller la journée).&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h3&gt;   &lt;span style=&quot;color: rgb(0, 100, 0);&quot;&gt;&lt;strong&gt;De Kaamelott à
Rome&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/rdm222.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;margin: 0.5em 0 0em 1em; float: right;&quot; /&gt;On reste encore avec ces bon vieux
Chevaliers de la Table Ronde, mais on retourne cette fois-ci en France, pour
parler de notre vision à nous, qui fait briller cette pauvre téloche française
depuis maintenant presque quatre ans (putain, déjà !). En effet, vous n'êtes
pas sans savoir que le Livre VI de &lt;em&gt;Kaamelott&lt;/em&gt; devrait débarquer en
début d'année prochaine, pour neuf épisodes de 40 minutes qui clôtureront la
série et ouvreront sur les films à venir... Hé oui, après ça, fini
&lt;em&gt;Kaamelott&lt;/em&gt; à la téloche. Je vous l'avais également dit, ce Livre VI
revient sur la Genèse, pas celle de la Bible, mais celle d'Arthur : son temps à
Rome, et son arrivée au Trône de Bretagne. Pour cela, toute l'équipe Lyonnaise
est partie à la Cinecittà de Rome, et les &lt;a style=&quot;font-weight: bold;&quot; href=&quot;http://onenagros.free.fr/?p=339#more-339&quot;&gt;premières images&lt;/a&gt; commencent à
arriver par &lt;a style=&quot;font-weight: bold;&quot; href=&quot;http://onenagros.free.fr/?p=345#more-345&quot;&gt;douzaines de milliers&lt;/a&gt;... Et,
franchement, ça tue. Déjà, Alexandre a &lt;em&gt;vraiment&lt;/em&gt; rajeuni de 15 ans. Et
puis on a droit à de &lt;em&gt;vrais&lt;/em&gt; costumes romains, et d'une manière générale
la production a mis les bouchées doubles sur la photographie et les décors...
Le fan absolu de la série &lt;em&gt;Rome&lt;/em&gt; que je suis, est d'ailleurs ravi de
voir les décors réutilisés (enfin, ceux qui n'ont pas brûlé, en tout cas). Il
suffit de ces trouzaines d'images (gracieusement fournies au sympathique site
On en a gros) pour se rendre compte que &lt;em&gt;Kaamelott, Livre 6 - Arturus
Rex&lt;/em&gt; (son titre officiel, assorti d'un nouveau logo) ne la joue pas petits
bras, et c'est là qu'on se dit qu'enfin, Alexandre Astier a pu avoir les moyens
de ses ambitions. C'est beau. En tout cas, si 2009 vous parait trop loin,
rabattez-vous en attendant sur le DVD du Livre V qui sortira le 26 novembre,
avec au programme un nouveau montage avec des images jamais vues à la télé
(oui, je fais de la pub, et je vous dis prout), un générique modifié, un rythme
différent et de la musique supplémentaire, ainsi qu'un teaser du Livre VI, et
les bonus habituels comme le bêtisier ou le docu de Christophe Chabert.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h3&gt;   &lt;span style=&quot;color: rgb(0, 100, 0);&quot;&gt;&lt;strong&gt;Changeons de
sujet, et d'Astier&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/rdm223.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.5em 1em 0em 0; float: left;&quot; /&gt;Puisque je suis un roi de la
transition, je vais encore vous parler d'un homme qui a eu les moyens de ses
ambitions... Et on ne s'éloigne pas trop, puisqu'il s'agit de Simon Astier,
demi-frangin d'Alexandre. Néanmoins, son actualité ne concerne pas
&lt;em&gt;Kaamelott&lt;/em&gt; mais une autre série, qu'il a créé avec ses mimines :
&lt;em&gt;Hero Corp&lt;/em&gt;. Diffusée depuis le 25 octobre dernier sur Comédie, la série
raconte l'histoire évidemment débile de super-héros déchus ou démotivés partis
prendre une retraite bien méritée en Lozère. Mais ces anciens membres de la
Héro Corp, aidés par un John (Simon) qui ne connait pas encore sa destinée,
devront reprendre du service lorsque The Lord reviendra sur Terre et menacera
de la détruire... En bref, de l'absurde, de l'humour bas de plafond revendiqué,
des super héros et du comics. Tout ce qu'aime son auteur. Pour incarner les
héros aux cotés de Simon Aster, on retrouve bien évidemment Alban Lenoir, ami
depuis toujours (leur précédente pièce de théatre, &lt;em&gt;Entre Deux&lt;/em&gt;, est
extraordinaire), et toute une troupe d'individus bien motivés à jouer ces
super-zéros super craignos. Alors, si vous captez Comédie (ou France 4 en
2009), faites-vous plaisir, vous soutiendrez un gars bien et vous aurez droit à
de la bonne comédie, ce qui est de plus en plus rare de nos jours.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Hellboy II, de Guillermo Del Toro</title>
    <link>http://canard-peinard.info/post/2008/11/11/Hellboy-II-de-Guillermo-Del-Toro</link>
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    <pubDate>Tue, 11 Nov 2008 10:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Pellicule aviaire</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/hellbo.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(Oui, quand il ne fait pas mumuse dans l'eau, Abe Sapiens fait des
cochonneries avec Neil Gaiman). La première incursion de Guillermo Del Toro
dans le comics de Mike Mignola ne s'était pas faite avec douceur : personnages
plats et histoire trop simpliste et grand public accouchèrent d'un film trop
bancal pour être bon. Mais, après avoir pondu &lt;em&gt;Le Labyrinthe de Pan&lt;/em&gt; (le
plus grand film de cette décennie), le réalisateur mexicain s'accorde une
deuxième virée avec Hellboy... Pour un film qui ne serait qu'un film d'action
simple (et simpliste) s'il ne disposait pas d'un ingrédient magique : les
fantastiques trouvailles visuelles de Del Toro.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/jaune.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/hellbo1.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Un scénario anecdotique.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Evidemment, c’est pour ça qu’on va le voir, cet &lt;em&gt;Hellboy
II&lt;/em&gt;. Pour l’imagination débridée de Guillermo Del Toro, le seul réalisateur
actuel qui sait ce que le mot &amp;quot;film fantastique&amp;quot; veut dire, et qui ne le fait
pas rimer avec &amp;quot;business pour enfants pathétique&amp;quot;. On veut voir des monstres
effrayants, des créatures poétiques, ésotériques, voir mystico-philosophiques.
On veut de la force antique. Et ces &lt;em&gt;Légions d’Or Maudites&lt;/em&gt; (pourquoi
maudites ?) nous offrent tout ça, sur un plateau d’argent incrusté de
diamant. Parce que, s’il ressort une seule chose de ce deuxième voyage du
réalisateur mexicain au pays du démon rouge, c’est qu’il s’est fait un plaisir
monstre. Les créatures magiques pleuvent sur chaque millimètre de la pellicule,
avec une générosité sans pareille.&lt;br /&gt;
    Dès la première scène, le phénomène est évident. Dans un
prologue nous rappelant l’histoire du héros tout en nous contant la nouvelle
intrigue, on voit s’étaler sous nos yeux une armée de marionnettes recréant
l’histoire des légions d’or, tandis qu’un Hellboy pré-pubère boit les paroles
de son père adoptif… Alors, en même temps que le héros, on apprend l’étendue du
scénario. Au temps où les elfes antiques – créatures de la nature – étaient
perpétuellement en guerre contre les humains, les premiers firent construire
une armée mi-organique mi-mécanique indestructible qui anéantirait leurs
ennemis. Mais devant l’ampleur du massacre, le Roi des Elfes fit enfermer la
Légion d’Or, et brisa en trois la couronne permettant de les contrôler.&lt;br /&gt;
    Alors, une trêve entre elfes et humains fut proclamée,
chacun vivant dans son monde. Mais, évidemment, le Prince Nuada n’était pas de
cet avis. Autant le dire clairement : le scénario de cet &lt;em&gt;Hellboy
II&lt;/em&gt; ne brille ni par son originalité, ni par sa profondeur. Tout fan
d’héroic-fantasy sera passionné, évidemment : mettez leur une trêve
antique, des elfes et des trolls dans un bocal, et il seront les plus heureux.
Mais, du point de vue même de Del Toro, l’intrigue du film n’est en fait qu’une
excuse pour faire évoluer ses personnages et mettre en place son monde et ses
créatures. Quitte à ce que les fameuses Légions d’Or passent au second plan, le
réalisateur se régale à nous montrer ces freaks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/hellbo2.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Mythologie et heroic-fantasy sont dans un
bateau...&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    A commencer d’ailleurs par nos personnages principaux du
BPRD. N’ayant plus besoin de les présenter, le réalisateur nous plonge
directement dans le quotidien de cette équipe de choc : l’aquatique Abe Sapiens
(toujours interprété par le compagnon de longue date de Del Toro, Doug Jones),
ou encore le couple formé par Red et Liz Sherman. Ces premières scènes au sein
du &lt;em&gt;Bureau for Paranormal Research and Defense&lt;/em&gt; ont le mérite de nous
plonger directement dans l’état d’esprit des protagonistes, et avec un humour
exacerbé qui ne quittera pas le film. Ce gros barbu de Guillermo s’approprie le
monde de Hellboy comme s’il était le sien, tout en respectant à la lettre les
jalons posés par Mike Mignola.&lt;br /&gt;
    Pour les autres personnages, le constat est le même :
magnifiques d’ingéniosité et de classe visuelle, ils occupent véritablement
toute la caméra. A commencer par le Prince Nuada. Comme énormément d’éléments
de cet &lt;em&gt;Hellboy II&lt;/em&gt;, il emprunte directement son identité de la
mythologie celtique irlandaise, ou le Dieu Nuada était le roi mythique de la
tribu de la déesse Dana. Sa lance d‘argent pur, qu’il manie avec une dexterité
folle (les chorégraphies sont extraordinaires), n’est d’ailleurs pas sans
rappeler &lt;em&gt;l’épée de Duana&lt;/em&gt;, ou encore la Sainte Lance de Longinus… Et
d’ailleurs, l’argent duquel est forgé la lance dans le film est en référence au
Duana mythologique dont le bras a été coupé puis remplacé par une prothèse
d’argent par le dieu Diancecht. Et, enfin, son physique brut albinos n’est pas
sans rappeler le légendaire Elric de Melniboné, de Michael Moorcock…&lt;br /&gt;
    Tout ceci n’est en fait qu’un élément parmi tant d’autres
qui viennent renforcer tout l’aspect visuel et la narration du film. Le nombre
de détails est ahurissant, distillés avec une méthode cryptique absolument
passionnante pour qui est un minimum réfractaire aux mythologies celtiques et
les mondes fantastiques créés par Lovecraft ou encore - et d’une manière plus
frappante - Lord Dunsany, véritable pierre angulaire de l’imaginaire de Del
Toro. En allant puiser dans sa très grande culture et en se servant des
éléments déjà présents dans le comics originel, le réalisateur-scénariste crée
un univers de toute pièce avec une passion dévorante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/hellbo3.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Un splendide bestiaire.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Alors, tout cet imaginaire créé par Del Toro et mis en image
par Guillermo Navarro (le directeur de la photographie depuis toujours) s’étale
sous nos yeux : la princesse Nuala, Johan Krauss (le nouveau membre du BPRD à
l’allure fantastique, doublé en v.o par ni plus ni moins que Seth McFarlane,
créateur de &lt;em&gt;Family Guy&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;American Dad&lt;/em&gt; !), les effrayantes
Petites Souris, le splendidement déstabilisant Ange de la Mort qui rappelle le
&lt;em&gt;Pale Man&lt;/em&gt; du Labyrinthe de Pan, la créature végétale correspondant à
l’un des climax du film… Ou encore le Marché aux Trolls (sous un pont,
évidemment), ou chaque plan est une ode à la bizarrerie, aux monstres hideux ou
aux personnages étranges ; l’un abrite une chimère, l’autre est un être sylvain
avec une sculpture de chapelle gravée au sommet de la tête… Ce bestiaire est
véritablement la raison qui met &lt;em&gt;Hellboy II&lt;/em&gt; sur un piédestal et le
distingue du blockbuster moyen.&lt;br /&gt;
    Malheureusement, il partage également les autres défauts des
blockbuster, à savoir un humour certes efficace mais qui tend à dédramatiser
les situations, un manque de profondeur des personnages, un scénario trop
léger, et - surtout - une histoire d’amour entre Red et Liz qui sent trop la
praline. D’ailleurs, puisqu’on en est aux reproches, pourquoi les distributeurs
ont-ils décidé de sortir le film en France presque six mois après les
Etats-Unis ? Non seulement c’est un appel au piratage (surtout que le DVD Zone
1 est sorti le 11 novembre…), mais surtout c’est une opération suicide ; ce
n’est pas étonnant que le film se soit viandé, quand il sort fin octobre plutôt
qu’en été, et de surcroît deux jours avant le nouveau James Bond. Universal, va
crever, pourriture communiste !&lt;br /&gt;
    Malgré tout, &lt;em&gt;Hellboy II&lt;/em&gt; ne déçoit pas, et est
incomparablement meilleur que le premier du nom. Fort de son expérience acquise
avec &lt;em&gt;Le Labyrinthe de Pan&lt;/em&gt;, Guillermo Del Toro offre un film certes
beaucoup plus grand public que le précédent (ça n’a juste rien à voir), mais
qui ne l’empêche pas d’avoir des qualités. Le réalisateur réussit à mêler le
spectaculaire et l’intimiste, prend le temps de développer un minimum ses
personnages, et s’amuse à les faire évoluer dans un univers qui emprunte à la
fois aux conventions du fantastiques et aux mythologies celtiques. Le résultat
visuel est irréprochable, et la mise en scène de Del Toro le transcende encore,
pour livrer un film beau, tout simplement. &lt;em&gt;Hellboy II&lt;/em&gt; restera sans nul
doute dans la filmographie du réal’ comme l’une de ses œuvres mineures - elle
n’arrive pas à la cheville de &lt;em&gt;L’Echine Du Diable&lt;/em&gt; ou du
&lt;em&gt;Labyrinthe&lt;/em&gt; précité -, mais les films fantastiques intelligents et
cultivés sont tellement rares que vous ne devez pas vous priver.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://canard-peinard.info/post/2008/11/11/Hellboy-II-de-Guillermo-Del-Toro#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Quantum of Solace, de Marc Forster : un véritable Bond en arrière</title>
    <link>http://canard-peinard.info/post/2008/11/06/Quantum-of-Solace-de-Marc-Forster-%3A-un-veritable-Bond-en-arriere</link>
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    <pubDate>Thu, 06 Nov 2008 13:23:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Pellicule aviaire</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/quantum.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Casino Royale fait sans problème partie de mon top 3 des films de l’année
2006. Il m’avait franchement impressionné, le filou, avec son changement
radical dans la manière d’aborder l’histoire de James Bond, et c’était donc
avec une impatience évidente que j’attendais sa suite directe, &lt;em&gt;Quantum Of
Solace&lt;/em&gt;… Hé ben, je vous le dis, ça fait mal. Aïe.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/rouge.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://canard-peinard.info/public/quantum1.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Un total retournement de veste, pour un spectacle à
pop corn.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Forte de l’immense succès critique et public de &lt;em&gt;Casino
Royale&lt;/em&gt;, la franchise James Bond a véritablement acquis un second souffle.
Avec en tête de proue un Daniel Craig qui a surpris tout le monde, le célèbre
agent secret britannique quittait son flegme légendaire pour arborer celui du
héros torturé et cynique, dans une aventure viscérale et sans fioriture,
inspirée par les nouveaux cadors du genre (la trilogie Jason Bourne, par
exemple). Alors, évidemment, l’attente pour ce &lt;em&gt;Quantum of Solace&lt;/em&gt; était
plus qu’énorme. Mais, malheureusement, malgré tout le bien que l’on espérait,
ce vingt-deuxième film de la série est une grande et réelle déception.&lt;br /&gt;
    Alors que Martin Campbell avait voulu prendre un véritable
virage à 90° en privilégiant l’intrigue et les personnages et en mettant de
coté les scènes d’action, &lt;em&gt;Quantum Of Solace&lt;/em&gt; aborde la technique
inverse : ça pète dans tous les sens, les scènes de baston s’accumulent durant
tout le film… On assiste véritablement à un film d’action tout ce qu’il y a de
plus basique, où il faut remplir les cervelles des mangeurs de pop corn avec
des gros flash, et surtout ne pas les ennuyer avec un scénario. De ce fait,
l’intrigue est considérablement réduite, et pratiquement rien n’est expliqué,
si bien que l’aventure de Bond passe au second plan.&lt;br /&gt;
    Pourtant, il y avait de quoi attendre beaucoup du scénario
parce que, pour la première fois dans l’histoire de saga, cet épisode est la
suite directe du précédent. En effet, &lt;em&gt;Quantum Of Solace&lt;/em&gt; reprend
exactement là où &lt;em&gt;Casino Royale&lt;/em&gt; s’est arrêté : décidé à trouver les
dirigeants de l’Organisation à laquelle appartenait Le Chiffre et qui était
responsable du chantage ayant abouti à la mort de Vesper Lynd (Eva Green), Bond
interroge le fameux Mr White. Finalement, une piste emmène le MI6 en Bolivie,
où une certaine Camille dirige James Bond vers le voie de Dominic Greene,
magnat économique local désirant acheter une partie du désert pour des raisons
encore inconnues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://canard-peinard.info/public/quantum2.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Quantum of quoi, déjà ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Mais, alors qu’on croirait avoir affaire à un scénario qui
tient la route et cohérent dans sa continuité avec &lt;em&gt;Casino Royale&lt;/em&gt;, on
est en fait en face d’un truc complètement bâclé, et bourré d’incohérences.
Pourtant, c’est toujours Paul Haggis (entre autres), réalisateur de l’excellent
&lt;em&gt;Crash&lt;/em&gt; et co-scénariste sur &lt;em&gt;Casino Royale&lt;/em&gt;, qui est à la barre…
En plus, le bonhomme porte le nom d’une délicieuse spécialité écossaise qui me
rappelle mon bon temps passé sur l’île de Skye, donc on pourrait croire qu’il
est réglo. Mais cette fois il a dû écrire son scénar’ sur un bout de table
avant d’aller faire son cours d’aquagym (oui, Paul aime l’aquagym), c’est juste
pas possible.&lt;br /&gt;
    Déjà, je vous préviens : après avoir vu le film, vous vous
demanderez encore pourquoi il s’appelle &lt;em&gt;Quantum Of Solace&lt;/em&gt;… Il y a bien
un projet Quantum qui est évoqué, mais une seule fois, et rien (mais alors rien
du tout) n’est expliqué. Pareil pour la fameuse organisation : à la sortie de
la salle, on n’est pas plus avancé, et on a la claire impression – justifiée –
que toute l’intrigue n’a finalement servie à rien. Ajoutez à ça de multiples
voyages du héros dans le monde entier qui rendent son aventure brouillonne et
franchement chiante à suivre, et des erreurs qui montrent que les scénaristes
n’arrivaient pas non plus à s’en sortir, et vous aurez la totale…&lt;br /&gt;
    Pour vous donner un simple exemple parmi tant d’autres, à un
moment du film Bond se fait confisquer toutes ses cartes de crédits dans un
pays slave, et se retrouve en Italie la seconde d’après. Facile pour lui. Ce
sont ces accumulations d’éléments qui rendent l’histoire délicate à comprendre
et entreprendre, et de ce fait on ne peut pas se sentir concerné par le sort
des héros. Même le grand méchant, pourtant normalement tellement imposant et
impressionnant, parait insignifiant au possible. Là où on a normalement un
grand terroriste intouchable, on a ici un petit trafiquant, aux allures écolo
parce que c’est ce qui inquiète les gens en ce moment. On s’en fout un peu,
donc, malgré un excellent &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://canard-peinard.info/public/greene.jpg&quot;&gt;Mathieu
Amalric&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://canard-peinard.info/public/quantum3.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Allez James, tu feras sûrement mieux au
prochain.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Justement, parlons du casting. Finalement c’est l’un des
bons points du film. Concernant James Bond en lui-même, &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://canard-peinard.info/public/bond.jpg&quot;&gt;Daniel Craig&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; se
révèle absolument impressionnant, et justifie encore une fois, si besoin était,
qu’il incarne l’espion anglais à la perfection : éclatant de classe dans sa
minéralité et son cynisme, il est le réceptacle parfait d’un James Bond
vindicatif, plein de rancœur et d’animosité, qui aboutira finalement à un désir
d’être un chevalier solitaire. Ce qui ne plaira pas forcément au MI6, ni à la
CIA qui cherche à établir des relations avec Dominic Greene.&lt;br /&gt;
    Sa compagne de route, Camille, est elle aussi joué à la
perfection par &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://canard-peinard.info/public/camille.jpg&quot;&gt;Olga Kurylenko&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.
Loin de son rôle dans &lt;em&gt;Hitman&lt;/em&gt; où elle était une cruche prête à se
mettre à poil à la première occasion venue, elle est ici une véritable héroïne
prenant part à l’action, et pas une simple James Bond girl. Malgré tout, on ne
va pas rêver : les psychologies des personnages sont très loin (mais alors
super loin, hein) d’être aussi développées que dans &lt;em&gt;Casino Royale&lt;/em&gt;.
Nous avons ici le minimum syndical, engendrant encore une fois le fait que l’on
se foute royalement de ce qui peut leur arriver. Non, ce qui compte pour Marc
Forster, ce sont les scènes d’action, et là par contre le bonhomme s’est fait
plaisir : action en voiture, en corps-à-corps, au bout de câbles, en bateau, en
avion… Il ne manque que le tractopelle, et le bonhomme a fait le tour.&lt;br /&gt;
    Manque de bol, pour celui comme moi qui avait adoré
&lt;em&gt;Casino Royale&lt;/em&gt; pour sa psychologie et sa volonté de proposer un James
Bond avec moins d’action et plus de tension, c’est la purge. On retiendra tout
de même quelques bons éléments, comme Daniel Craig et Olga Kurylenko (une
ukrainienne d’origine française qui joue une bolivienne, c’est drôle), ou
encore cette extraordinaire scène de l’opéra qui pour le coup est vraiment
inspirée, mais sinon c’est la douche froide : un scénario plus que bâclé qui
n’apporte rien et n’explique rien, de nombreuses incohérences, des scènes
d’action à répétition qui abrutissent le spectateur, une psychologie des
personnages réduite à néant… James est à terre, blessé.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://canard-peinard.info/post/2008/11/06/Quantum-of-Solace-de-Marc-Forster-%3A-un-veritable-Bond-en-arriere#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>The Graveyard Book, de Neil Gaiman</title>
    <link>http://canard-peinard.info/post/2008/10/31/The-Graveyard-Book-de-Neil-Gaiman</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:3783f71419f3bfebf262779b55dfdf2b</guid>
    <pubDate>Fri, 31 Oct 2008 12:12:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Littérature et BD</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/gravey.png&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deuxième conte &amp;quot;pour enfants mais pas que&amp;quot; de Neil Gaiman après
&lt;em&gt;Coraline&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;The Graveyard Book&lt;/em&gt; narre l'histoire de Bod, enfant
élevé par les fantômes d'un cimetière après le meurtre de ses parents...
Prenant pour base &lt;em&gt;Le Livre de la Jungle&lt;/em&gt;, l'auteur anglais transpose
l'histoire dans un univers sombre et fantastique. Un monde peuplé de créatures
de toutes sortes, créé et mené d'une main de maître par un auteur à la plume
toujours aussi stupéfiante.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/vert.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/gravey1.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;De la nécessité d'être retenu.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Je vous l’avoue, humblement, la main sur le cœur : je suis
un vendu. Ouaip, une crapule de passionné, haut en couleur et bas de plafond,
en pleine &lt;em&gt;suspension of disbelief&lt;/em&gt; eléctro-cosmique qui n’arrive plus à
se défaire d’un art lorsqu’il en est imprégné. Neil Gaiman est mon héros. Ce
n’est sans doute pas un secret pour n’importe qui lit ce site assez fréquemment
plutôt que d’être tombé dessus par hasard après avoir cherché une photo de
Michael Scofield sur Google. Ce mec est un peu mon père spirituel ; il a
toujours su écrire ce que je voulais lire. A chaque fois, c’est en plein dans
le mille. Et cela continue encore aujourd’hui, avec &lt;em&gt;The Graveyard
Book&lt;/em&gt;, sorti le 20 octobre dernier en Grande-Bretagne (et quelques semaines
plus tôt aux Etats-Unis).&lt;br /&gt;
    Alors, inutile de le dire, mon boulot pour cet article sera
de vous parler de ce dernier livre de l’auteur anglais sans trop donner
l’impression d’accumuler les superlatifs et ainsi de discréditer tout mon
propos. Revenir sur Terre. Terre-à-terre. Ventre à terre. Ziouuuu. Difficile de
rester dans le concret, cependant. Parce que là où &lt;em&gt;The Graveyard Book&lt;/em&gt;
trouve son inestimable force, c’est dans son immense honnêteté émotionnelle. De
l’impalpable émotion. Tous les personnages de ce conte sont animés par leurs
sentiments, leurs combats face au monde, à la vie, à la mort, et tout ce qui va
entre les deux. Mais je m’égare déjà. Je vais trop loin. Revenons en arrière.
Commençons par le commencement, comme un scientifique mettrait en place son
matériel et ses méthodes avant de discuter de ses résultats. Parlons de
l’Histoire de ce Livre du Cimetière.&lt;br /&gt;
    “&lt;em&gt;There was a hand in the darkness, and it held a
knife&lt;/em&gt;”. Telle est la première phrase du livre. Oui, parce que tout
commence par un meurtre. Trois meurtres, en fait. Une famille entière. Seul
problème : il y aurait dû en avoir quatre. &lt;em&gt;The man Jack&lt;/em&gt; était pourtant
LE meilleur pour ce boulot, mais le bébé a réussi à s’enfuir pendant qu’il
tuait ses parents. Réfugié dans le cimetière tout proche, l’enfant sera alors
élevé par ses habitants (les fantômes, évidemment, et d’autres créatures) et se
verra appelé Bod, diminutif de Nobody parce que personne ne connait son nom. En
grandissant, Bod découvrira tous les secrets du cimetière, et se heurtera aux
difficultés de grandir tout en devant rester à l’écart des autres. Parce que sa
maison est chez les morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/gravey2.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Entre le roman et le recueil de
nouvelles.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Malgré ce début de scénario qui ne semble pas franchement
des plus joyeux, &lt;em&gt;The Graveyard Book&lt;/em&gt; est un conte pour enfants. Enfin,
plus précisément, c’est un conte &lt;em&gt;que les enfants peuvent lire&lt;/em&gt;. En
fait, l’auteur a une fois affirmé qu’il avait écrit avec &lt;em&gt;The Graveyard
Book&lt;/em&gt; le genre de livres qu’il aurait adoré lire quand il était enfant,
mais qu’il avait tendance à être un gosse étrange. Ce conte-là est donc
macabre, se passe en grande partie dans un cimetière, et est peuplé de fantômes
étranges, ectoplasmes évanescents, goules inquiétantes, loups-garous, vampires,
ou encore de ces créatures qui sont les plus dangereuses de toutes : les
humains.&lt;br /&gt;
    Le premier conte pour enfants de Neil Gaiman,
&lt;em&gt;Coraline&lt;/em&gt;, était déjà dans ce cas-là : même s’il était destiné aux plus
jeunes, il n’en contenait pas moins une ambiance gothique oppressante, des gens
avec des boutons à la place des yeux, et plusieurs éléments venant déranger le
lecteur (ah la scène du théatre…), qui ont fait de &lt;em&gt;Coraline&lt;/em&gt; le livre
le plus marquant « visuellement » de l’auteur à mes yeux. A ce titre, &lt;em&gt;The
Graveyard Book&lt;/em&gt; est sans conteste moins oppressant que &lt;em&gt;Coraline&lt;/em&gt;,
mais il n’en est pas moins marquant par son accumulation d’éléments originaux
créés par l’imagination débridée de son auteur et encore une fois
magnifiquement et subtilement illustré par le collaborateur de longue de date
de l’auteur, Dave McKean. Avec une facilité de lecture qui nous fait dévorer
les pages à une vitesse folle, on suit les aventures de Bod, de sa toute
jeunesse jusqu’à ces seize ans.&lt;br /&gt;
    En effet, &lt;em&gt;The Graveyard Book&lt;/em&gt; raconte toute
l’éducation du héros, dans un découpement scénaristique encore inédit chez
l’auteur. Plus précisément, chacun des huit chapitres du livre prend place
grosso modo deux ans après le précédent, et peut se lire indépendamment des
autres : ils racontent chacun une histoire, une étape de la vie de Bod, tout
cela mis bout-à-bout formant l’histoire globale. Pour l’anecdote, Gaiman
commença par écrire &lt;em&gt;The Witch’s Headstone&lt;/em&gt;, une nouvelle (récompensée
d’un Locus Award) à propos d’un enfant élevé dans un cimetière qui vient en
aide à une sorcière enterrée sur place, et c’est lorsque sa fille lui demanda
la suite de l’histoire qu’il décida d’écrire un livre complet. Ainsi naquit
&lt;em&gt;The Graveyard Book&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;The Witch’s Headstone&lt;/em&gt; en constituant le
chapitre quatre.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h3&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(202, 112, 16);&quot;&gt;“Name the different kind of
people,” said Miss Lupescu. “Now.”&lt;br /&gt;
Bod thought for a moment. “The living,” he said. “Er. The dead.” he stopped.
“Then… Cats ?” he offered, uncertainly.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/gravey3.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Une touchante et authentique
honnêteté.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Ce choix de construction narrative, entièrement remplie
d’ellipses et préférant se focaliser sur uniquement certaines époques en
particulier, permet d’offrir une histoire d’un dynamisme passionnant, le
scénario ne souffrant à aucun moment de points morts durant les plus de 300
pages. Mais cela ne veut pas dire pour autant que l’intrigue s’en retrouve plus
légère, et élaguée de sa profondeur : tous les personnages permettent au
contraire d’offrir un monde fourmillant de détails. Par contre, l’intrigue et
les retournements de situation eux-mêmes ne sont pas franchement inattendus :
on sait plus ou moins très vite qui sont les méchants et les gentils, l’intérêt
étant très maigre de ce coté-là (et c’est la grosse différence entre les livre
dits « pour enfants » et ceux « pour adultes » de Gaiman).&lt;br /&gt;
    Mais ce dernier livre de l’auteur possède quelque chose en
plus, que je n’avais pas retrouvé depuis &lt;em&gt;Stardust&lt;/em&gt; : une forme d’amère
tendresse ou de douce tristesse qui touche véritablement le lecteur. Ce n’est
pas une figure de style : Gaiman réussit à créer une histoire construite sur
des actes manquées, des sentiments purs. La naïveté de Bod, due à son éducation
dans un cimetière loin des conventions « normales » du monde vivant, est si
touchante que l’on ne peut que se sentir concerné par son sort, par sa vie.
Évidemment, quand il doit sortir du cimetière pour accomplir certaines tâches,
sa déconnexion par rapport au monde des autres est d’autant plus évidente pour
lui, comme un total étranger au milieu d’un monde nouveau et incompréhensible…
Et ce malgré toutes les leçons de Miss Lupescu, l’un des fantômes chargés de
son éducation.&lt;br /&gt;
    Hommage évident et sincère au &lt;em&gt;Livre de la Jungle&lt;/em&gt;
(&lt;em&gt;The Jungle Book&lt;/em&gt; en v.o) de Rudyard Kipling, &lt;em&gt;The Graveyard
Book&lt;/em&gt; en aborde les thèmes tout en les transposant dans son univers propre
: Bagheera prend ici les traits de Silas, un être ni vivant ni mort (“&lt;em&gt;At
the borders of things.&lt;/em&gt;”), tandis que les animaux de la jungle sont
évidemment ici les fantômes du cimetière, avec chacun son histoire développée
et sa personnalité propre. Ils paraissent s’animer sous nos yeux, comme si on
les avait toujours connus, et qu’on cherchait seulement la bonne excuse pour
les retrouver. Ils nous chérissent, tous ces fantômes lugubres, nous emportent
dans leur Mort en même temps que le héros, et c’est avec délectation et sans
même s’en rendre compte que l’on les suit. Ils nous montrent leur tombe bien
lavée, leur parterre de fleurs chères et soignées, et nous invitent même dans
leur intimité la plus profonde, le temps d’une Danse Macabre, dans le
bouleversant et tourbillonnant chapitre 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/gravey4.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Une fin qui vient trop tôt, une histoire que l'on
désire éternelle.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    A aucun moment la mort n’est sublimée : elle est simplement
représentée comme l’état opposé de la vie, l’autre coté d’une seule et même
pièce. Avec ses cadavres, ses cercueils, ses monstres répugnant et ses ennemis
meurtriers, Neil Gaiman ne cherche à aucun moment à être concuspiscent ou à
nous apprendre une quelconque morale résultante d’une bonne pensée, il veut
simplement nous emmener dans son monde qui est - à l’instar du réel - loin
d’être idyllique. Mais il nous le présente avec le sourire aux lèvres, et une
honnêteté totale, amené par des personnages tous on ne peut plus réalistes dans
leur façon d’agir et loin des stéréotypes.&lt;br /&gt;
    L’histoire de cet orphelin élevé par des êtres en marge du
monde est pleine de beauté sensible, de douceur, d’humour, d’inventivité, de
suspens, d’originalité… L’humanité est déshumanisée, tandis que l’inhumanité
est plus humaine qu’on ne le croit. Et quand on clôt ces 300 pages, on ne veut
pas s’en aller. On ne veut pas quitter Bod, le mystérieux Silas, le fantôme de
Caius Pompeius, le poète Nehemiah Trot (&lt;em&gt;1741 - 1774, Swans Sing Before They
Die. They Do.&lt;/em&gt;), l’Empereur de Chine, le Trentre-Troisième Président des
Etats-Unis, Victor Hugo (des ghoules, ces trois-là), la pétillante Scarlett
Perkins, l’effrayant Sleer… On ne veut pas quitter ce cimetière au sommet de la
colline, avec sa chapelle, sa crypte, l’&lt;em&gt;Egyptian Walk&lt;/em&gt;, le coin des
sorcières, des suicidés et des brigands de l’autre coté de la clôture…&lt;br /&gt;
    On n’arrive tout simplement pas à se défaire de l’univers
qu’à créé l’auteur en l’espace de simplement 8 chapitres, comme envouté par cet
univers onirique et fantasmagorique. Alors, parce que chaque chapitre se
complait à lui-même, on en relit quelques-uns, rien que pour revenir dans ce
monde. On veut retrouver la grâce de la Danse Macabre, ou revivre l’effrayante
épopée de Bod chez les ghoules, ou l’époque où il rencontra pour la première
fois le Sleer au fond de sa crypte.&lt;br /&gt;
    L’auteur le dit lui-même, l’histoire de Bod n’est pas encore
finie et continue de s’écouler, qu’il le veuille ou non. Alors, une suite verra
très certainement le jour. L’attente sera longue.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://canard-peinard.info/post/2008/10/31/The-Graveyard-Book-de-Neil-Gaiman#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Vicky Cristina Barcelona, de Woody Allen</title>
    <link>http://canard-peinard.info/post/2008/10/25/Vicky-Cristina-Barcelona-de-Woody-Allen</link>
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    <pubDate>Sat, 25 Oct 2008 10:41:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Pellicule aviaire</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/vicky.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sa trilogie londonniene passée, Woody Allen avait envie de changer
radicalement de registres, et de poser cette fois ses valises à Barcelone. Une
ville fantasmée, où il y fait toujours soleil et où tout y est plus sensuel. Un
décor idéal pour la nouvelle comédie de l'auteur, enlevée et sexuelle, avec
toute la verve que l'on connait du petit bonhomme. Le résultat est en tout cas
très beau à voir : le réalisateur se fait plaisir, tout comme ses acteurs, et
le spectateur ne peut que suivre. Pas le meilleur, mais un très bon Woody.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/jaune.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/vicky1.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Une forme bel et bien différente
mais...&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Au jour d’aujourd’hui, voir le dernier Woody Allen c’est
comme participer à une sorte de rituel obligatoire dans lequel on sait qu’on va
passer un bon moment. On y a nos habitudes, nos thèmes connus parce qu’abordés
depuis maintenant plusieurs années, et il ne nous reste plus qu’à découvrir où
le binoclard nous a emmenés. Hé bien, cette fois-ci, finis les gratte-ciels
new-yorkais ou les courts de tennis anglais, place au soleil, aux jardins
verdoyants, aux guitares langoureuses, à Gaùdi et au chorizo. &lt;em&gt;Bienvenido a
Barcelona&lt;/em&gt;. Et le ton est donné dès le titre, excellent : &lt;em&gt;Vicky
Cristina Barcelona&lt;/em&gt;. Excellent parce qu‘il a un rythme à lui tout seul, et
qu‘il a le mérite de résumer le film comme jamais : Vicky et Cristina vont à
Barcelone.&lt;br /&gt;
    C’est donc une nouvelle ère que s’offre Woody Allen, en tout
cas sur la forme, et il en avait bien besoin. Il faut avouer que son triptyque
londonien était très décroissant : le génial &lt;em&gt;Match Point&lt;/em&gt; avait été
suivi d’un moyen &lt;em&gt;Scoop&lt;/em&gt;, et puis d’un fadasse &lt;em&gt;Cassandra’s
Dream&lt;/em&gt;, plus qu’anecdotique. Maintenant, le réalisateur pose ses valises en
Espagne, dans un dépaysement total : tous ses collaborateurs et techniciens, de
l’assistant réalisateur jusqu’au directeur de la photographie, sont des gens du
cru, espagnols. Une manière de s’imprégner de l’endroit, de le laisser
s’écouler de lui-même, de ne pas le trahir.&lt;br /&gt;
    L’histoire est celle de Vicky et Cristina, qui partent à
Barcelone deux mois pour y passer les vacances d’été. Cristina, jouée par une
Scarlett Johansson toujours aussi éblouissante devant la caméra d’un Woody
Allen qui arrive à filmer sa muse comme personne, et Vicky, interprétée par une
excellente Rebecca Hall, sont amies depuis très longue date, même si leur
points de vue divergent sur beaucoup de points. En particulier celui de
l’amour, du sexe, et de tout ce que l’on peut faire avec l’interaction des
deux. En effet, là où Cristina est une femme ayant depuis longtemps abandonné
toute notion d’amour et préfère s’intéresser au sexe sans attache, Vicky est
beaucoup plus prude. C’est une femme prudente, qui est sur le point de se
marier, d’acheter une maison… Une vie toute tracée, prévue, assemblée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/vicky2.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;...Un fond qui ne change pas vraiment, en
fait.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Mais, évidemment, puisque nous sommes sur le terrain de jeu
de Woody Allen, un grain de sable viendra rompre cette belle mécanique… En
l’occurrence, le grain de sable prend l’apparence de ce formidable acteur
qu’est Javier Bardem, qui a troqué son costume de psychopathe à air comprimé
des frères Coen, pour venir prendre celui d’un séducteur un brin dérangé chez
Allen. Il est peintre, et rencontre les deux touristes dans une galerie d’art.
Plus tard, les retrouve dans un restaurant. Il leur propose de venir passer le
week-end avec lui. Oviedo est une ville magnifique ; ils pourront la visiter,
boire du vin, bien manger, et faire l’amour. Cristina dit oui immédiatement,
évidemment. Vicky se contente de dire à ce bon vieux Juan Antonio qu’il peut
aller se faire cuire une paella ailleurs.&lt;br /&gt;
    Mais elles suivent l’homme, finalement, et tout ne va pas
franchement se passer comme l’aurait prévu Vicky : loin de sa vie toute tracée
et de son mariage, la voilà attirée par cet inconnu, alors que lui n‘a d‘yeux
que pour Cristina. On voit donc que les thèmes du film, même transportés en
Espagne, sont ceux que l’on retrouve souvent chez l’auteur : la dualité entre
l’amour engagé et la relation irréfléchie, le cœur contre le sexe, la raison
contre l’instinct. Une situation pratiquement similaire à celle de Match Point,
finalement, mais à l’envers : l’élément séducteur n’est plus la femme, mais
l’homme. On peut donc trouver un peu dommage que les choses n’évoluent pas
beaucoup plus, mais finalement tout marche plutôt bien, notamment grâce au fait
que &lt;em&gt;Vicky Cristina Barcelona&lt;/em&gt; est une comédie, simple et légère, donc
touchante.&lt;br /&gt;
    Et son élément comique, en plus d’aller le chercher du coté
des dialogues toujours aussi excellents de l’auteur, elle le prend aussi avec
le génial personnage de Maria Elena, arrivant à peu près au deuxième tiers du
film. Jouée par Penélope Cruz, qui s’est achetée une crédibilité depuis le
&lt;em&gt;Volver&lt;/em&gt; d’Almodovar, elle est l’ex-femme de Juan Antonio. Une femme
paranoïaque, psychorigide, et violente avec ça… La raison de leur divorce
tenait d’ailleurs au fait qu’elle avait essayé de tuer Juan Antonio avec un
couteau. Ça arrive. Alors, évidemment, quand elle arrive et voit son ex-mari en
couple avec Cristina, tout n’est pas franchement rose. Penélope Cruz, même si
elle surjoue parfois, arrive à rendre magnifiquement bien ce personnage
démesuré et hystérique, et donne beaucoup au film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/vicky3.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;2008 : un bon millésime.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    La musique est également un élément on ne peut plus
important dans &lt;em&gt;Vicky Cristina Barcelona&lt;/em&gt;, comme dans tout film de Woody
Allen. Évidemment, les opéras ou autres balades classiques laissent ici la
place aux guitares catalanes et autres chansons espagnoles, et tout ça
fonctionne à merveille. Comme en témoigne la chanson-titre du film, que l’on
retrouve un peu partout tout le temps, et également dans la bande annonce. La
musique dans son ensemble est un élément à part de cette histoire, un rouage
indispensable : les personnages s’en imprègnent, elle est dans toutes les rues,
et ce n’est pas un hasard si les doutes de Vicky à propos de sa propre vie
commencent à prendre forme pendant qu’elle contemple un homme jouer de la
guitare.&lt;br /&gt;
    Et puis, par extension, c’est la ville toute entière de
Barcelone qui constitue l’un des personnages principaux. Woody Allen est
véritablement amoureux de la ville, et ça se sent. Il profite du moindre petit
plan pour nous montrer des ruelles, des bâtiments, des haciendas… Un vrai petit
gamin qui prend son pied, en somme, plutôt que le voyage condescendant d’un
américain en Europe (comme on le voit trop souvent). Ainsi, aidé par un
directeur de photographie qui fait très bien son boulot, le réalisateur offre
un film superbe, toujours joyeux, ouvert sur le monde, orange et rouge, où même
la nuit paraît ensoleillée.&lt;br /&gt;
    En un mot comme en cent, si vous aimez le boulot de Woody
Allen, vous pouvez aller voir &lt;em&gt;Vicky Cristina Barcelona&lt;/em&gt; : il est
définitivement un bon cru. Ce vieux petit pervers offre une comédie légère et
épicée (facile, celle-là), où tout tourne évidemment autour du sexe, qu’il soit
facile, marié, à deux, à trois, hétérosexuel ou lesbien. Tout passe à la
moulinette de l’auteur, qui prouve encore une fois qu’on peut compter sur lui
quand il met du cœur à l’ouvrage. Et il a des acteurs incroyables pour
l’épauler, qui savent retranscrire à la perfection des sensations diverses et
contradictoires, toujours claires mais jamais uniques, si bien que leurs
personnages en ressortent malmenés, triturés, psychologiquement torturés sur
l’autel des sentiments exacerbés.&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;external-media&quot; style=&quot;margin: 1em auto; text-align: center;&quot;&gt;
&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/k51CY6nc8ckrNSF1be&amp;amp;related=1&quot; height=&quot;316&quot; width=&quot;450&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/k51CY6nc8ckrNSF1be&amp;amp;related=1&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;
&lt;param name=&quot;FlashVars&quot; value=&quot;playerMode=embedded&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x5tj78_vicky-cristina-barcelona-trailer_news&quot;&gt;
Vicky Cristina Barcelona Trailer&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>And, alone in the world, the geek is happy...</title>
    <link>http://canard-peinard.info/post/2008/10/24/tr</link>
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    <pubDate>Fri, 24 Oct 2008 17:22:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Niouze de canard</category>
            
    <description>    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/grave1.JPG&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/grave2.JPG&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/grave3.JPG&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaah.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.thegraveyardbook.com/signed-limited-edition/&quot;&gt;Joie.&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>La Boussole d'Or, de Chris Weitz</title>
    <link>http://canard-peinard.info/post/2008/10/20/La-Boussole-d-Or</link>
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    <pubDate>Mon, 20 Oct 2008 09:45:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Canard sur canapé</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/bouss.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Après être sortie au cinéma et avoir fait un bide autant au niveau des
critiques que du nombre de spectateurs, voilà qu'arrive neuf mois plus tard La
Boussole d'Or en DVD... C'était censé être le gros film de la fin d'année 2007,
le marketing explosait dans tous les sens, New Line était super fier... Manque
de bol, plutôt qu'une bonne adaptation d'un excellent bouquin, on a vu arriver
un pseudo-film fantastique sans âme, plat et crétin. C'est ce qui arrive quand
le mec en charge du projet est le réalisateur d'American Pie. Retour sur un
soufflet qui se dégonfle, ou l'histoire d'un film qui fait pschit.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/noir.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://canard-peinard.info/public/bouss1.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Mais pourquoi est-il aussi méchant
?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Le cas de &lt;em&gt;La Boussole d’Or&lt;/em&gt; est de ceux qui
devraient rester dans l’Histoire, de ceux qu’on devrait montrer à tous les
enfants. Le foirage ultime. Bordel, c’est pas tous les jours qu’un film cause
la chute totale de son studio de production (New Line Cinema, en l’occurrence)
! Bon, j’exagère un chouïa, mézilnempêche que les faits sont là : même si New
Line était déjà en très mauvaise posture, le bide de &lt;em&gt;La Boussole d’Or&lt;/em&gt;
a été la goutte d’eau qui a mis le feu aux poudres, l’étincelle qui a fait
déborder le vase. Le studio misait beaucoup sur sa dernière superproduction :
du marketing en veux-tu en voilà, des stars pour remplir le casting (Nicole
Kidman et Daniel Craig en tête de gondole), une énième adaptation d’une
trilogie fantasy jeunesse à succès…&lt;br /&gt;
    Ce n’est plus surfer sur la vague, c’est faire du jet-sky
sur un tsunami. Malheureusement, n’est pas Peter Jackson qui veut, et on ne
peut pas dire que le premier tome d’&lt;em&gt;A La Croisée Des Mondes&lt;/em&gt; ait eu le
même traitement que celui réservé au &lt;em&gt;Seigneur des Anneaux&lt;/em&gt; : un
scénario bâclé qui tranche dans le lard du matériau original, une mise en scène
foireuse, des acteurs tout juste concernés, des dialogues écrits par un auteur
de TF1 en manque d’inspiration… Le résultat est tout juste regardable par
moments, et insupportable à d’autres. Evidemment, l’idée-même d’adapter le
second tome est compromise. Tu m’étonnes, John.&lt;br /&gt;
    Pourtant, on ne peut pas dire que l’idée de départ soit
mauvaise : même si les éditeurs le classent dans la catégorie Jeunesse, &lt;em&gt;A
La Croisée Des Mondes&lt;/em&gt; représente l’un des meilleurs cycles Fantasy, tout
court. (Je rappelle qu’il était au départ édité dans la collection SF de
Folio.) De ce fait, même sans dénigrer le fait que la mise en route de son
adaptation relève de l’opportunisme omniprésent consécutif au succès du
&lt;em&gt;SdA&lt;/em&gt; et autres &lt;em&gt;Harry Potter&lt;/em&gt;, il y avait matière à faire un
très bon film, tellement le livre possède de qualités. Un livre Fantasy rempli
de différents niveaux de lectures, marqué de nombreuses critiques des religions
organisées et parsemés de références scientifiques incroyablement
pertinentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://canard-peinard.info/public/bouss2.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Mais rien de tout ça dans le
film.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    &lt;em&gt;La Boussole d’Or&lt;/em&gt; (traduction directe de &lt;em&gt;The
Golden Compass&lt;/em&gt;, le livre étant titré &lt;em&gt;Les Royaumes du Nord&lt;/em&gt;)
raconte ainsi l’histoire de Lyra Bellacqua, petite résidente de l’Oxford
College. Dans un monde où chaque personne possède une extension physique de son
âme prenant la forme d’un animal, Lyra et son daemon Pantalaimon ne sont pas
vraiment des inconnus : Lyra est en effet la nièce de Lord Asriel, grand
scientifique et explorateur qui s’apprête à venir montrer ses dernières
découvertes à l’Oxford College. Pendant ce temps, de sombres rumeurs circulent
dans la population : les Enfourneurs capturent les enfants, et les emmènent
loin dans les terres du Nord. Alors quand l’ami de Lyra disparaît, elle part
immédiatement vers le Nord et ses curieux phénomènes.&lt;br /&gt;
    Voilà en quelques mots le scénario du livre, une histoire
simple sans être simpliste, et composée d’une multitude de strates différentes
que je ne prends pas la peine d’évoquer ici sous peine de devoir m’étaler sur
plusieurs pages. Il est donc tout à fait normal de ne pas retrouver toute cette
« complexité » dans le livre (quel spectateur n’a pas été déçu par un film
quand il avait lu le livre auparavant ?), mais, quand même, la moindre des
choses aurait été d’en respecter la trame ! D’une manière assez inconcevable,
&lt;em&gt;La Boussole d’Or&lt;/em&gt; emprunte tellement de raccourcis par rapport à
l’œuvre originale que tout en devient incohérent.&lt;br /&gt;
    Tout d’abord, le fameux Aléthiomètre (objet révélant la
réponse à n’importe quelle question qu’on lui pose, par le biais de différents
symboles et aiguilles), si scientifique dans sa mise en œuvre dans le livre,
devient ici une sorte d’objet magique complètement crétin. De plus, et sans
révéler des détails importants, le lieu où sont regroupés les enfants, qui
représente LE grand mystère révélé de manière si corrosive à la fin du livre,
est ici dévoilé très tôt, et d’une manière si aseptisé, si simpliste, si bas de
plafond, que ça donne envie d’éteindre la télé. Le centre d’une énorme critique
de la religion devient un centre aéré tout blanc peuplé de gens habillés comme
les scientifiques dans Star Trek. Argh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://canard-peinard.info/public/bouss3.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;L'adaptation de trop.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    En parlant des gens, ça me permet de faire une magnifique
transition vers un autre défaut du film : ses dialogues. Hé là, mais alors là,
c’est le drame. Oh punaise. Qu’a-t-on pu faire pour mériter ça ? Encore, que la
p’tiote Dakota Blue Richards ne soit pas franchement à l’aise avec son texte et
soit aussi fadasse qu’un dessous de verre, je veux bien. Après tout, les très
jeunes acteurs sont rarement très bons (et les héros du &lt;em&gt;Monde de
Narnia&lt;/em&gt; en savent quelque chose). Mais pourquoi faire dire à tous ces
braves gens des dialogues aussi creux, plats et ampoulés ? Cela décrédibilise
tout simplement tout ce que peuvent dire les acteurs, comme si on voulait que
même le petit enfant venu voir le film entre deux épisodes de Dora puisse
comprendre de quoi ça parle.&lt;br /&gt;
    D’où le fait qu’un très bon bouquin de Fantasy ouvert à tous
les lecteurs grâce à son immense profondeur se retrouve complètement écartelé
et aplati dans sa pauvre pellicule. La Poussière, élément primordial de tous
les mondes et au centre de toute l’intrigue est trop dur à expliquer à Lucas, 5
ans et demi ? Hop, on l’évoque à peine. On ne veut pas expliquer le
fonctionnement de l’Aléthiomètre (juste le titre du film) ? Hop, on en fait une
boussole magique que quand tu mets les aiguilles devant les symboles, hop t’as
les images dans ta tête. On veut impressionner Manon, 6 ans ? Hop, on met le
combat du gros nounours Iorek dont tout le monde se fout au centre du film, ça
en jette et ça paiera les gars des FX.&lt;br /&gt;
    Ce n’est donc pas franchement étonnant que le film se soit
viandé au box-office : les gens sont certes des gros boulets, mais ils
apprennent, au bout d’un moment. Y’a pas de secret : malgré l’injustice
constante du cinéma, un film a plus de chance d’être vu s’il est bon. Parait
que c’est mathématique, ou un truc dans le genre. Résultat de l’équation, ce
qui devait être le prochain gros film de New Line Cinema, qui allait remettre
sur pied les films fantastiques qui commençaient déjà à se mordre la queue, est
devenu l’arme de son propre crime. Et, si vous voulez mon avis, ce n’est pas le
DVD qui va sauver les meubles, qui ont de toutes façons été déjà vendus aux
enchères. Quand y’a plus rien à faire…&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Dig Out Your Soul, d'Oasis</title>
    <link>http://canard-peinard.info/post/2008/10/13/Dig-Out-Your-Soul-d-Oasis</link>
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    <pubDate>Mon, 13 Oct 2008 10:09:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Le canard et la musique</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://greglepatryn.Free.fr/dig.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ca y est, l'Oasis nouveau est arrivé ! Et la fête est d'autant plus folle
qu'en plus, il est bon. En effet, ce septième album d’Oasis marque un renouveau
dans la carrière du groupe, puisqu’il est le fruit d’une volonté d’originalité,
de sortir des carcans qu’on a bien voulu lui donner. Gem Archer, Andy Bell et
les frangins Gallagher ont cherché à s’éloigner d’une britpop tubesque pour
aller plus chercher vers un rock groovy et un brin psychédélique, et ça marche
carrément bien. Alors faites de la place et asseyez-vous, voilà (enfin) un
excellent album d’Oasis, magnifique de bout en bout.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/vert.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/dig1.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;L'histoire des montagnes
russes.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Au jour d’aujourd’hui, la carrière entière d’Oasis ressemble
à une immense madeleine Proustienne, qui nous fait rappeler du bon temps.
&lt;em&gt;Definitely Maybe&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;(What’s The Story) Morning Glory&lt;/em&gt;, les
deux premiers albums du groupe, ont été véritablement ceux qui ont forgé leur
légende, et qui ont été les mètres étalons de toute la britpop. Mais,
évidemment, le retour de bâton est naturel : tout ce qu’ils font et feront sera
comparé à ce qu’ils ont accompli auparavant, à ces deux œuvres. Malgré tout,
les trois albums qui suivirent – franchement mauvais – nous apprirent à
relativiser, et à moins attendre des frangins Gallagher. Puis, &lt;em&gt;Don’t
Believe The Truth&lt;/em&gt;, sorti en 2005, représentait un retour en force idéal,
faisant oublier les précédentes déceptions.&lt;br /&gt;
    Voilà que nous arrive donc ce 6 octobre 2008 &lt;em&gt;Dig Out
Your Soul&lt;/em&gt;, septième album studio du groupe anglais, et attendu au tournant
puisqu’il s’agissait de confirmer les bonnes impressions laissées par &lt;em&gt;Don’t
Believe the Truth&lt;/em&gt;. Les bonshommes sont-ils arrivés à retrouver un peu de
leur grandeur ? A redorer leur blason ? Oui. Mille fois oui. &lt;em&gt;Dig Out Your
Soul&lt;/em&gt; est une pièce majeure dans la discographie d’Oasis. Un album bourré à
ras-bords de morceaux innovants, élégants, enlevés, décomplexés,
psychédéliques, où la guitare peut se faire brute ou sournoise, et où tout
parait décomposé. Je le dis : le meilleur depuis &lt;em&gt;Definitely
Maybe&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
    Préférant garder leurs bonnes habitudes en enregistrant à
Abbey Road, le groupe a pourtant joué la carte du renouveau, en offrant un
disque beaucoup plus psychédélique et groovy que leurs précédents. Cela va sans
dire, on retrouve toujours la patte d’Oasis (et leurs mauvaise manies aussi,
j’y reviendrai), mais tout ça est teinté d’une synergie acide et coulante,
pleine de LSD. Les instruments se font hypnotiques, et les voix de Liam ou Noel
paraissent élevées, empruntant aux Pink Floyd leur douce brutalité. A l’instar
de &lt;em&gt;Morning Glory&lt;/em&gt;, les titres s’enchaînent avec une cohérence parfaite,
le son continuant parfois tout simplement de s’écouler entre les pistes…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/dig2.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Entre originalité débridée et cover songs
inavouées.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Dès les premières notes de &lt;em&gt;Bag It Up&lt;/em&gt;, on se sent à
l’aise. La guitare de Noel Gallagher se fait bientôt rejoindre par un Liam très
soyeux, pour ensuite gagner en force un brin malsaine… Une chanson inspirée par
&lt;em&gt;Baron Saturday&lt;/em&gt;, une des pistes de &lt;em&gt;Sorrow&lt;/em&gt;, un concept album SF
des Pretty Things. Et effectivement, cette chanson d’ouverture résume
merveilleusement bien tout l’album dans son ensemble, avec cet acid rock fort
et psychédélique. Puis, &lt;em&gt;The Turning&lt;/em&gt; continue sur la même lancée, en
introduisant en plus le piano : tous les complets se font au piano-batterie,
jusqu’à ce que la grosse batterie de Zak Starkey (qui a quitté le groupe après
l’enregistrement de l’album, remplacé par Chris Sharrock) soit rejointe par la
guitare dans les refrains.&lt;br /&gt;
    Ainsi, le calme et la rêverie emmenée par le piano trouve un
contre-pied idéal dans ses refrains euphorique, Liam criant à qui veut
l’entendre &amp;quot;&lt;em&gt;So come on, shake your rag-doll baby&lt;/em&gt;&amp;quot;. &amp;quot;&lt;em&gt;The Stone
Roses doing The Stooges&lt;/em&gt;&amp;quot; résumera très bien Noel dans son interview-fleuve
pour Q Magazine, et il a pas tort, pour le coup. Tout ça est très sensuel.
&lt;em&gt;Waiting For The Rapture&lt;/em&gt; est elle par contre beaucoup plus brute, et
fait moins dans la fioriture : du bon gros riff et une voix par-dessus, comme
l’adore Noel Gallagher. Par contre, comme pratiquement toujours dans le cas du
plus vieux frangin, y’a du plagiat dans l’air : le riff ressemble étrangement
aux Doors… Mais bon, ça marche tellement bien qu’on gueule pas, allez.&lt;br /&gt;
    Puis, on revient dans quelque chose de plus traditionnel
avec &lt;em&gt;The Shock Of The Lightning&lt;/em&gt;, qui n’a pas été choisi comme single
par hasard : il constitue le morceau le plus facile d’accès de l’album, avec
son rock ravageur mais rythmé qui rappelle les plus beaux jours du groupe,
trouvant tout de même une parenthèse originale avec ce long instrumental au
milieu marqué par une séquence de batterie pas piquée des hannetons (cette
expression vous manquait, avouez-le). Noel y a œuvré seul, écrivant les
paroles, jouant la guitare, la basse et la batterie et chantant par-dessus. Il
est comme ça, lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/dig3.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Des morceaux beaucoup moins &lt;em&gt;mainstream&lt;/em&gt; que
la normale du groupe.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Puis, le psychédélisme voulu pour ce nouvel album revient au
galop, comme en témoigne &lt;em&gt;Falling Down&lt;/em&gt;, que l’on retrouve un peu plus
loin : construite comme de la pop acide et vacillante, elle devient carrément
hypnotique quand on y entend la voix de Liam Gallagher, volontairement douce et
planante, comme liquide. Les sons de guitare se mêlent à de discrets sons
suraigus, offrant un ensemble cotonneux, qui explosera sur la fin pour ne
laisser que la voix du chanteur et une cymbale pour clore l’un des joyaux de
l’album. De même, &lt;em&gt;To Be Where There’s Life&lt;/em&gt; est sublime d’originalité
pour le groupe, fine, groovy, reposant entièrement sur une ligne de
basse.&lt;br /&gt;
    Un tissus de conscience flottant au vent, dont la douceur
s’explique par une absence totale de guitare : tout est rythmé par la batterie
métronomique, la basse en filigrane, et la voix d’un Gallagher qui semble
vouloir nous emmener dans un monde merveilleux, pour qu’on aille voir son
Sergent Pepper à lui. &lt;em&gt;Way over the line&lt;/em&gt;… On vacille, on virevolte, on
se fait bercer, sans être totalement persuadé de finir droit. On se laisse
transporté en tout cas, comme dans le cas du sublissime &lt;em&gt;(Get Off Your) High
Horse Lady&lt;/em&gt; très Gorillazien dans l’esprit, ou encore &lt;em&gt;The Nature Of
Reality&lt;/em&gt; et sa guitare si jouissive. &amp;quot;&lt;em&gt;The nature of reality is pure
subjective fantasy&amp;quot;,&lt;/em&gt; nous annonce Liam.&lt;br /&gt;
    En définitive, Oasis semble avoir trouvé un véritable
nouveau souffle avec ce &lt;em&gt;Dig Out Your Soul&lt;/em&gt;. Ils ont effectivement
déterré leur âme, enterrée depuis tellement longtemps, pour mieux pouvoir la
montrer au monde entier. J’en profite également pour préciser que tout le
sleeve design de l’album (la jaquette et le livret quoi) est absolument
somptueux. Réalisé par le graphiste et musicien Julian House, son pop-art
décomposé rappelle un peu Dave McKean en moins malsain et plus festif… Un bien
bel écrin qui rappelle la nature même de la musique de ce nouvel Oasis, une
musique intensive, excitée et hypnotisée. &lt;em&gt;Pour yourself another cup of Lady
Grey&lt;/em&gt;…&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;Quis custodiet ipsos custodes&quot; : Watchmen, de Alan Moore et Dave Gibbons</title>
    <link>http://canard-peinard.info/post/2008/10/03/Quis-custodiet-ipsos-custodes-%3A-Watchmen-de-Alan-Moore-et-Dave-Gibbons</link>
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    <pubDate>Fri, 03 Oct 2008 19:46:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Littérature et BD</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://greglepatryn.Free.fr/watch.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hé bien, mes amis, cela faisait longtemps qu’une BD ne m’avait pas
transporté à ce point. Un tourbillon de beauté, de talent, de psychologie, tout
ça torturé dans un scénario d’un retors presque inquiétant. &lt;em&gt;Watchmen&lt;/em&gt;,
c’est un peu tout ça. Retour en images et en lettres qui vont bien, sur ce qui
est sans doute l’un des trois meilleurs comics de tous les temps, par un Alan
Moore dont la contribution au medium est aussi importante que celle de Will
Eisner en son temps ou Neil Gaiman.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/vert.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/watch1.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Le pouvoir du corps, le choc de
l'esprit.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    On les appelle chefs-d’œuvre. On les appelle merveilles. On
les affuble de divers noms, pour souligner leur qualité exceptionnelle, qui les
éloigne de toute autre œuvre du même art. On les met sur un piédestal, les cite
aux générations futures, pour qu’elle reste à jamais dans l’Histoire. Pour
montrer que leurs contributions ont été tellement importantes pour ce monde que
l’on se doit de les féliciter. &lt;em&gt;Watchmen&lt;/em&gt; fait partie de ces si rares
bijoux. Une œuvre fantastique, intriquée et étriquée, habitée d’une âme
merveilleuse, et tellement maîtrisée de bout en bout que l’on se demande
comment tout cela peut être vrai.&lt;br /&gt;
    Je m’étais promis de stopper toute effusion de superlatifs ;
de rester dans les marges de l’objectif, et de réfréner quelconque ardeur.
Mais, avec &lt;em&gt;Watchmen&lt;/em&gt;, impossible. Tout, tout y parfait. Les dessins,
l’intrigue, le ton, les personnages, les situations, les multiples niveaux de
lecture, le début, la fin. Aucun élément ne vient en biaiser un autre. Elle est
tout simplement une forme d’art iconique sublime et sublimée, et sans aucun
doute le comics qui m’a le plus marqué, avec le Sandman de Neil Gaiman (et
grand ami de Moore devant l’éternel). Une marque au fer rouge, forte, grisante,
épuisante. Mais tellement libératrice.&lt;br /&gt;
    Étrangement, la première œuvre d’Alan Moore que j’ai lue
n’était pas un comics, mais un livre. &lt;em&gt;La Voix Du Feu&lt;/em&gt; que ça
s’appelait, un bouquin récent séparé en plusieurs histoires située chacune dans
une époque différente. Un excellent recueil, à la fois décousu et cohérent,
déphasé mais actuel. Malgré tout, l’auteur est évidemment surtout connu pour
ses comics : &lt;em&gt;V For Vendetta&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;La Ligue des Gentlemen
Extraordinaires&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;From Hell&lt;/em&gt;, ou encore ses nombreuses
participations aux grands héros de DC Comics (dont le &lt;em&gt;Batman : The Killing
Joke&lt;/em&gt; dont j’ai récemment parlé). Et &lt;em&gt;Watchmen&lt;/em&gt;, peut-être son œuvre
la plus importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/watch2.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Un scénario d'une profondeur et d'une cohérence
exceptionnelles.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Nous sommes le 12 Octobre 1985. Un homme vient de s’écraser
sur le trottoir, après avoir fait une chute de plusieurs dizaines d’étages.
Défenestré de son appartement. Fatal. Cet homme s’appelle Edward Blake. Plus
connu sous le nom du Comédien. Plus connu pour avoir fait partie des Watchmen,
une association de super-héros qui faisait régner l’ordre et la justice dans
les années 1970. A la retraire depuis 1977, quand un décret obligea tous ces
aventuriers masqués à livrer leur identité et se retirer. Ils étaient une
petite dizaine, à l’époque. Silk Spectre, la seule femme du groupe, qui
s’occupe aujourd’hui à l’Institut des Etudes Extraspatiales avec son ami.&lt;br /&gt;
    Dr. Manhattan (le seul ayant de véritables superpouvoirs,
acquis après une expérience plutôt déplaisante). Nite Owl. Ozymandias (Adrian
Veidt, à la tête d’une compagnie milliardaire). Ou encore Rorschach, individu
étrange et névrosé, le seul ayant toujours refusé de quitter son étrange masque
et de dévoiler son identité. Le récit sera donc croisé sur plusieurs niveaux
temporels : des flash-backs permettant de revivre certaines étapes importantes
de la vie passée de ses personnages, et l’époque actuelle où l’on retrouve des
héros blasés et sans aucun espoir pour le monde, mais déterminés à retrouver le
possible assassin du Comédien. Parce qu’il ne sera pas le seul.&lt;br /&gt;
    Pour n’importe quel auteur, on aurait déjà suffisamment de
données pour obtenir un récit confus, flou, et trop complexe. Une multitude de
personnages, chacun jonglant entre sa vie passée et sa vie présente… Mais ici,
nous avons affaire à Alan Moore. Donc, non seulement la construction du récit
est d’une fluidité et d’une facilité déconcertante, mais l’auteur américain
n’hésite pas à rajouter des éléments supplémentaires. En effet, les Watchmen
n’ont pas été la seule association de super-héros : déjà, la deuxième guerre
mondiale vit l’apparition des Minutemen. Les pionniers, qui laisseront ensuite
leur héritage aux Watchmen (avec de très fortes connexions entre certains
personnages des deux époques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/watch3.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Allez, poussez-vous, j'ai une BD à
relire.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Mais, si tout cela est à la fois d’une complexité sans
pareille mais d’une facilité de lecture déconcertante, c’est parce qu’Alan
Moore croit à fond à ce qu’il fait, du début à la fin. Il ne néglige aucun
détail, et traite tous ses personnages avec une précision d’orfèvre, pour que
rien ne soit imprécis. Un boulot d’autiste, exceptionnel de talent et de
classe. Moore ne va pas non plus hésiter à proposer une œuvre extrêmement
littéraire, pour que l’on s’imprègne mieux de toutes ces anecdotes, tous ces
éléments, comme s’il nous offrait un véritable journal historique. Ainsi, à la
fin de chacun des 12 tomes que compte la série, entre 4 et 6 pages seront
consacrées à des éléments littéraires visant à développer certains points, sans
rapport directs avec l’histoire.&lt;br /&gt;
    Des extraits du livre de l’un des héros, l’essai d’un
professeur à propos du Dr. Manhattan, un article de journal sur &lt;em&gt;The Black
Freighter&lt;/em&gt;, un véritable comics-dans-le-comics que lit régulièrement un
personnage… Prodigieux. L’auteur est littéralement happé par son propre
univers, et le lecteur ne peut que l’accompagner, la tête la première. D’où
l’appellation de « roman graphique » dont on affuble parfois &lt;em&gt;Watchmen&lt;/em&gt;.
Pour ma part, je considère le terme comme un simple outil marketing créé de
toutes pièces par les grandes boîtes pour offrir plus de crédibilité à leur
produit, croyant que « comics » faisait trop enfantin. Mais, pour le coup,
cette œuvre est beaucoup plus qu’une simple succession d’images, c’est
évident.&lt;br /&gt;
    &lt;em&gt;Watchmen&lt;/em&gt;, c’est un condensé de pure maîtrise par un
homme au-delà du commun, qui a livré une pierre majeure d’un art qui se cherche
encore. D’un postulat de base plus que commun – un groupe de héros chassent les
méchants – il offre une vision apocalyptique d’un monde qui se déchire, pris
dans les méandres d’un cynisme omniprésent. D’une froideur psychologique
terrifiante, &lt;em&gt;Watchmen&lt;/em&gt; se vit autant qu’il se lit, et offre une
réflexion fantastique sur un nombre incalculable d’éléments. Marquée avant tout
par un réalisme qu’elle ne lâche jamais, l’œuvre doit être admirée, encore et
encore, pour pouvoir en connaître le cœur, et pouvoir être mieux préparé à une
fin tellement démoralisante. Croyez-moi, lisez &lt;em&gt;Watchmen&lt;/em&gt;, et vous aurez
tout lu.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://canard-peinard.info/post/2008/10/03/Quis-custodiet-ipsos-custodes-%3A-Watchmen-de-Alan-Moore-et-Dave-Gibbons#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Born To Be A Larve (Notes, T.1), de Boulet</title>
    <link>http://canard-peinard.info/post/2008/09/22/Born-To-Be-A-Larve-Notes-T1-de-Boulet</link>
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    <pubDate>Mon, 22 Sep 2008 14:29:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Littérature et BD</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://greglepatryn.Free.fr/boulet0.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;« Depuis 2004, Bouletcorp.com s’est efforcé de porter un regard neuf sur la
société, en abordant des thèmes aussi divers que l’informatique, le
rock’n’roll, le kebab, la musique de rue, le sexe et Mireille Mathieu. Ce
premier volume de la série Notes regroupe les pages parues entre 2004 et 2005.
» Voilà, l’insert du livre résume très bien les choses : dessinateur de BD
surtout connu pour &lt;a href=&quot;http://www.bouletcorp.com/blog/index.php?date=20080825%20&quot;&gt;le blog qu’il tient
sur le net&lt;/a&gt;, le sieur Boulet a décidé de publier toutes ses premières
chroniques sous la forme d’un album papier… Un très beau produit, autant sur le
fond que sur la forme, le rendant indispensable à quiconque aime les BD
d’humour.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/orange.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/boulet1.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;BD, blog, blog, BD... Mélangez, laissez
reposer.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Boulet est un type formidable. Dessinateur de BD que les
journalistes qualifient sûrement d’ &amp;quot;appropriées à tous les âges&amp;quot; (comprenez
par là que les thèmes paraissent enfantins, mais que tout le monde y trouve son
compte), il s’est notamment fait connaître avec &lt;em&gt;Ragnarok&lt;/em&gt; ou encore en
contribuant au collectif de dessinateurs à la base de la série
&lt;em&gt;Donjons&lt;/em&gt;, menée par deux gars loins d’être des tacherons, puisqu’il
s’agit de Joann Sfar et Lewis Trondheim. Mais si, vous avez sûrement dû en
entendre parler : trouze cycles différents (Donjon Zénith, Donjon Mystère,…),
des tomes à en ramasser à la pelle...&lt;br /&gt;
    Mais, plus que pour ses dessins dans des albums BD, Boulet
est au jour d’aujourd’hui connu et reconnu pour… Son blog. Hé ouais bonhomme.
Ainsi, certains (moi compris, d’ailleurs) n’ont appris son existence que grâce
au blog qu’il tient sur &lt;a href=&quot;http://www.bouletcorp.com/blog/index.php?date=20080731&quot;&gt;http://www.bouletcorp.com&lt;/a&gt;.
Un site absolument fabuleux, dont je voulais vous parler depuis des lustres.
Mais, finalement, l’occasion ne s’est jamais présentée. En tout cas, je vous
conseille de mettre l’adresse directement dans vos favoris : la tanière de
Boulet, c’est beaucoup plus passionnant qu’un simple blog (bordel, que je hais
ce mot… C’est laid et ça reste en bouche, un peu comme une expression gobée par
un mec en train de bouffer).&lt;br /&gt;
    Ses dessins, toujours très stylés et vraiment typiques de
leur auteur (on retrouve cette volonté de faire un graphisme unique et
identifiable, que le bonhomme a hérité de Sfar et Trondheim), illustrent un peu
tout ce que veut raconter l’auteur : des billets d’humeur, des anecdotes de
vie… Des morceaux en vrac, sans fil conducteur mais seulement présents pour
raconter des instants différents, exactement comme permet de le faire un blog.
En plus, Boulet a un vrai talent de conteur dans les réparties et l’écriture
des scènes. Tout cela rend ses nombreuses chroniques franchement excellentes,
expliquant l’affluence sur son site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/boulet.png&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Une véritable Intégrale, diverse mais
cohérente.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Et puis, comme la vie est une grand roue qui n’en finit
jamais de rouler au-delà des limitations de vitesse, voilà qu’arrive
nonchalamment &lt;em&gt;Born To Be A Larve&lt;/em&gt;, le magnifique titre du premier tome
des &lt;em&gt;Notes&lt;/em&gt;. En somme, la version papier des premières chroniques du
blog. Cela faisait un moment que les fans demandaient cet album : on aimerait
pouvoir garder une trace physique de ce bien bel endroit, et puis lire un beau
livre est tellement plus agréable que de scroller un écran… Le voilà donc
enfin, retraçant la première année du blog, de juillet 2004 jusqu’en juillet
2005, accompagné évidement de quelques chroniques inédites.&lt;br /&gt;
    Ainsi, ces &lt;em&gt;Notes&lt;/em&gt; de Boulet ne sont pas
véritablement un album à part entière ; on n’a pas de scénarios, qui partent
d’un point A à un point B, d’intrigues à base de personnages récurrents et
autres choses de ce genre : c’est simplement une accumulation de différents
éléments, sans aucun rapport les uns aux autres. D’où ce détail plus signifiant
qu’il n’en a l’air : on ne retrouve aucune pagination, tout simplement parce
que c’est un livre qui se grignote. On en prend des bouts, les uns après les
autres, on s’imprègne de ces différentes histoires. Et on se régale.&lt;br /&gt;
    On retrouve tout de même une évidente chronologie, et
également parfois de longues intrigues (si on peut appeler ça comme ça…), comme
par exemple les fois où Boulet nous fait le compte-rendu en plusieurs parties
de son voyage en Corée : l’histoire s’étend sur dix pages, là où d’autres
histoires représentent simplement une page ou même un dessin. En plus de la
taille, le style des dessins peut également varier : l’auteur s’amuse à faire
des chroniques en plusieurs couleurs ou en noir et blanc, divisées en petites
cases ou composées de quelques grands dessins, sur fond blanc, orange ou style
« papier »… Une variété agréable, tout cela étant en plus aidé par
l’impressionnante qualité du papier et de la couverture de la collection
Shampooing de Delcourt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/boulet2.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;En bref, un magnifique remontant littéraire,
agréable entre deux lectures plus complexes.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    L’album est en effet splendide en tout point : d’un petit
format qui le rend très ergonomique (et puis on peut le mettre dans son sac
pour le lire dans le tram, c’est pas la classe ça ?), on le feuillette avec un
plaisir constant. Il faut dire qu’il était indispensable de produire une
édition papier de qualité : il faut arriver à convaincre les gens de lâcher une
douzaine d’euros pour des choses qu’ils peuvent lire sur internet. Si vous
voulez mon avis, vous pouvez y aller franco, il y a peu de chances que vous
soyez déçus : on rit souvent, on sourit toujours et l’ensemble laisse une trace
indélébile de bonne humeur.&lt;br /&gt;
    Malgré tout, même si les dessins restent globalement bons,
on sent que Boulet a fait beaucoup de progrès en 4 ans : les premiers dessins
sont beaucoup moins maîtrisés que les derniers. De même, certaines chroniques
sans titre rendent la lecture un brin chaotique : on ne sait pas s’il s’agit de
la continuation de la précédente, ou tout autre chose. Le fait que certaines
scènes n’aient pas de chute ne facilite pas non plus les choses. Plusieurs
petits détails qui ne sont pas franchement rédhibitoires au plaisir de la
lecture, mais qui pourront en agacer certains, cela ne fait pas de doute. En
tout cas, ça m’a permis de sortir le mot &amp;quot;rédhibitoire&amp;quot; donc j’ai rempli ma
part du contrat.&lt;br /&gt;
    En fait, ce que je peux vous conseiller, vous l’aurez
compris de vous-même : vous n’avez qu’à aller sur son blog, et voir si le style
du sieur Boulet vous plait. Si c’est le cas, vous pouvez foncer vers votre
brouzouferie du coin, et vous délester de douze petits euros qui devenaient
tristes et dépressifs, de toute manière. En les donnant si chaleureusement, ils
se retrouveront peut-être dans la poche d’un maraîcher de Saint-Tropez, pour
finir leur vie à siroter des Bloody Mary en chantant &lt;em&gt;Les P’tites Femmes De
Pigalle.&lt;/em&gt; Franchement, ça ne vous intéresse pas de faire une bonne action
?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://canard-peinard.info/post/2008/09/22/Born-To-Be-A-Larve-Notes-T1-de-Boulet#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>The Cosmos Rocks, de Queen + Paul Rodgers</title>
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    <pubDate>Thu, 18 Sep 2008 14:16:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Le canard et la musique</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://greglepatryn.Free.fr/cosmos.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De leurs voyages, certains ramènent des spécialités régionales, des t-shirts
à la con, ou des choses dans ce genre-là. Moi, de mes quinze jours en Ecosse,
j’ai ramené le dernier Mojo Magazine, parce qu’il y avait Queen en couverture
(et aussi le Nuts avec Gemma Atkinson et le Q avec une sublime couv’ de Noel
Gallagher, mais c’est une autre histoire). Hé oui, aussi étrange que ça
paraîtra aux non-initiés, le groupe anglais a encore une actualité, parce que
son guitariste et son batteur ont démarré depuis 2005 une collaboration avec le
chanteur Paul Rodgers. Leur premier album studio vient de sortir, et en immense
fan de Queen que je suis, je suis obligé de vous en parler. Alors, oubliez
toute notion d’ojectivité, et bienvenue chez eux. &lt;em&gt;It’s a song about
time…&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/jaune.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/cosmos1.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Le retour des champions.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Il y a encore quelques années, ça aurait paru de la pure
science-fiction. Le genre de fantasme de vieux con, de celui qui ne vit que par
ses rêves et ses folies envolées. Et pourtant, on est bel et bien là : le
nouvel album de Queen. Rien que de l’écrire, ça me fait un petit pincement au
cœur. Alors, certes, ce n’est pas Queen au complet ; l’expérience aurait été un
brin morbide. &lt;em&gt;But still&lt;/em&gt;. Brian May et Roger Taylor (le guitariste et
le batteur, pour les deux du fond qui n’ont pas de culture, le bassiste John
Deacon s’étant recroquevillé dans sa campagne) ne sont pas des vieux croûtons
bons pour la maison de retraite, et ils comptent bien le prouver.&lt;br /&gt;
    La résolution prit véritablement jour début 2005, alors que
May et Taylor joue sur scène &lt;em&gt;We Will Rock You&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;We Are The
Champions&lt;/em&gt;, accompagnés au chant par Paul Rodgers, ex-leader de Free et Bad
Company. Cela fut si bienfaiteur pour les trois hommes que, illico presto,
l’idée naquit de leurs cerveaux tout beaux : il fallait faire une tournée.
Reprendre la scène, et créer ce super-groupe, Queen + Paul Rodgers. Dont acte.
Un évènement supposé sans suite, pour pouvoir revivre une dernière fois la
folie des lives, et faire renaître tous les joyaux de Queen. Les mauvaises
langues disaient à l’époque qu’ils faisaient ça pour le fric. Les mauvaises
langues, on les coupe. L’émotion était là.&lt;br /&gt;
    Une gigantesque tournée mondiale fut mise en place, avec
pour première date (après un premier concert à public réduit) un Zénith de
Paris. Et j’y étais, madame. Imaginez le pied pour un mec de 19 ans qui a tous
les CD de Queen, vingt-et-un 45 tours, seize 33 tours, et le coffret Crown
Jewels en velours bleu, mais qu’un stupide problème de concordance d’époque
l’aura empêché de voir son groupe préféré en vrai. Et puis, hop, après tout ça,
on passait à autre chose : la tournée avait été triomphale, mais pas question
d’un album studio. Seulement cette tournée live. Et puis… Et puis, de l’eau a
coulé sous les ponts. L’inspiration revient, la synergie entre les artistes
prend plus que jamais forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/cosmos2.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Une alchimie nouvelle et
libératrice.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Et voilà comment fut annoncé en 2007 la mise en chantier
d’un album studio, entièrement composé de nouvelles chansons écrites par le
trio. Ce sera &lt;em&gt;The Cosmos Rocks&lt;/em&gt; (titre sûrement choisi par May, Docteur
en Astrophysique qu’il est), et il nous aura fallu attendre jusqu’à ce 15
septembre 2008 pour l’entendre. Alors, oui, comme je l’ai dit en introduction
de cet article, oubliez toute notion d’objectivité : quand il s’agit de Queen,
ça fait un bail que je l’ai roulé en boule et laissé au fond d’un placard, pour
qu’elle soit bouffée par les mites et les ragondins. Malgré tout, je vais quand
même me débrouiller pour vous faire comprendre que &lt;em&gt;The Cosmos Rocks&lt;/em&gt;
est un excellent album. Parce que c’est le cas.&lt;br /&gt;
    Pas seulement un timide sursaut de trois bonshommes qui
veulent refaire un album ensemble, mais un vrai grand et bel album de rock,
avec juste ce qu’il faut de blues et de mélodies pour en faire une œuvre à
géométrie variable. Brian May et Roger Taylor sont – pour ceux qui en doutaient
– d’une forme olympique, tandis que Paul Rodgers est définitivement le chanteur
rêvé pour s’allier aux deux compères : sa voix, forte et rocailleuse, offre une
élasticité héritée de sa musique blues qui convient tout à fait au style de May
et Taylor. Et, surtout, tout comme on a pu s’en rendre compte au concert, il ne
cherche à aucun moment à remplacer Freddie Mercury, ou lui ressembler.&lt;br /&gt;
    Il apporte sa propre contribution, sa propre énergie, pour
former un mélange final d’une texture unique, qui ne ressemble non seulement
pas à Queen mais pas non plus à tout ce qui peut se faire actuellement. Et ça,
on s’en rend compte dès qu’il entame &lt;em&gt;Cosmos Rockin’&lt;/em&gt;, qui débute
l’album. Après une introduction typique de Brian May à base de nappes de
guitares, de bruits étranges et de voix trafiquées, la guitare se fait plus
franche, &lt;em&gt;riffée&lt;/em&gt;, tandis que Roger Taylor arrive la tête la première
avec ses grosses cymbales. Devant, Paul Rodgers imprime d’entrée son style,
avec une voix très rythmique qui parait posséder son propre métronome. &lt;em&gt;What
planet is this, mmm ? Let there be rock’n’roll !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/cosmos3.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Plus une fontaine de jouvence qu'un album de
musique.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Et puis &lt;em&gt;Time To Shine&lt;/em&gt; verra l’apparition du piano,
qui vient se fondre à la guitare. Un deuxième morceau plus posé que l’explosant
premier, mais véritablement de toute beauté : la musique se fait planante, tout
en gardant la pêche. Le refrain est particulièrement mémorable, Rodgers criant
&amp;quot;&lt;em&gt;Raise up your mind, It’s time to shine&lt;/em&gt;&amp;quot;. Je voix d’ici tous les fans
crier en chœur lors des concerts pour la tournée de l’album. Plus loin, la
musique se fera plus folk avec &lt;em&gt;Still Burnin’&lt;/em&gt; et bluesy avec la géniale
&lt;em&gt;Warboys&lt;/em&gt; ou encore la très old-school &lt;em&gt;Call Me&lt;/em&gt;, des joyaux
marqués notamment par des solos de Brian May qui font pâlir n’importe quel
jeune groupe de rock actuel. Une manière de dire qui est le patron, en
somme.&lt;br /&gt;
    Et puis, au milieu de ces titres fiévreux et enlevés, on
trouve des ballades mélancoliques, oscillant entre l’acceptable (&lt;em&gt;Some
Things That Glitter&lt;/em&gt;) et l’extraordinaire dans le cas de &lt;em&gt;Small&lt;/em&gt; et
son solo de guitare ahurissant… Dans tous les cas, ces petites parenthèses
mélancoliques font leur effet, rappelant du Cat Stevens ou du Johnny Cash. Et
même, quelques fois, du Queen. Si si, fou, hein ? Mais tout ça servira à mieux
nous préparer, nous hypnotiser, avant la claque finale, le nirvana ultime que
représente &lt;em&gt;Surf’s Up… School’s Out!&lt;/em&gt; clôturant l’album (si on ne tient
pas compte de la reprise de &lt;em&gt;Small&lt;/em&gt; en version instrumentalo-planante).
Un dernier titre exceptionnel, démarrant par une nappe timide avant que tout
n’explose pour le meilleur et le meilleur.&lt;br /&gt;
    En fin de compte, après avoir écouté ce &lt;em&gt;Cosmos
Rocks&lt;/em&gt;, il faut se rendre à l’évidence : oui, Queen + Paul Rodgers ont
véritablement fait un album de haute voltige. Ils ont su se réinventer pour
accoucher d’un rock nerveux et puissant, parsemé de voix divines, de solos de
guitares extraterrestres et d’une batterie martelée jusqu’à l’agonie. On avait
peur du résultat, on craignait un truc un brin ringard, la jaquette plus atroce
que l’atrocité elle-même ne nous avait pas rassuré, mais les faits sont là :
Roger Taylor est toujours l’un des meilleurs batteurs qui soient, Brian May est
toujours le plus grand guitariste de tous les temps, et Paul Rodgers est
toujours le catalyseur d’une alchimie atemporelle et intemporelle. Freddie, tu
nous manques, cela ne fait aucun doute. Mais tu peux être fier, de là où tu
es.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(202, 112, 16);&quot;&gt;    Quelques
extraits de l'album&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Ca arrive bientôt, bande de sacripants.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Fluorescent Adolescents : Oracular Spectacular, de MGMT</title>
    <link>http://canard-peinard.info/post/2008/08/30/Fluorescent-Adolescents-%3A-Oracular-Spectacular-de-MGMT</link>
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    <pubDate>Sat, 30 Aug 2008 11:36:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Le canard et la musique</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://greglepatryn.Free.fr/mgmt.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ça a été le gros évènement du début d'année. Certains crièrent au génie,
d'autres se contentaient de vaguement les apprécier, ou carrément les détester.
Une chose est sûre : tout le monde écoutait MGMT. Parce que, si tu voulais être
cool, tu écoutais MGMT. Tu pouvais en prime raconter deux-trois anecdotes,
comme le fait qu'ils s'appelaient The Management auparavant, ou le fait que le
chanteur se tape Kirsten Dunst en coulisse après chaque concert, et là tu
brillais en société. Mais maintenant que le buzz est (un peu) retombé, que
reste-t-il de ce supposé coup de génie ? Hé bien, beaucoup de choses : l'album
est effectivement excellent, même s'il est trop inégal pour être
inoubliable.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/orange.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/mgmt1.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;L'être contre le paraître, fameux
combat.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Si je vous parle de Brooklin, ça vous évoque quoi ? Des
poubelles et des gros blacks avec des chaînes en or qui font &amp;quot;yeah yeah&amp;quot;. Oui,
moi aussi. C’est comme ça. Tout comme le fait que tous les mexicains ont des
sombreros, et toutes les italiennes sont belles. Oui, ben non, en fait. En tout
cas pour Brooklin. Parce qu’il parait que, dans ce quartier fantastique, y’a
une nouvelle scène psyché-rock qui émerge et qui déchire tout. C’est ce que les
gens disent, en tout cas : quand tu vas à Brooklin, boom, du psyché-rock. Comme
ça. La preuve : ils ont viré le clocher de l’église, pour mettre un synthé
cacochyme phosphorescent à la place. Etrange. Un peu comme si Créteil se
découvrait une passion pour Wagner et Mozart.&lt;br /&gt;
    Au sommet de cette hiérarchie un brin paradoxale, les MGMT
se sont posés en Grand Maître Sauveurs De L’Humanité. C’est en fin 2007 qu’ils
sortirent &lt;em&gt;Oracular Spectacular&lt;/em&gt;, leur premier album, mais leur
explosion ne se fit vraiment qu’au début de l’année 2008. Pourtant, ils n’ont
pas franchement de quoi plaire, à la base : de jeunes gamins de 19 ans qui
jouent avec des synthés, dans un atroce style vestimentaire bobo-hyppie, du
genre qui lit Paul-Loup Sulitzer et achète des tableaux avec des taureaux
dessus parce que ça &amp;quot;rappelle la Province&amp;quot;. Bref, à l’époque, je poussai un
petit « mouais » dédaigneux, et préférai me tourner vers Vampire Weekend et
leur afro-rock.&lt;br /&gt;
    Mais, maintenant que tout le buzz est passé et que je me
trouvai fort dépourvu lorsque la bise fut venue, il est temps de s’y
intéresser, à ce &lt;em&gt;Oracular Spectacular&lt;/em&gt;. Hé bien, ça vous étonnera
peut-être, mais je vais oser dire quelque chose d’incroyable, que vous n’avez
jamais encore lu : cet album est excellent. Une véritable claque en pleine
poire, pleine d’insolence, de fulgurance, d’insouciance bienfaitrice. Même si
les MGMT ont signé chez Sony/Columbia Records, on a l’impression d’avoir
affaire à une vraie œuvre indépendante, sans consensus, mais avec l’explosion
de la jeunesse. Tout ça produit avec une précision chirurgicale par un Dave
Fridmann qui s’est visiblement remis du malheur qu’il a causé aux Flaming
Lips.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/mgmt2.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;&amp;quot;The youth is starting to change. Are you starting
to change ?&amp;quot;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Evidemment, je ne peux que commencer par vous parler de
&lt;em&gt;Time To Pretend&lt;/em&gt;, ouvrant l’album et propulsé premier single. Une
merveille. Le son, déjà, à la fois rock, pop, et électro, sonne un peu comme ce
qu’aurait rêvé de faire les Klaxons sans jamais avoir pu y arriver. Tous les
médias du monde entier se sont lâchés, sur cette œuvre
narvalico-psychédélico-pouèt, et il faut admettre qu’ils n’avaient pas tort. La
musique, simple dans sa construction avec ce riff mortel de synthé qui revient
constamment, se trouve en adéquation parfaite avec les paroles, probablement
les meilleures qu’on ait entendues depuis un bail.&lt;br /&gt;
    &lt;em&gt;“I'm feeling rough, I'm feeling raw, I'm in the prime of
my life. Let's make some music, make some money, find some models for wives.
I'll move to Paris, shoot some heroin, and fuck with the stars.&lt;/em&gt;” Les deux
gamins nous annoncent, le sourire aux lèvres, qu’on finira étouffés dans notre
vomi et que ce sera la fin. Parce qu’on est condamnés à faire semblant. Un peu
foutage de gueule, de la part de musicos qui n’ont jamais trop galéré ?
Complètement. Et c’est ça qui est bon. Ben Goldwasser and Andrew VanWyngarden
(hé bah) nient tout en bloc, plus ou moins implicitement, et veulent
s’affranchir de leurs aînés, des modèles de la musique. Ils sont la relève,
&lt;em&gt;for fuck's sake&lt;/em&gt;. Ni dieu, ni maître, en somme.&lt;br /&gt;
Pourtant, quand on écoute &lt;em&gt;Oracular Spectacular&lt;/em&gt;, on peut pas s’empêcher
de le comparer avec ce qui a été fait. Par exemple, il est évident que des
hommes comme David Bowie ont beaucoup influencé l’éveil musical des deux
bonshommes de Brooklin, non seulement pour le look si particulier (&lt;em&gt;Aladdin
Sane&lt;/em&gt;, quelqu'un ?), mais aussi dans la musique glam-rock. L’extraordinaire
Weekend Wars sonne complètement comme une chanson qu’aurait pu sortir Bowie, au
début des seventies. Il faut dire que la voix de VanWyngarden (merci le
copier-coller) ressemble étrangement à celle de l’Araignée de Mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/mgmt3.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Mais tout n'est pas parfait au pays des
synthés.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Le même constat sera fait avec &lt;em&gt;The Youth&lt;/em&gt;, gardant
encore de subtils arrangements de synthés tout en calmant les choses. Une
ballade artificielle, pleine de virtualité, et pourtant tellement
terre-à-terre… “&lt;em&gt;This is a call of arms to live and love and sleep together.
We could flood the streets with love or light or heat. Whatever. Lock the
parents out, cut a rug, twist and shout. Wave your hands. Make it rain. For
stars will rise again.&lt;/em&gt;” Puis, tout reprend vie avec le très bon
&lt;em&gt;Electric Feel&lt;/em&gt;, ici montrant clairement l’autre influence principale du
groupe, à savoir Prince. Du funk rythmé qui marchera à coup sûr dans les
&lt;em&gt;dancefloors&lt;/em&gt; de Paname ou dans n’importe quelle soirée fournie avec
alcool fort.&lt;br /&gt;
    Bon, par contre, on va pas se mentir : la prodigieuse
qualité des premières chansons de l’album ne se retrouve pas jusqu’à la fin, et
on obtient au final une certaine inégalité, obligée par la jeunesse du groupe.
Même si &lt;em&gt;4th Dimensional Transition&lt;/em&gt; est stupéfiante dans son délire
psychédélique (du vrai bon Bowie, pour le coup), &lt;em&gt;Of Moons, Birds and
Monsters&lt;/em&gt; est franchement anecdotique et dispensable, notamment à cause
d’un loooooooong solo instrumental à la fin qui enquiquine plus qu’autre chose.
Pour &lt;em&gt;The Handshake&lt;/em&gt;, c’est la même : aussitôt entendue, aussitôt
oubliée. Une tentative de morceau plus expérimental que le reste, pas
franchement réjouissante.&lt;br /&gt;
    En bref, en mettant de coté le fait qu’ils sont récupérés de
partout par tous ces bobos trop heureux d’être &lt;em&gt;dans la hype&lt;/em&gt;, et en
oubliant leur look directement sorti d’un catalogue La Redoute, les MGMT nous
ont sorti un excellent premier album. Maintenant, reste à voir s’ils réussiront
à poursuivre leurs efforts sur les albums suivants, pour montrer à tout le
monde qu’ils sont là dans la durée, et pas seulement pour avoir jeté un caillou
dans la mare. Histoire qu’on ne les oublie pas, quoi. Il faut donc le
reconnaître : tout comme les huîtres, ces idiotes bestioles gélatineuses,
peuvent donner de splendides perles, ces deux couillons ont fait un truc énorme
avec ce &lt;em&gt;Oracular Spectacular&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(202, 112, 16);&quot;&gt;    Quelques
extraits de l'album&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;br /&gt;
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&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/mgmt&quot;&gt;MGMT&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; -
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Time To Pretend&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://flash-mp3-player.net/medias/player_mp3_maxi.swf&quot; height=&quot;20&quot; width=&quot;250&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://flash-mp3-player.net/medias/player_mp3_maxi.swf&quot; /&gt;
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&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/mgmt&quot;&gt;MGMT&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; -
&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Weekend Wars&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Fables : Legends In Exile, de Bill Willingham</title>
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    <pubDate>Sun, 24 Aug 2008 10:33:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Anansi</dc:creator>
        <category>Littérature et BD</category>
            
    <description>&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://greglepatryn.Free.fr/fabl.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chassés de leurs univers, les héros des contes de notre enfance (de
Barbe-Bleue à Cendrillon, en passant par tous les autres) se sont réfugiés à
New-York pour former une communauté secrète... Une histoire couillue, pour un
comics adulte sachant habilement mêlé la mythologie de ses personnages et la
modernité de son univers. &lt;em&gt;Legends In Exile&lt;/em&gt; constitue le tome 1 de
&lt;em&gt;Fables&lt;/em&gt;, regroupant les cinq premières &lt;em&gt;issues&lt;/em&gt;. Et ça annonce
de grandes choses, ma bonne dame.&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://canard-peinard.info/public/orange.png&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/fabl3.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Un scénario intriguant, plus très original mais
rare.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    &amp;quot;&lt;em&gt;Once upon a time, in a fictional land called New York
City&lt;/em&gt;.&amp;quot; Telle est la première phrase de ce &lt;em&gt;Fables : Legends in
Exile&lt;/em&gt;… Probablement l’une des meilleures phrases d’accroche qui soient, si
vous voulez mon avis : c’est intriguant, ça attire directement l’attention, et
puis ça symbolise immédiatement le thème de l’œuvre, avec ce mélange de conte
classique pour le &amp;quot;&lt;em&gt;once upon a time, in a fictional land&lt;/em&gt;&amp;quot; et de
modernité réaliste pour New York City. Comics créé en 2002 par Bill Willingham,
&lt;em&gt;Fables&lt;/em&gt; fait partie de ces séries qui n’en finissent jamais : 75
&lt;em&gt;issues&lt;/em&gt; actuellement, et ce n’est pas prêt de s’arrêter.&lt;br /&gt;
    L’histoire a le mérite d’être ambitieuse. Imaginez :
Blanche-Neige, Cendrillon, la Belle et la Bête, Pinocchio, et tous les héros de
contes, se sont fait chasser de leurs mondes respectifs par un ennemi commun,
connu sous le nom de l’Adversaire. Du coup, tous ceux ayant survécu aux
attaques ont été obligés de se réfugier et se cacher dans le seul monde
n’intéressant pas l’Adversaire : le nôtre. Et voilà que tout ce beau monde se
retrouve à New-York, formant Fabletown, une communauté secrète qui ne doit pas
se faire connaître des humains. Les héros à forme humanoïde peuvent vivre au
grand jour tant qu’ils n’entretiennent pas de contact avec les
&lt;em&gt;mundanes&lt;/em&gt; (les humains), tandis que les bêtes comme les Trois Petits
Cochons ou l’Homme-Citrouille sont recluses à « la Ferme ».&lt;br /&gt;
    Regroupant les cinq premières &lt;em&gt;issues&lt;/em&gt; de la série,
&lt;em&gt;Legends in Exile&lt;/em&gt; permet de rentrer tranquillement dans l’univers créé
par Willingham, avec beaucoup de facilité. Et tout ça est terriblement bien
maitrisé. Si cette histoire de personnages fantastiques mêlés au monde réel
n’est finalement plus très originale, elle n’en reste pas moins passionnante,
grâce au fait que Buckingham ne s’occupe pas de faire interagir les créatures
des contes avec les hommes. Il a simplement l’air de s’amuser à réunir tous ces
héros, sous la même bannière, en les téléportant dans notre vingt-et-unième
siècle. Une modernité que l’on retrouve également dans le scénario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 0 0.5em 1em; float: right;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/fabl2.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;Des personnages charismatiques, loin des
stéréotypes.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    Ainsi, &lt;em&gt;Legends In Exile&lt;/em&gt; débute avec Jack – pas
beaucoup plus âgé que lorsqu’il a escaladé le haricot magique -, courant à
toute allure vers le bureau du sheriff de Fabletown, à savoir le Grand Méchant
Loup (ici représenté par un loup-garou). Haletant, il vient annoncer que sa
copine, Rose Rouge, est introuvable, et que son appartement est ensanglanté du
sol au plafond. Ce sera le point de départ d’un &lt;em&gt;whodunnit&lt;/em&gt; cher au
polar, mené par le Grand Méchant Loup et Blanche Neige, sœur de Rose Rouge et
adjointe au maire de Fabletown. Il va falloir savoir où est Rose Rouge, si elle
est toujours en vie, et qui a bien pu faire ça : Jack lui-même ? Barbe-Bleue,
qui s’est récemment publiquement affiché avec la victime ? Ou le Prince
Charmant, qui a eu une relation ambiguë avec Rose Rouge ?&lt;br /&gt;
    On le voit par la même occasion, Fables possède
d’innombrables personnages. Ça pourrait être imbuvable, mais ça permet en fait
de créer un univers incroyablement vaste et pratiquement sans limite, dès les
premières pages. Très vite, on se surprend donc à attendre l’apparition de tel
ou tel héros, juste pour voir le traitement que Willingham en a fait. Par
exemple, voir Pinocchio se plaindre du fait qu’il restera un garçon
éternellement et qu’il ne pourra donc pas faire des galipettes avec les femmes
qu’il veut, c’est juste énorme. Le ton est toujours très humoristique et
décalé, malgré les situations qui peuvent parfois être dramatiques (et cette
sombre histoire de meurtre en est le digne représentant).&lt;br /&gt;
    Néanmoins, on va pas se leurrer : &lt;em&gt;Fables&lt;/em&gt; est très
orientée action et elle est donc plutôt légère. (Beaucoup) plus intelligente
que la moyenne, et possédant un univers passionnant, oui, mais ça reste léger.
Même si Willingham n’hésite pas à avouer que Neil Gaiman fait partie de ses
références (les clins d’oeil et autres easter-eggs sont super nombreux), sa
série est loin d’avoir la psychologie et l’ambiance très cérébrale des œuvres
de l’auteur anglais. Mais enfin, vous lisez l’article d’un mec qui vient de
s’acheter 25 tomes du &lt;em&gt;Sandman&lt;/em&gt; en édition originale ricaine sur eBay,
donc je décline toute objectivité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.5em 1em 0.5em 0; float: left;&quot; src=&quot;http://greglepatryn.free.fr/fabl1.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(150, 60, 60);&quot;&gt;De très beaux dessins, parfois fades mais souvent
sublimes.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
    &lt;em&gt;Toujourzétil&lt;/em&gt; que, ce que perd &lt;em&gt;Fables&lt;/em&gt; en
psychologie et intellect, elle le gagne en rythme et dynamisme : l’allure est
toujours effrénée lors de cette enquête policière, jusqu